- L’Union européenne échoue à obtenir l’exemption des droits de douane américains sur les vins.
- Une taxe de 15 % frappe désormais les exportateurs, suscitant colère et inquiétude en France
L’Union européenne n’a pas réussi à obtenir une exemption de droits de douane pour les vins dans le cadre de l’accord commercial conclu avec les États-Unis, finalisé le 21 août 2025. Une annonce qui provoque la colère des professionnels du secteur et des responsables politiques français.
Une taxe fixée à 15 % dès le 1er août
Le commissaire européen Maros Sefcovic a confirmé jeudi que les vins exportés vers les États-Unis seraient désormais taxés à 15 % :« Malheureusement, nous n’avons pas réussi », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Le texte commun précise que cette taxation entrera en vigueur dès que l’Union européenne aura introduit une loi réduisant ses propres taxes douanières. Selon Maros Sefcovic, les Américains ont donné des assurances pour une application rétroactive au 1er août.
« De grosses difficultés pour la filière »
Pour les exportateurs, l’annonce est un véritable coup dur. Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), a exprimé son désarroi : « Il y a une immense déception, parce qu’on a travaillé énormément pour obtenir l’exemption et elle était à portée de main. Nous avons la certitude que cela entraînera de grosses difficultés pour la filière des vins et spiritueux. »
La France et l’Italie avaient fait de cette exemption une priorité, compte tenu du poids du marché américain pour leurs exportations viticoles.
Des réactions politiques fermes en France
Côté gouvernement, la déception est tout aussi palpable. Sur X (ex-Twitter), le ministre délégué au Commerce extérieur Laurent Saint-Martin a rappelé que « la défense de nos secteurs à l’export reste la priorité » et assuré que « l’accord laisse ouverte la possibilité d’exemptions additionnelles, nous y travaillerons. L’histoire n’est pas finie ».
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a, elle aussi, exprimé son mécontentement dans un communiqué :
« Je regrette particulièrement l’absence d’exemption pour les vins et spiritueux, alors même que la France et d’autres pays avaient souligné l’importance prioritaire de ces produits. »
Elle a dénoncé un accord « déséquilibré » qui « porte atteinte aux intérêts français et européens en matière agricole », ajoutant que « la situation ne peut en rester là ». La ministre demande aux négociateurs européens d’en faire « une priorité des prochains échanges avec les autorités américaines » et appelle à « des mesures européennes fortes pour soutenir les producteurs pénalisés par ce résultat inacceptable ».
Bruxelles reste prudente mais optimiste
Si les critiques fusent, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a adopté un ton plus positif. Dans un court message sur X, elle a salué un texte qui apporte « prévisibilité pour nos entreprises et nos consommateurs ».
Maros Sefcovic a lui aussi voulu tempérer : « Ces portes ne sont pas fermées pour toujours », a-t-il insisté, laissant entendre que de nouvelles discussions pourraient permettre de rouvrir le dossier.
En attendant une éventuelle révision, les producteurs de vins et spiritueux devront composer avec cette nouvelle barrière commerciale, qui menace directement leur compétitivité aux États-Unis, premier marché d’exportation pour le vin français.
