- Dans une déclaration conjointe inédite, 26 pays, dont la France, le Canada et le Japon, demandent à Israël de mettre fin aux hostilités à Gaza.
- Face à une population au bord de la famine et des centaines de morts autour des centres d’aide, les signataires tirent la sonnette d’alarme et exigent un accès humanitaire sécurisé.
Vingt-six pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Canada, l’Italie et le Japon, ont appelé lundi à une cessation immédiate des hostilités dans la bande de Gaza, dans une déclaration conjointe publiée par leurs ministères des Affaires étrangères. Le texte, qualifié d’« urgent », dénonce une situation humanitaire catastrophique et exhorte l’État hébreu à rétablir un accès sûr et digne à l’aide pour les civils.
« La guerre à Gaza doit cesser immédiatement », affirment les signataires dans un message commun, évoquant une population « accablée par des souffrances sans précédent ».
Une détérioration continue de la situation humanitaire
Près de 21 mois après l’attaque du Hamas sur le territoire israélien, le 7 octobre 2023, la guerre fait toujours rage. Dans la bande de Gaza, plus de deux millions de Palestiniens vivent dans des conditions dramatiques, à la limite de la famine selon l’ONU. Les pays signataires tirent la sonnette d’alarme : le modèle d’aide humanitaire actuel, contrôlé par Israël, serait inopérant voire dangereux.
« Le refus du gouvernement israélien de fournir une assistance humanitaire essentielle à la population civile est inacceptable », dénoncent-ils dans le document.
Le texte critique sévèrement les modalités de distribution mises en place, qualifiées de « dangereuses » et accusées d’alimenter le chaos local. Les diplomaties occidentales estiment que cette stratégie prive les Gazaouis de leur dignité humaine.
875 morts en quête de nourriture depuis mai
Malgré la création, fin mai, de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) – soutenue par les États-Unis et Israël – les tentatives de ravitaillement s’avèrent meurtrières. Depuis le lancement des opérations de la GHF, 875 personnes auraient perdu la vie en tentant d’obtenir de la nourriture, selon les données des Nations unies. Parmi elles, 674 auraient été tuées à proximité directe des centres de distribution.
« Il est terrifiant que plus de 800 Palestiniens aient été tués alors qu’ils tentaient simplement de se nourrir », déplorent les 26 gouvernements.
Ni changement territorial, ni statu quo
Outre l’appel au cessez-le-feu, la déclaration insiste sur la libération immédiate des otages toujours détenus par le Hamas, évoquant des détentions « cruelles ». Elle condamne fermement toute tentative de modification unilatérale des frontières ou de la démographie dans les territoires palestiniens occupés, en référence aux projets de colonisation ou de déplacements forcés.
La déclaration, signée notamment par l’Australie, la Belgique, l’Irlande, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède ou encore la Norvège, marque un resserrement du front diplomatique contre la poursuite du conflit. Elle intervient alors que les initiatives de médiation stagnent, et que la situation sur le terrain se dégrade de jour en jour.
