- L’UFC-Que Choisir a lancé une action de groupe contre Stellantis, ciblant la gestion du rappel des airbags Takata, jugée défaillante.
- L’association de consommateurs réclame des indemnisations pour les automobilistes dont les véhicules ont été immobilisés de manière soudaine.
- Elle dénonce une organisation « anarchique et déraisonnée » des rappels, ayant entraîné des préjudices multiples pour les usagers.
L’UFC-Que Choisir a lancé mardi une action de groupe inédite contre le constructeur automobile Stellantis, accusé d’une gestion « chaotique » et « déraisonnée » du rappel de véhicules équipés d’airbags Takata, jugés dangereux. L’association réclame des indemnisations pour les automobilistes contraints à une immobilisation forcée de leur véhicule.
Une action de groupe inédite en France
« Stellantis a été particulièrement chaotique, c’est pour ce constructeur-là que nous avons reçu le plus de signalements », a déclaré Magali Buttard, responsable du service juridique de l’UFC-Que Choisir, mardi sur franceinfo.
C’est la première fois en France qu’une telle action collective vise les conséquences des airbags Takata, à l’origine d’au moins 60 morts dans 11 pays, dont 18 en France au cours des quinze dernières années. Ces dispositifs, susceptibles d’exploser en projetant des fragments métalliques, sont au cœur d’un scandale mondial, notamment aux États-Unis où des constructeurs ont déjà versé 1,5 milliard de dollars d’indemnités.
1,7 million de véhicules concernés par l’interdiction de circuler
Le 27 juin dernier, à la suite d’un accident mortel à Reims, où l’explosion d’un airbag a coûté la vie à une automobiliste, le gouvernement a élargi les mesures d’urgence. 800 000 véhicules supplémentaires ont été concernés par une interdiction de circuler, portant à 1,7 million le nombre total de voitures visées par les mesures de « stop drive« .
L’association dénonce une réponse tardive et mal organisée de Stellantis. « Cette mesure d’immobilisation immédiate […] est la conséquence de l’incurie, de l’inertie et de la gestion parfaitement chaotique et calamiteuse des différents rappels organisés par Stellantis », accuse Magali Buttard.
L’UFC-Que Choisir réclame des indemnisations multiples
Pour l’association de défense des consommateurs, les automobilistes lésés doivent être réparés pour l’ensemble des préjudices subis. Elle demande :
- Une indemnité journalière pour chaque jour d’immobilisation
- Le remboursement des frais d’assurance maintenus malgré l’immobilisation
- Le remboursement des frais de stationnement, remorquage, remise en service
- Les coûts liés aux transports alternatifs et à l’annulation d’activités
« Cette faute a entraîné un certain nombre de préjudices pour les automobilistes […] ils doivent être indemnisés », insiste Mme Buttard.
Une gestion dénoncée comme défaillante
Selon l’UFC-Que Choisir, Stellantis, et notamment sa marque Citroën, aurait pu éviter ces immobilisations massives : « Ils avaient parfaitement la possibilité d’organiser des mesures de rappels simples avant d’être contraints d’avoir à procéder à des mesures sous ‘stop drive’ », estime la juriste.
Elle ajoute : « Si le constructeur avait accepté de prendre toute la mesure de la dangerosité de ces airbags, s’il n’avait peut-être pas fait uniquement un calcul financier, il aurait procédé à des rappels beaucoup plus tôt ».
L’UFC-Que Choisir ne s’interdit pas d’engager d’autres actions collectives contre d’autres marques impliquées. « Nous ne nous interdisons pas de poursuivre nos initiatives également par la voie de l’action de groupe contre d’autres constructeurs », prévient Magali Buttard.
