- Le gouvernement visait une fourchette de 17 à 23 milliards d’euros pour 2026.
- Les dernières projections laissent entrevoir un déficit à 24 milliards, malgré les économies recherchées.
« Inquiet du déficit », le ministre du Travail tire la sonnette d’alarme après la première lecture du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée nationale. Les amendements adoptés par les députés « creuseraient » le déséquilibre jusqu’à 24,3 milliards d’euros, alors que le gouvernement visait un retour entre 17 et 23 milliards.
Dans un entretien accordé au Parisien, Jean-Pierre Farandou reconnaît que « le compte n’y est pas ». Selon ses dernières estimations, le déficit pourrait grimper à 24 milliards d’euros en 2026, soit davantage que cette année.
« Notre objectif était de le réduire, en le faisant passer de 23 à 17 milliards. Aujourd’hui, selon nos derniers calculs, nous pourrions atteindre les 24 milliards », explique-t-il.
Le ministre admet que les marges de manœuvre restent limitées : « À ce stade, il nous manque beaucoup d’économies que l’on a du mal à faire voter », concède-t-il, en appelant à un effort collectif pour redresser la trajectoire des comptes sociaux.
Une première lecture qui alourdit la facture
Les votes de l’Assemblée ont modifié l’équilibre du texte. Thibault Bazin (LR), rapporteur général de la commission des Affaires sociales, les changements apportés par les députés creuseraient le déficit de 6,8 milliards.
La suite se jouera au Palais du Luxembourg : le projet de budget sera examiné par le Sénat dans sa version issue de l’Assemblée. Et le ministre d’appeler au compromis : « Quand la copie finale arrivera à l’Assemblée en décembre, tout le monde devra faire un pas vers l’autre », en en appelant à « la responsabilité de tous les parlementaires ».
Assurance-chômage : un coup de frein sur les ruptures conventionnelles ?
Dans le même temps, le gouvernement envisage de revoir le dispositif des ruptures conventionnelles, dont l’essor inquiète. « Elles se sont beaucoup développées », constate Jean-Pierre Farandou, rappelant que « les allocations chômage versées à des salariés qui sortent de ruptures conventionnelles représentent désormais un quart des versements ». Une situation qui, selon lui, « peut traduire une forme de dérive ». Le ministre explique avoir « proposé aux partenaires sociaux de s’en emparer » afin de trouver des pistes de régulation.
Sur le calendrier, l’exécutif veut agir rapidement. L’objectif est fixé « d’ici à la fin de l’année », avec la volonté « d’aller assez vite pour trouver quelques centaines de millions d’euros d’économies ». Et Jean-Pierre Farandou de conclure, pragmatique : «Toutes les pistes me vont bien. »
Entre réduction des dépenses et ajustements de recettes, le chemin vers la cible budgétaire s’annonce étroit. L’examen au Sénat puis le retour à l’Assemblée en décembre diront si un compromis est possible pour endiguer la dérive des comptes sociaux tout en préservant les priorités affichées par l’exécutif.
