- L’Insee relève un taux de chômage à 7,7 % au troisième trimestre 2025, en légère hausse et au plus haut depuis quatre ans.
- Les jeunes poursuivent leur amélioration, tandis que les seniors subissent la dégradation du marché du travail
L’Insee annonce un taux de chômage à 7,7 % au T3 2025 (+0,1 point sur un trimestre) et révise le T2 de 7,5 % à 7,6 %. Si la jeunesse profite d’un reflux du chômage, les 50 ans et plus voient leur situation se dégrader, sur fond de réforme France Travail et de destructions d’emplois dans le secteur marchand.
« Le taux de chômage est supérieur de 0,3 point à son niveau du troisième trimestre 2024, mais demeure nettement au-dessous de son pic de mi-2015 (-2,8 points) », note l’Insee.
Le nombre de chômeurs au sens du BIT atteint 2,4 millions de personnes, soit +44 000 en trois mois. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis quatre ans.
Jeunes en amélioration, seniors sous pression
Le taux d’activité des 15-64 ans reste stable sur le trimestre. Les 15-24 ans confirment leur amélioration avec un taux de chômage à 18,8 % (-0,2 point sur le trimestre, -0,8 point sur un an).
À l’inverse, les 50 ans et plus voient leur taux monter à 5,1 % (+0,3 point sur le trimestre, +0,4 point sur un an), traduisant un marché du travail plus exigeant pour les fins de carrière.
France Travail : l’effet statistique d’une base élargie
L’Insee appelle à contextualiser ces chiffres à la lumière de la réforme France Travail entrée en vigueur début 2025, qui élargit les publics concernés par l’inscription.
« La loi pour le plein emploi (…) a prévu une inscription systématique auprès de France Travail des allocataires du RSA et de leur conjoint, des jeunes accompagnés par les Missions locales et des personnes en situation de handicap accompagnées par Cap emploi. Elle a entraîné de façon mécanique une hausse importante du nombre d’inscrits à France Travail au premier trimestre 2025 », précise l’institut de statistiques.
Cet effet d’inscription ne signifie pas mécaniquement une détérioration de l’employabilité, mais modifie la base de calcul et peut renforcer temporairement la hausse des inscrits.
Croissance qui résiste, emploi qui cale
Malgré un contexte politique incertain et des tensions commerciales avec les États-Unis, la croissance a surpris positivement pendant l’été avec un PIB à +0,5 %, porté par des exportations dynamiques. La Banque de France prévoit une poursuite de la croissance au T4, puis +0,7 % en 2025 et +0,9 % en 2026.
En parallèle, l’emploi marchand se contracte : l’OFCE estime 9 000 emplois supprimés en 2024 et plus de 100 000 suppressionsen 2025. Sur le seul troisième trimestre 2025, l’Insee fait état de plus de 60 000 emplois salariés détruits, confirmant un ajustement par l’emploi malgré l’activité qui tient.
Productivité en rattrapage : le revers de la médaille ?
Après un décrochage entre 2019 et 2023, la productivité du travail dans le secteur marchand non agricole repart à la hausse : +1,4 % en moyenne par an sur les deux dernières années, au-dessus de la tendance pré-Covid (+0,9 %/an), selon l’OFCE. Si ce rattrapage de productivité est positif pour la compétitivité, il peut, à court terme, peser sur les besoins d’embauche, surtout dans les secteurs exposés à la concurrence et aux coûts.
