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vendredi, août 7, 2026
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Patrick Martin (Medef) : « Travailler plus est un impératif économique et social »

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  • À l’ouverture de la Rencontre des entrepreneurs de France, Patrick Martin, président du Medef, a dressé un constat alarmant de l’économie française.
  • Entre ralentissement dans le bâtiment, la chimie ou la sidérurgie, mise en garde contre un retour de l’ISF et appel à la baisse des impôts de production (CVAE, C3S), le patron des patrons fixe le cap : relancer la compétitivité et enrayer la montée du chômage.

   À l’ouverture de la 7ᵉ édition de la Rencontre des entrepreneurs de France, ce mercredi 27 août, le président du Medef, Patrick Martin, a lancé un appel solennel : « travailler plus« .

Selon lui, il s’agit à la fois d’ »un impératif économique et un impératif social« , un message adressé autant aux entrepreneurs qu’aux responsables politiques, à quelques jours du vote de confiance explosif qui attend le gouvernement de François Bayrou le 8 septembre.

Une économie "en spirale descendante"

Patrick Martin n’a pas mâché ses mots sur la situation du pays. « Je crains beaucoup pour la suite si rien n’est fait pour enrayer la spirale descendante. Notre situation est critique dans de nombreux secteurs », a-t-il déclaré, en citant le bâtiment, la chimie, la sidérurgie ou encore la restauration.

S’il appelle les décideurs politiques à « dépasser leurs rivalités », il constate avec inquiétude que « cela n’en prend pas le chemin ». Le patron des patrons s’est même dit « consterné » par « les premières réactions politiques » négatives aux propositions de François Bayrou, auquel il apporte son soutien depuis plusieurs jours.

Opposition ferme à un retour de l’ISF

Au cœur de son discours, Patrick Martin a fixé une limite claire : pas question de revenir, sous une forme ou une autre, à l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

 « Sous la menace d’un retour déguisé de l’ISF, nos entreprises familiales retiennent aujourd’hui plus encore leurs investissements (…). Je veux être clair : quelle qu’en soit la forme, un retour de l’ISF serait ravageur pour notre économie, et nous nous y opposerons », a-t-il martelé.

Il en a profité pour critiquer la proposition de taxe de l’économiste Gabriel Zucman, soutenue par une partie de la gauche et du Parti socialiste, y voyant un risque majeur pour l’attractivité française.

Patrick Martin lors de son intervention à #La REF2025 ( image capture d'écran)
Au cœur de son discours, Patrick Martin a fixé une limite claire : pas question de revenir, sous une forme ou une autre, à l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). ( Image capture d’écran)

Des baisses d’impôts plutôt que des hausses

À rebours des pistes évoquées par le gouvernement, le président du Medef réclame une relance de la politique de l’offre. « Il faut baisser les dépenses, certainement pas augmenter les impôts », a-t-il insisté. Patrick Martin demande notamment la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S).

 « Si le budget n’intègre pas ces mesures, nous nous attendons à de lourdes séquelles pour l’économie et l’emploi », a-t-il averti, exhortant les pouvoirs publics : « Laissez-nous croître, investir, innover, embaucher (…), qu’on nous lâche la bride sur le cou ! »

Le "fil rouge" : l’emploi

Le patron du Medef a rappelé que son « fil rouge » restait l’augmentation du taux d’emploi, avec un objectif ambitieux : « faire diminuer le chômage des jeunes de moitié en cinq ans ». Une priorité qui justifie, selon lui, son soutien à la réforme des retraites et sa position ferme lors du conclave organisé par François Bayrou.

En 2023, la France affichait un taux d’emploi de 68,4 %, légèrement en deçà de la moyenne européenne (70,4 %), notamment chez les plus de 60 ans. D’après l’institut Rexecode, un alignement sur l’Allemagne ou la Suède pourrait permettre de gagner« jusqu’à 3 à 6 % de PIB supplémentaire ».

Des perspectives assombries

Pourtant, les prévisions ne laissent guère de place à l’optimisme. Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le chômage, actuellement à 7,4 %, pourrait grimper à 8,1 % d’ici la fin de l’année, 8,9 % en 2026, avant de se stabiliser à 9 % en 2027.

Face à ces projections, Patrick Martin multiplie les mises en garde. Sans réforme structurelle, insiste-t-il, la France risque d’être durablement affaiblie. « Il existe un fantasme sur les aides aux entreprises », a-t-il encore dénoncé, rappelant que leur montant est évalué entre 112 et 211 milliards d’euros selon les sources.

Un message politique

 À moins de deux semaines d’un vote de confiance qui s’annonce périlleux pour François Bayrou, la voix du Medef sonne comme un avertissement. Entre appel à « travailler plus », défense de l’investissement et rejet catégorique d’un retour de l’ISF, Patrick Martin place la barre haute et entend peser sur l’avenir des réformes économiques en France.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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