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Croissance de la zone euro : Bruxelles vise 1,3 % en 2025 malgré les droits de douane de Donald Trump

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  • La Commission européenne affiche son optimisme malgré un environnement commercial mondial sous tension.
  • Portée par la demande intérieure, la zone euro devrait continuer à croître, même face aux droits de douane imposés par l’administration Trump.

   Selon les prévisions économiques d’automne, la croissance de la zone euro atteindrait 1,3 % en 2025, malgré les barrières tarifaires américaines. Bruxelles mise sur la solidité de la demande intérieure, la reprise de l’investissement et un marché du travail résilient, même si les déficits publics et la dette devraient continuer à augmenter dans les prochaines années.

Une croissance meilleure que prévu pour la zone euro

 Ce lundi 17 novembre, la Commission européenne a relevé ses prévisions pour la zone euro. La croissance devrait atteindre 1,3 %en 2025, selon ses nouvelles projections, un chiffre supérieur aux estimations publiées au mois de mai.

« La croissance de la zone euro a fait mieux que prévu cette année, et la dynamique devrait se poursuivre », a indiqué la Commission en présentant ses prévisions économiques d’automne. Pour la suite, Bruxelles anticipe un taux de croissance de 1,2 % en 2026 et de 1,4 % en 2027, confirmant un scénario de progression graduelle, mais continue, de l’activité.

Malgré un contexte international marqué par les tensions commerciales et l’incertitude politique, notamment aux États-Unis, l’exécutif européen insiste sur la capacité de l’économie de la zone euro à résister aux chocs externes.

Droits de douane américains : un risque contenu mais bien réel

Au centre des inquiétudes de Bruxelles se trouvent les tarifs douaniers imposés par les États-Unis sous l’administration Trump, qui continuent de peser sur les exportations européennes et de nourrir l’incertitude entourant les échanges mondiaux.

La Commission tempère toutefois ces risques en soulignant que, dans ce rapport de force commercial, l’Union européenne bénéficie encore d’un léger atout en soulignant que « les droits de douane sur les exportations de l’UE restent inférieurs à ceux appliqués à plusieurs autres grands acteurs mondiaux. »

« Cela représente un avantage relatif modeste pour l’économie de l’UE, malgré un contexte de faiblesse du commerce mondial des biens et d’un euro fort qui tempère la demande étrangère », ajoute-t-elle.

Fin juillet, Bruxelles et Washington sont parvenus à un accord fixant des droits de douane de 15 % sur la plupart des importations de biens aux États-Unis. Cet accord a permis un rebond des exportations européennes en septembre, signe qu’une partie du commerce bilatéral retrouve de l’air.

Les prévisions de l’UE reposent cependant sur une hypothèse prudente : tous les droits de douane nationaux et sectoriels appliqués par les États-Unis à la fin du mois d’octobre resteront en vigueur tout au long de la période de prévision.

« L’Europe doit compter sur l’Europe » : le message de Dombrovskis

Face à ces contraintes externes, Bruxelles appelle les États membres à renforcer leurs propres moteurs de croissance. Le commissaire à l’économie, Valdis Dombrovskis, a insisté sur le rôle déterminant des politiques nationales pour soutenir l’activité dans un monde fragmenté par les barrières commerciales.

Selon lui, l’Union européenne doit continuer à « se tourner vers les leviers nationaux pour alimenter la croissance », alors que les barrières commerciales mondiales se maintiennent à des niveaux historiques.

Investissement en reprise et marché du travail résistant

Au-delà des tensions commerciales, la Commission mise sur la reprise de l’investissement pour soutenir la trajectoire de croissance de la zone euro. L’institution prévoit un regain d’activité dans la construction non-résidentielle (bâtiments industriels, bureaux, infrastructures) et les dépenses d’équipement des entreprises, signe d’une confiance progressive retrouvée.

Côté emploi, le diagnostic est plutôt positif. Valdis Dombrovskis a salué la résistance du marché du travail européen, malgré les chocs successifs des dernières années.

L’emploi dans l’UE devrait continuer à croître modérément, de 0,5 % en 2025 et en 2026, avant de ralentir légèrement à 0,4 % en 2027.

La croissance des salaires devrait, elle, ralentir, mais rester supérieure à l’inflation. Résultat : un pouvoir d’achat des ménages en légère amélioration, de quoi soutenir la demande intérieure, pilier central de la croissance dans la zone euro.

Inflation proche de la cible de la BCE, taux directeurs stables

Sur le front des prix, les prévisions d’automne situent l’inflation de la zone euro à 2,1 % en 2025. Les pressions sur les prix devraient se maintenir proches de l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne (BCE) à court terme.

Lors de sa dernière réunion, la BCE a choisi de maintenir son taux d’intérêt directeur à 2 %. Aucune nouvelle baisse n’est attendue à brève échéance, l’institution monétaire restant focalisée sur l’équilibre entre lutte contre l’inflation et soutien à l’activité.

Déficits publics et dette : un revers de la médaille

Malgré ce tableau globalement favorable, la Commission met en garde contre une détérioration progressive des finances publiques dans l’Union. Le déficit des administrations publiques de l’UE devrait passer de 3,1 % du PIB en 2024 à 3,4 % en 2027, notamment sous l’effet de l’augmentation des dépenses de défense.

En parallèle, la dette publique repart légèrement à la hausse : le ratio dette/PIB de l’UE grimperait de 84,5 % en 2024 à 85 % en 2027, celui de la zone euro passerait d’environ 88 % à 90,4 % sur la même période.

 Ces chiffres rappellent que la marge de manœuvre budgétaire des États membres reste limitée, alors même que des investissements massifs sont nécessaires pour la transition énergétique, la défense ou encore la compétitivité industrielle.

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