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Motion de censure contre Sébastien Lecornu : le gouvernement sauvé à 18 voix près, l’Assemblée se fracture

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  • Deux motions de censure visaient le gouvernement Lecornu II, quatre jours seulement après sa nomination.
  • À l’issue d’un hémicycle sous tension, la première, déposée par LFI, échoue à 18 voix de la majorité absolue ; la seconde, portée par le RN, reste loin du compte.

Jeudi 16 octobre, l’Assemblée nationale a rejeté deux motions de censure visant le gouvernement de Sébastien Lecornu. La motion de La France insoumise a recueilli 271 voix — 18 de moins que les 289 nécessaires — tandis que celle du Rassemblement national a totalisé 144 suffrages. Faute de vote « contre » dans ce type de scrutin, le rapport de force s’est joué entre « votants pour » et « non votants », révélant un paysage politique fracturé et un PS en position d’arbitre.

Un double test politique dès les premiers jours

 Quatre jours après la composition de Lecornu II, l’exécutif s’est exposé à un crash test. Particularité des motions de censure : on vote “pour” la censure ou l’on ne participe pas au vote. Dans ce cadre, la proposition de LFI a culminé à 271 voix au terme d’environ deux heures de débats, quand il en fallait 289 pour renverser le gouvernement. La motion concurrente du RN s’est arrêtée à 144 voix, rassemblant notamment les élus du parti, ses alliés ciottistes, trois députés LR et deux non-inscrits.

Le rôle pivot des socialistes

 Annoncés comme la clef du scrutin, les socialistes ont largement refusé de participer au vote après une concession du gouvernement : l’introduction, dans le prochain budget, d’un amendement suspendant la réforme des retraites.

« La non-censure d’aujourd’hui n’[étai]t en aucun cas un pacte de non-censure », a prévenu Laurent Baumel à la tribune.

Des dissidences ont néanmoins émergé. Sur X, le député PS Paul Christophle avait tranché : « Le compte n’y est pas. Jeudi, je censure ».

Comment les groupes se sont positionnés

Le scrutin confirme les lignes de fracture. LFI a apporté 71 voix « pour ». Gauche démocrate et républicaine : 15 pour”, 2 non votants. Écologiste et social : 35 “pour”, 3 non votants. Socialistes et apparentés : 7 “pour”, 62 non votants. LIOT : 1 “pour”, 21 non votants. Les Démocrates : 36 non votants. Ensemble pour la République : 92 non votants. Horizons & Indépendants : 34 non votants. Droite républicaine : 1 “pour”, 49 non votants. Union des droites pour la République : 16 “pour”. Rassemblement national : 123 “pour”. Non-inscrits : 2 “pour”, 7 non votants.

Méthode : dans une motion de censure, un député est soit « votant pour », soit « non votant » (abstention/absence). Il n’existe pas de vote « contre ».

La classe politique se polarise

Côté oppositions, Mathilde Panot a exhorté les sympathisants de gauche à ne pas céder : « Nous lançons un appel solennel à la résistance populaire et parlementaire pour résister à ce budget cruel », a-t-elle déclaré à la presse

Le président du RN Jordan Bardella a, lui, fustigé une victoire à l’arraché du camp présidentiel : « Une majorité de marchandage a réussi aujourd’hui à sauver ses places, au détriment de l’intérêt national », prévenant que les députés refusant la censure « seront responsables des souffrances à venir du pays ».

Dans la majorité, le cap se veut pragmatique. La présidente de l’Assemblée nationale s’est dite confiante :

« Je suis heureuse de voir qu’il y a une majorité de l’Assemblée nationale qui est dans cette dynamique de travail, de compromis (…) Je suis raisonnablement optimiste ».

Devant les caméras, Sébastien Lecornu a martelé : « Au travail », « au travail », « au travail », avant d’ajouter : « Il fallait que les débats puissent démarrer, et ils vont démarrer ».

Ce que révèle le vote : solidité relative et bataille budgétaire

Sauvé à 18 voix près, le gouvernement demeure debout mais minoritaire. L’amendement promis sur la suspension de la réforme des retraites a offert un sas politique, sans garantir la suite. La discussion budgétaire s’annonce comme le prochain bras de fer, où chaque groupe testera à nouveau ses lignes rouges et sa capacité à se souder ou à se démarquer.

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