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Budget 2026 : entre équité sociale et rigueur, Bayrou face au spectre du surendettement

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  • Budget 2026 : rigueur et équité au cœur du débat.
  • Alors que François Bayrou alerte sur le poids croissant de la dette publique, Éric Lombard défend un effort partagé, où les plus fortunés contribueraient davantage.

   Au lendemain de l’annonce de François Bayrou de solliciter un vote de confiance, le ministre de l’Économie, Éric Lombard, a ouvert la porte à des ajustements dans le projet de budget 2026. Tout en défendant la nécessité de 44 milliards d’euros d’économies, il a insisté mardi 26 août sur France Inter sur un principe d’« équité » dans la répartition des efforts, espérant convaincre le Parti socialiste de ne pas renverser le gouvernement.

 Lombard : « La part des plus fortunés doit être évidemment plus forte »

 « Il y a une condition pour que ce budget soit accepté, c’est qu’il y ait de l’équité, les Français le demandent », a déclaré Éric Lombard. Le ministre a précisé que « la part des plus fortunés doit être évidemment plus forte pour que chacun voit que l’effort est partagé ».

Une main tendue vers les socialistes, qui se sont prononcés contre le gouvernement de François Bayrou, aux côtés du reste de la gauche et du Rassemblement national. Le ministre reste toutefois ferme sur l’ampleur de l’ajustement budgétaire : « Pas question de revenir sur le montant des économies nécessaires », soit près de 44 milliards d’euros.

 « Nous sommes à la bataille pour avoir une majorité le 8 septembre », a-t-il insisté, laissant entendre qu’« il y a évidemment une marge de négociation sur le partage de l’effort et sur les mesures ».

Un vote de confiance à haut risque

François Bayrou, nommé Premier ministre en juillet, a annoncé lundi qu’il solliciterait un vote de confiance au Parlement. Mais la partie semble mal engagée : les groupes de gauche et le RN ont déjà fait savoir qu’ils voteraient contre, ce qui, en l’état, condamnerait son gouvernement.

Bayrou : « Notre pays est en danger car nous sommes face au risque du surendettement »

En conférence de presse, François Bayrou a de nouveau sonné l’alarme sur la dette publique. « Les sommes que nous devons rembourser chaque année ont inexorablement augmenté dans l’indifférence générale. (…) Notre pays est en danger car nous sommes face au risque du surendettement », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a rappelé que la dette française a progressé de 2.000 milliards d’euros en vingt ans. Selon lui, « la charge de la dette va devenir cette année le budget le plus important de la Nation. Et ça va croître chaque année ».

 Il chiffre à 60 milliards d’euros le poids de la dette en 2024, 66 milliards en 2025, et 75 milliards « au mieux » en 2026. Sans inflexion, ce fardeau pourrait grimper jusqu’à 107 milliards d’euros en 2029.

 « La dette, c’est chacun d’entre nous »

Pour François Bayrou, « la dépendance à la dette est devenue chronique en France (…) et cet argent n’a pas été utilisé comme il aurait fallu ».

 Il regrette que l’endettement ait servi principalement à financer « des dépenses courantes et la protection de nos concitoyens » : retraites, baisse de la TVA, salaires des fonctionnaires, mesures de soutien pendant le Covid ou encore allègements de charges pour les entreprises.

 « La dette, c’est chacun d’entre nous. Et si je m’en réfère aux interventions dans les débats parlementaires, l’immense majorité des interventions étaient pour demander davantage de dépenses, chacun pour le secteur qui les concerne », a-t-il pointé.

Le Premier ministre déplore également une occasion manquée : « Il aurait pu y avoir une dette utile. (…) Nous n’avons pas choisi l’investissement mais pour l’essentiel pendant des décennies les dépenses courantes. »

Des conséquences directes pour les ménages

 Au-delà de la macroéconomie, François Bayrou met en garde contre les répercussions pour les Français. L’explosion des taux d’intérêt rend, selon lui, le crédit de plus en plus inaccessible : « Cela signifie qu’il devient trop cher de construire, d’acheter un appartement, qu’il est impossible d’acquérir une voiture ou d’équiper la maison. C’est la conséquence familiale directe. L’explosion, c’est l’asphyxie générale de l’économie. »

Un équilibre fragile entre équité et rigueur

À quelques jours du vote de confiance, l’exécutif tente de concilier rigueur budgétaire et justice sociale. Éric Lombard tend la main aux socialistes, tandis que François Bayrou multiplie les avertissements sur le surendettement. Reste à savoir si cette double stratégie suffira à sauver le gouvernement le 8 septembre.

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