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vendredi, mars 20, 2026
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AP-HP : les syndicats préparent une grève unie contre le plan d’économies de François Bayrou

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  • Face au plan d’économies de 43,8 milliards d’euros annoncé par François Bayrou, les syndicats de l’AP-HP sonnent la mobilisation.
  • CGT, FO, CFTC et UNSA appellent dès le 25 août à des assemblées générales pour préparer une grève unie contre la dégradation des conditions de travail et l’alourdissement du coût des soins pour les patients.

   Les hôpitaux parisiens se préparent à un automne social agité. Les syndicats CGT, FO, CFTC et UNSA appellent, à partir du 25 août, à organiser des assemblées générales dans tous les services de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour préparer une « grève unie de toute l’AP-HP » contre le plan d’économies du Premier ministre François Bayrou.

 « Une attaque frontale contre notre système de santé »

Représentant 61 % des voix aux dernières élections professionnelles, les syndicats dénoncent dans un communiqué commun « une attaque frontale contre notre système de santé et contre tous les travailleurs ».

 Ils visent particulièrement le doublement des franchises médicales et participations forfaitaires, qui passeraient de 50 à 100 eurospar an, soit « un total de 200 euros ».

Autre mesure décriée : la suppression de deux jours fériés pour les agents hospitaliers. « Non à la suppression des deux jours fériés », martèlent-ils, estimant que le projet « vient aggraver cette casse » déjà engagée par des années de restrictions budgétaires.

Un hôpital « dirigé comme une entreprise »

Interrogé par franceinfo, le neurologue François Sallachas, membre du Collectif Inter-Hôpitaux, se dit préoccupé par les effets de cette politique de rigueur.

« Le discours de rigueur générale appliqué à l’hôpital public est extrêmement inquiétant », alerte-t-il.

« Quand on sous-finance un système, il se délite. », ajoute -t-il, en rappelant que
que « depuis une dizaine d’années, il manque de l’argent chaque année » et que ce plan représente « un coup de rabot supplémentaire ».

Selon lui, la logique comptable imposée aux établissements mène droit dans le mur.
« Un hôpital est désormais considéré par les gouvernants comme une entreprise, explique-t-il. On lui demande d’équilibrer ses comptes et d’être rentable, alors même que le mode de financement ne le permet pas. Le déficit est programmé quoi qu’il arrive. »

Saturation des urgences : un problème structurel

Le praticien s’insurge également contre les discours qui accusent les patients d’« abuser » du système.

« L’essentiel de la saturation des urgences, c’est la stagnation des patients dans les services, explique-t-il. Ils ne peuvent pas être transférés faute de lits disponibles ou de personnel suffisant. »

Une situation qu’il attribue directement à « une crise de recrutement majeure » qui frappe l’hôpital public.Les syndicats fustigent enfin les propos de la ministre de la Santé, Madame Vautrin, affirmant que 50 % des arrêts maladie de plus de 18 mois ne seraient « plus justifiés ».

 « Les contrôles faits n’ont pas montré qu’ils étaient injustifiés, mais mal libellés », corrige le médecin.

 L’AP-HP, service public de santé d’Île-de-France, regroupe 38 hôpitaux et près de 100 000 professionnels pour 8 millions de patients chaque année. Le plan de François Bayrou prévoit 43,8 milliards d’euros d’économies au niveau national, une mesure que les syndicats qualifient d’« odieuse attaque contre les malades » et contre les fondements de la Sécurité sociale depuis 1945.

 

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