- Face au budget du Premier ministre, le PS propose un budget de “protection et redistribution” : salaire net rehaussé, suspension de la réforme des retraites avec retour à 62 ans, fiscalité renforcée sur les ultra-patrimoines et les grands groupes.
- Cap affiché : protéger les plus modestes et relancer sans austérité.
Au dernier jour des universités d’été, le Parti socialiste a assumé son rôle d’alternative. Refusant les 44 milliards d’euros d’économies prévus par François Bayrou, il propose un cap « plus juste » : 23 milliards d’économies, une réduction du déficit de 21,7 milliards en 2026, la suspension immédiate de la réforme des retraites et le retour de l’âge légal à 62 ans.
L’ensemble s’accompagne d’une baisse ciblée de CSG et d’une taxe de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, inspirée des travaux de l’économiste Gabriel Zucman.
« Nous réduirons les déficits, ni dans la manière, ni dans le rythme injuste de François Bayrou. Vous l’avez compris, pas le travail, le capital ; pas les jours fériés, les héritiers ; pas le ruissellement, la redistribution ; pas les PME, les multinationales ; pas la récession, la relance« , déroule Boris Vallaud, chef de file des députés socialistes.
Pouvoir d’achat d’abord
Le PS promet de gonfler le salaire net des bas revenus en rabotant la CSG jusqu’à 1,4 Smic. Objectif : soulager « les Français et les Françaises les plus modestes » dans un contexte de prix encore tendus.
« La classe moyenne ne paiera pas pour une dette dont elle n’est pas responsable », martèle Patrick Kanner, patron des sénateurs PS.
Et de prévenir : « Il n’y aura pas d’année noire… Il n’y aura pas trente millions de travailleurs et de travailleuses qui vont devoir payer un impôt déguisé sur le travail avec la suppression de deux jours fériés ! »
Des recettes assumées, ciblées sur les plus riches
Côté recettes, les socialistes assument une hausse de la pression fiscale sur les plus hauts patrimoines. La « taxe Zucman », 2 % au-delà de 100 millions d’euros, est censée rapporter 15 milliards et constituer l’essentiel des 27 milliards de recettes nouvelles avancées. Le parti annonce aussi un coup de balai dans certaines niches, notamment l’emploi à domicile — où « plusieurs dérives » ont été détectées — et des aides aux grandes entreprises jugées inefficaces.
Investir sans « années noires »
Pour desserrer l’étau, 19,2 milliards seraient consacrés à l’investissement, au soutien au pouvoir d’achat et au financement de la suspension de la réforme des retraites. L’idée : relancer plutôt que récessionner, pour reprendre le lexique de Boris Vallaud.
« Volontaires pour être les suivants »
Sur le terrain politique, le PS se dit prêt à gouverner. « Les socialistes sont volontaires pour être les suivants », a lancé Olivier Faure, demandant au chef de l’État « de répondre à cette proposition ».
« Ce n’est pas Bayrou ou l’apocalypse, dès demain ce sera son projet ou le nôtre », insiste le premier secrétaire.
Si la gauche était appelée à Matignon, Boris Vallaud promet de se tourner « vers les députés qui ont été élus dans l’élan de front républicain » pour trouver une majorité. Geste de bonne volonté supplémentaire : le député Philippe Brun affirme que les socialistes reprendraient les propositions du rapport de René Dosière pour mettre fin à certains avantages indus, mission que François Bayrou lui a confiée fin août.
Dimanche, François Bayrou doit être interrogé par les quatre chaînes d’information du pays, avant des consultations à Matignon avec les partis à partir de lundi. D’ici là, les socialistes ont fixé leur marque : moins d’austérité, plus de redistribution et une trajectoire budgétaire qu’ils promettent compatible avec la réduction des déficits comme avec la protection des plus modestes.
