- Donald Trump a annoncé avoir lancé les préparatifs d’un sommet inédit entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, une première depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.
- Une rencontre qui pourrait ouvrir une nouvelle ère diplomatique, alors que les garanties de sécurité pour Kiev sont au cœur des discussions à Washington.
Les initiatives diplomatiques autour de la guerre en Ukraine connaissent une accélération notable. Lundi, Donald Trump a affirmé avoir « commencé les préparatifs » d’une rencontre entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue russe Vladimir Poutine, après avoir échangé dans la journée avec les deux dirigeants.
« Une fois cette rencontre tenue, nous organiserons une réunion trilatérale, réunissant les deux présidents ainsi que moi-même », a précisé l’ancien président américain sur sa plateforme Truth Social.
Le premier sommet entre Zelensky et Poutine devrait se dérouler « dans un lieu à déterminer ».

Un premier face-à-face depuis 2022
Ce serait une première depuis l’invasion russe du 24 février 2022. Vladimir Poutine, qui s’est entretenu par téléphone avec Donald Trump durant le sommet de Washington, s’est dit prêt à rencontrer Volodymyr Zelensky « dans les deux semaines à venir ».
« Nous avons décidé d’avoir un rendez-vous bilatéral entre les deux présidents, d’avoir ensuite une trilatérale (avec Donald Trump, ndlr), puis une multilatérale où les Européens doivent être à la table », a confirmé le président français Emmanuel Macron dans un entretien exclusif accordé à LCI-TF1
Volodymyr Zelensky s’est dit « prêt » à ce face-à-face avec son homologue russe : « Nous sommes prêts à une rencontre bilatérale avec Poutine et après cela nous nous attendons à une rencontre trilatérale avec la participation de Donald Trump. »
Interrogé sur la question sensible des concessions territoriales, il a répondu : « C’est une question que nous laisserons entre moi et Poutine. »

Vers des garanties de sécurité pour l’Ukraine
Outre ces annonces, Donald Trump a évoqué lundi la nécessité de garanties de sécurité pour l’Ukraine, fournies par les Européens« en coordination » avec les États-Unis.
De son côté, Volodymyr Zelensky a précisé que ces engagements pourraient être officialisés très rapidement : « Les garanties de sécurité seront probablement décidées par nos partenaires et il y aura de plus en plus de détails, car tout sera couché sur papier et officialisé (…) d’ici une semaine à dix jours. »
Emmanuel Macron a salué « un grand pas en avant » :
« Dès ce mardi, nous réunissons avec le Premier ministre britannique Keir Starmer la coalition des volontaires pour les tenir au courant. Dans la foulée, nous lançons le travail concret avec les Américains, pour voir qui est prêt à faire quoi. »
Le chef de l’État a néanmoins insisté : ces garanties ne signifient pas une adhésion à l’OTAN. Leur objectif est « de dissuader (les Russes) par une armée ukrainienne forte, qui pourra résister » à toute nouvelle offensive.

Les alliés restent prudents face à Moscou
Malgré ce nouveau souffle diplomatique, les doutes persistent. Le président finlandais Alexander Stubb a jugé que Vladimir Poutine « est rarement digne de confiance », s’interrogeant sur son « courage » à participer à une telle rencontre.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a, lui, rejeté l’idée de concessions territoriales :
« La demande russe visant à ce que Kiev renonce aux parties libres du Donbass correspond, pour parler franchement, à une proposition visant à ce que les États-Unis renoncent à la Floride. »
Lors de l’entretien à LCI-TF1, Emmanuel Macron a mis en garde contre « une paix précipitée » qui « ne serait pas respectée par la Russie ». Pour lui, « cette paix ne peut pas être une capitulation, ce serait dramatique pour l’Ukraine et les Européens ».

« Un prédateur, un ogre à nos portes »
Le président français a également insisté sur le fait que, même en cas de règlement, la Russie resterait une menace durable : « C’est devenu durablement une puissance de déstabilisation et une menace potentielle pour beaucoup d’entre nous. (…) C’est un prédateur, un ogre à nos portes. »
Et d’ajouter : « Il ne faut pas être naïf et je le dis avec un immense respect pour le peuple russe. Le président Poutine a rarement tenu ses engagements. »
