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François Bayrou appelle à « une rentrée à la hauteur de l’histoire » face à la menace de blocage du pays

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  • Alors que des grèves se préparent dans plusieurs secteurs et qu’un appel citoyen à « tout bloquer » le 10 septembre se renforce, François Bayrou appelle à « une rentrée à la hauteur de l’histoire ».
  • Entre contestation sociale, menace de motion de censure et divisions dans sa propre majorité, le Premier ministre joue son avenir politique.

   Alors qu’un appel citoyen à « tout bloquer » le 10 septembre prend de l’ampleur et que plusieurs professions préparent des grèves, François Bayrou met en garde contre une rentrée « de décomposition ».

Le Premier ministre tente de défendre ses choix budgétaires malgré la contestation, y compris dans son propre camp.

Une rentrée sous tension

Samedi 23 août, le Premier ministre François Bayrou a sonné l’alarme dans un entretien au Parisien. À quelques jours de la rentrée, il appelle à « une rentrée à la hauteur de l’histoire », alors que taxis, hôpitaux, pharmaciens ou encore secteur de l’énergie annoncent des mouvements de grève. Un appel citoyen à « tout bloquer » le 10 septembre cristallise la colère.

« C’est : Le pays est devant de grands risques, tiens, nous allons le bloquer ! Comment défendre ça ? », s’interroge le locataire de Matignon.

Les oppositions dans le viseur

François Bayrou accuse la gauche de vouloir tirer profit de cette mobilisation. « De Gaulle avait raison, les forces politiques sont obsédées par la prochaine élection. Et comme il est plus facile d’être contreC’est comme dans le film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre : “Pas content ! Pas content !” », ironise-t-il.

Selon lui, insoumis, socialistes, communistes et écologistes, qui soutiennent l’appel à bloquer le pays, « contribuent à précipiter la France dans l’impasse ».

Le Premier ministre redoute « un climat de rapport de force » menant à « une rentrée de décomposition avec mobilisation, négociation, marche arrière ». Et il ajoute : « Seule l’adhésion des Français peut changer les choses. »

Les Français appelés à l’effort collectif

Durant l’été, François Bayrou avait ouvert un dialogue avec les internautes. Il résume les réactions reçues :

« Ce qu’on entend le plus souvent : “Des efforts oui, mais pas pour moi. Les immigrés, les riches, c’est eux qu’il faut faire payer.”

Le Premier ministre insiste pourtant : « En réalité, il faudra que tout le monde participe. » Un discours délicat à faire accepter alors que l’élaboration du budget 2026 attise déjà crispations et tensions sociales.

Une majorité fragilisée

François Bayrou reconnaît qu’il ne dispose « ni de majorité ni véritablement de soutien au sein de la coalition gouvernementale ». Et la menace d’une censure plane toujours. « On ne peut pas empêcher les gens d’être suicidaires », lance-t-il à propos d’une éventuelle jonction des socialistes à une motion de censure.

« Ils y laisseraient la peau, car, derrière, l’extrême droite emporterait la mise. »

Mais la contestation n’est pas seulement extérieure. Au sein même du MoDem, des voix s’élèvent contre ses propositions budgétaires.

Dimanche 24 août, sur franceinfo, le député MoDem du Loiret Richard Ramos, compagnon de route de la première heure, a désavoué le Premier ministre concernant la suppression de deux jours fériés envisagée pour économiser 4 milliards d’euros.

« Je ne suis pas pour qu’on pique deux jours aux travailleurs. Ces quatre milliards, il faut les prendre ailleurs, il faut les prendre aux très riches et à ceux qui ne se lèvent pas le matin pour aller travailler alors qu’ils pourraient le faire », affirme-t-il.

S’il admet « une colère légitime » des citoyens, Richard Ramos estime que François Bayrou doit « convaincre les Français », mais sans « faire de pédagogie », car cela reviendrait à dire : « j’ai raison et je vais expliquer pourquoi j’ai raison ».

Vers une motion de censure le 23 septembre

La France insoumise a annoncé le dépôt d’une motion de censure dès le 23 septembre.

«    « , prévient Richard Ramos.

Il accuse Jean-Luc Mélenchon et la gauche de vouloir « récupérer politiquement » le mouvement du 10 septembre. Et il met en garde : « Les citoyens refuseront d’être spoliés de leur énergie par les partis politiques et par monsieur Mélenchon. »

Une équation budgétaire explosive

Pour Richard Ramos, « si les Français pensent que la réforme n’est pas juste, notamment si elle tape trop sur les travailleurs, alors évidemment, le gouvernement Bayrou tombera ». Mais il croit malgré tout en une voie étroite : « S’il arrive à expliquer aux Français qu’on est obligé d’essayer de faire quelque chose pour cette dette, alors il y a un trou de souris. »

Le député centriste admet que la tâche est « difficile » mais essentielle pour éviter « le chaos économique ».

« Évidemment, il va y avoir des contestations mais on a peut-être une chance qu’un budget soit voté au Parlement », poursuit-il. Et de conclure : « François Bayrou fait des réformes pour ne pas laisser de la dette à nos enfants et à nos petits-enfants. »

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