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Mélenchon et LFI veulent censurer François Bayrou et soutiennent l’appel à « tout bloquer » le 10 septembre

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  • Jean-Luc Mélenchon et les responsables de La France insoumise annoncent une motion de censure contre François Bayrou.
  • Ils appellent à rejoindre la mobilisation citoyenne du 10 septembre, baptisée « Bloquons tout », en réaction aux coupes budgétaires de 43 milliards d’euros prévues en 2026.

   Jean-Luc Mélenchon et plusieurs responsables de La France insoumise (LFI) ont appelé, dimanche 17 août dans La Tribune Dimanche, à déposer une motion de censure contre le Premier ministre François Bayrou. Les Insoumis apportent également leur soutien à l’appel citoyen à « tout bloquer » le 10 septembre, en réaction aux mesures d’austérité prévues dans le budget 2026.

 « Une offensive déterminée » pour renverser François Bayrou

Dans leur tribune, Jean-Luc Mélenchon et les dirigeants de LFI se montrent sans ambiguïté.

 « Nous appelons à une offensive déterminée pour faire tomber ce gouvernement. Sur le terrain par la mobilisation populaire tous azimuts et au Parlement par une motion de censure immédiate », écrit le leader des Insoumis, qui estime que« les deux doivent aller de pair, car faire l’un sans l’autre est vain ou bien incertain ».

LFI réclame par ailleurs que « l’Assemblée nationale soit réunie au plus vite en session extraordinaire » car « l’actualité l’exige ». Selon Mathilde Panot et Manuel Bompard, cosignataires de l’appel, « ce gouvernement est incapable d’entendre raison » et « prépare la rentrée avec un projet de budget dévastateur ».

 « Il faut renvoyer François Bayrou et son gouvernement, tout de suite », insistent les responsables Insoumis.

Soutien au mouvement « Bloquons tout »

Au-delà de la bataille parlementaire, LFI rejoint le mouvement citoyen « Bloquons tout », lancé sur les réseaux sociaux. Celui-ci appelle à paralyser la France le 10 septembre en réaction aux coupes budgétaires de 43 milliards d’euros annoncées par François Bayrou.

 « Nous demandons à tous ceux qui partagent nos principes et notre volonté d’action pour en finir avec le gouvernement Bayrou de se mettre immédiatement au service des collectifs locaux qui proposent cette mobilisation et à tout faire pour sa réussite », déclarent les Insoumis.

Le mouvement, encore mal identifié, rassemble des revendications variées : référendum d’initiative citoyenne, hausses de salaires et de retraites, ou encore appels à la « résistance » et à la grève générale.

 « Une colère populaire »

Interrogé sur France Inter, Éric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis et président de la commission des Finances, estime que la mobilisation sociale est indispensable :

 « Face aux politiques du gouvernement, il faut une mobilisation sociale. On ne peut pas uniquement se contenter d’une bataille législative. Plus il y aura de mobilisations sociales, plus nous serons à même de renverser à la fois le gouvernement de François Bayrou et de mettre fin à la politique d’Emmanuel Macron alors qu’il est minoritaire dans le pays depuis un an. »

Le député du Nord Aurélien Le Coq abonde dans ce sens sur franceinfo : « Cet appel à tout bloquer est celui d’une colère populaire face à un gouvernement qui continue à appliquer les méthodes de la broyeuse sociale. »

Selon lui, LFI entend « respecter l’auto-organisation et l’autonomie » du mouvement, mais l’appelle à rejoindre : « À partir du moment où il porte des revendications proches des nôtres, comme les hausses de salaires, la défense des services publics et la lutte contre l’austérité, nous appelons à le rejoindre. »

Une rentrée sous haute tension sociale

Près de sept ans après le mouvement des Gilets jaunes, l’appel à « tout bloquer » pourrait marquer une nouvelle étape dans la contestation sociale en France.

Les actions envisagées sont multiples : grèves, boycott des supermarchés, ou encore appels à ne plus utiliser sa carte bancaire.

Reste à savoir si ce mouvement, né en dehors des structures syndicales traditionnelles et parfois relayé par des comptes d’extrême droite, trouvera un écho massif. Pour Éric Coquerel, ce n’est pas un obstacle : « C’est un peu ce qui avait été dit au moment des gilets jaunes, et puis à un moment les syndicats avaient fini par les soutenir parce qu’on voyait bien que ce qui était d’origine d’extrême droite était très minoritaire. Je crois que c’est encore le cas aujourd’hui. »

La rentrée s’annonce donc sous haute tension pour François Bayrou et son gouvernement, pris entre une opposition parlementaire résolue et une contestation sociale en pleine ébullition.

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