- Le rail marocain s’apprête à franchir un nouveau cap, porté par une croissance soutenue du trafic voyageurs et une dynamique solide du fret.
- L’ONCF confirme, à l’horizon 2025 et 2026, une trajectoire de développement alignée sur les grandes orientations en matière de mobilité durable et de compétitivité économique.
Chiffre d’affaires record, investissements massifs, extension de la grande vitesse et stratégie ESG : l’Office national des chemins de fer (ONCF) annonce des prévisions 2025 et des budgets 2026 en forte progression, avec un chiffre d’affaires qui devrait dépasser 5 milliards de dirhams en 2025 et atteindre 5,4 milliards en 2026, tout en portant un vaste programme d’investissement de 96 milliards de dirhams.
Présenté lors du Conseil d’administration de l’ONCF, tenu jeudi à Rabat sous la présidence du ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, ce résultat est porté notamment par « la croissance continue de l’activité voyageurs et la dynamique soutenue des activités Fret ».
Le trafic voyageurs reste le principal levier de croissance de l’ONCF. L’Office souligne que « l’année 2025 confirme la consolidation des performances économiques et commerciales » et marque « une étape majeure dans la mise en œuvre du nouveau cycle de développement ». Des niveaux inédits sont attendus, avec 56 millions de voyageurs prévus, dont 5,6 millions à bord d’Al Boraq, pour « un chiffre d’affaires de 2,9 milliards de dirhams ».
La ligne à grande vitesse Al Boraq continue de tirer vers le haut l’image du rail marocain, en combinant gain de temps, confort et réduction de l’empreinte carbone, et en renforçant l’attractivité du train face à la route et à l’aérien.
Fret et phosphates : un pilier économique stratégique
L’ONCF capitalise également sur la vitalité de ses activités Fret et Phosphates, stratégique pour l’économie nationale et les exportations.
Selon l’organisme, le transport des phosphates affiche une progression notable de ses revenus, avec une projection de chiffre d’affaires qui dépasserait 1,2 milliard de dirhams pour 13,9 millions de tonnes transportées en 2025.
L’activité fret, quant à elle, se démarque aussi, avec un volume global estimé à plus de 9 millions de tonnes de marchandises transportées d’ici la fin de l’année 2025, générant un chiffre d’affaires de 710 millions de dirhams.
Ce positionnement confirme le rôle central du rail dans les chaînes logistiques nationales, au service de la compétitivité des secteurs industriels et miniers.
2026 : budgets en croissance et trajectoire de développement confirmée
Pour 2026, l’ONCF envisage de consolider cette dynamique. Cité dans le communiqué, le directeur général, Mohamed Rabie Khlie précise que les budgets alloués ont été élaborés pour soutenir « le développement des investissements ainsi que la croissance économique nationale. »
Ces budgets prolongent la trajectoire de croissance de l’ensemble des activités de l’Office et traduisent « des perspectives favorables et ambitions volontaristes pour le ferroviaire ».
Selon la même source, le segment voyageur vise 58,5 millions de clients en 2026, soit une hausse de 4 % par rapport aux prévisions de clôture de 2025. Les activités Fret et Phosphates devraient, elles aussi, maintenir leur tendance haussière, avec un volume global prévu de 24 millions de tonnes.
Dans ce cadre, l’activité Fret ambitionne d’atteindre 9,5 millions de tonnes, tandis que le transport des phosphates vise 14,5 millions de tonnes, soit dans les deux cas une progression de 4 % par rapport à 2025. Cette dynamique devrait se traduire par « la réalisation d’un chiffre d’affaires de 5,4 MMDH, en hausse de 7 % par rapport à 2025″.
Au plan des investissements, l’ONCF s’inscrit dans une logique d’accélération. L’année 2025 sera clôturée avec un budget prévisionnel dépassant 18 milliards de dirhams. Pour 2026, l’Office prévoit un volume d’investissement de l’ordre de 23 milliards de dirhams, marquant une montée en puissance du nouveau cycle de développement.
Extension de la grande vitesse et modernisation du réseau
De son côté, Mohamed Rabie Khlie a souligné que 2025 constitue une année charnière pour l’Office. Il rappelle en effet que « l’année 2025 a été marquée par le lancement officiel du plus vaste programme d’investissement de l’ONCF », un chantier d’envergure incluant « l’extension de la ligne à grande vitesse vers Marrakech », l’acquisition de nouvelles rames, la construction de gares « nouvelle génération », le développement d’un réseau ferroviaire de proximité, ainsi que la modernisation des infrastructures du réseau existant.
L’objectif est de renforcer la capacité du réseau, d’améliorer la qualité de service et de répondre à la croissance de la demande, aussi bien sur les grands axes que sur les liaisons de proximité.
Une nouvelle stratégie ESG au service de la performance durable
Aligné sur ce nouveau cycle d’investissement, l’ONCF déploie également une nouvelle stratégie ESG (Environnement, Social, Gouvernance) « ambitieuse et structurante », conçue pour « accélérer sa performance durable et élargir son impact positif au bénéfice de la collectivité ».
Cette démarche vise à renforcer la contribution du rail à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à l’inclusion sociale et au développement des territoires, en cohérence avec les engagements du Maroc en matière de développement durable.
