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Pharmacies : un mouvement de grève « très suivi » ce samedi 16 août

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  • Samedi 16 août, le mouvement de grève des pharmaciens est « très suivi » selon la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France.

De nombreuses officines sont restées fermées, en signe de contestation contre la baisse des ristournes sur les médicaments génériques et les coupes budgétaires dans la santé.

   De nombreuses pharmacies sont restées fermées ce samedi 16 août en France. Si certains syndicats évoquent neuf officines sur dix à l’arrêt dans certains départements, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) confirme un mouvement « très suivi » sans avancer de chiffres. Les pharmaciens dénoncent la baisse des remises sur les médicaments génériques et redoutent des fermetures en cascade.

« Le mouvement est très suivi »

Les rideaux baissés se multiplient ce samedi dans les centres-villes comme dans les villages. À l’appel des syndicats, les pharmaciens ont choisi de marquer le coup en fermant leurs officines.

« Le mouvement est très suivi », a indiqué Philippe Besset, président de la FSPF, au micro de franceinfo. « Nous avons de très nombreuses remontées de terrain », précise-t-il, sans pour autant confirmer le chiffre de 90 % de fermetures avancé par d’autres syndicats cette semaine.

Le responsable syndical insiste néanmoins sur la volonté de ne pas pénaliser les patients : « Notre objectif, c’est d’avoir le public avec nous, d’interpeller, mais ne pas gêner. » La FSPF a ainsi demandé aux pharmaciens « de garantir la continuité des soins, car il faut que le médicament soit accessible au public ».

Les officines fermées ont été invitées à afficher sur leurs vitrines le lieu où se procurer des médicaments.

Une profession fragilisée

La mobilisation s’explique par une inquiétude croissante quant à l’avenir du réseau officinal. « Dans les 15 dernières années, 4.000 officines ont fermé (…) on a eu 260 fermetures l’an dernier, 140 depuis le début de l’année. Une pharmacie ferme chaque jour sur le territoire », a alerté Philippe Besset, jeudi, sur France Inter.

L’Uspo (Union des syndicats de pharmaciens d’officine) estime désormais qu’une pharmacie sur trois est en péril. Si rien n’est fait, « 6.000 communes pourraient perdre leur officine », redoute son président, Pierre-Olivier Variot.

Les ristournes sur les génériques au cœur de la colère

Au centre de la contestation figure l’arrêté publié début août, qui abaisse progressivement les plafonds de ristournes commerciales sur les médicaments génériques : 30 % maximum dès le 1er septembre, contre 40 % aujourd’hui, puis 20 % en 2027.

« Cette décision (…) va conduire à la fermeture de centaines, voire de milliers d’officines », alerte Philippe Besset.

Pour l’Uspo, le manque à gagner atteindra 300 millions d’euros en année pleine. Une menace directe pour les pharmacies de petite taille, notamment en zones rurales.

Des économies jugées incompréhensibles

 Le gouvernement justifie cette réforme par le besoin de redresser les comptes publics. Le plan présenté le 15 juillet prévoit 43,8 milliards d’euros d’économies d’ici 2026, dont 5,5 milliards dans la santé.

Mais pour les pharmaciens, ces mesures sont contre-productives. « Cela ne rapporte aucun argent à l’Assurance maladie », estime Philippe Besset.

Autre source de tension : le doublement des franchises médicales et participations forfaitaires, que la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, souhaite faire régler directement par les patients au comptoir.

« La sécurité sociale, son principe, c’est : on cotise selon ses moyens et on consomme selon ses besoins. Là, c’est l’inverse, on demande aux malades de payer, ce n’est pas possible », dénonce le président de la FSPF.

Un bras de fer qui s’installe

Face à ce qu’ils considèrent comme une « mise en péril » de leur profession, les pharmaciens entendent poursuivre leur mobilisation. Les syndicats espèrent désormais rallier l’opinion publique à leur cause, pour empêcher la disparition d’un maillage de proximité jugé indispensable à la santé des Français.

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