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Excédent commercial record de la Chine en 2025 malgré l’effondrement des exportations vers les États-Unis

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  • La Chine vient de franchir un seuil historique dans son commerce extérieur, en dépassant pour la première fois les 1.000 milliards de dollars d’excédent commercial en 2025.
  • Un record qui intervient dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis et de fragilité de la demande intérieure.

   Portées par un rebond des exportations vers le reste du monde, les performances commerciales de la Chine compensent largement l’effondrement de ses ventes vers les États-Unis. Mais derrière ce record, l’économie chinoise reste confrontée à une consommation en berne, une crise immobilière persistante et des inquiétudes croissantes en Europe face à l’afflux de produits chinois.

Selon les chiffres officiels publiés lundi par l’administration des Douanes, l’excédent commercial de la Chine a atteint 1.080 milliards de dollars entre janvier et novembre 2025, dépassant déjà le niveau enregistré sur l’ensemble de l’année précédente.

Ce record survient alors même que les exportations chinoises vers les États-Unis se contractent fortement. La clé de cette performance tient à la capacité de Pékin à réorienter ses flux commerciaux vers d’autres régions.

Exportations en hausse, mais chute brutale vers les États-Unis

En novembre, les exportations chinoises ont progressé de 5,9 % sur un an, un rythme supérieur aux attentes de l’agence Bloomberg, qui anticipait une hausse de 4 %. Cette embellie survient après un recul de 1,1 % en octobre, le premier depuis février, sur fond de regain des tensions commerciales entre Pékin et Washington.

Dans le détail, le contraste est saisissant entre la dynamique globale et la situation sur le marché américain. Sur la même période, les exportations vers les États-Unis se sont effondrées de 28,6 %. Elles se sont établies à 33,8 milliards de dollars en novembre, contre 47,3 milliards un an plus tôt.

Les exportations vers les États-Unis ont ainsi baissé quasiment tout au long de l’année. Mais elles sont restées, de manière globale, résilientes grâce à la diversification des débouchés commerciaux, notamment en Asie et dans les pays émergents.

Importations molles et consommation intérieure en panne

Le tableau est sensiblement moins dynamique du côté des importations. Celles-ci n’ont progressé que de 1,9 % en novembre sur un an, à un rythme inférieur à la hausse de 3 % prévue par Bloomberg. Ce décalage est perçu comme un nouveau signal de faiblesse de la demande intérieure.

Mais cette bouffée d’oxygène ne suffit pas à effacer les inquiétudes qui pèsent sur l’économie chinoise. La crise de la dette dans l’immobilier, secteur clé pour la croissance et l’emploi, continue de freiner l’investissement et d’entamer la confiance des ménages.

Une économie toujours dépendante de l’exportation

Depuis des années, les exportations jouent le rôle de moteur central de l’économie chinoise. La consommation domestique, elle, reste pénalisée par le ralentissement immobilier, un chômage élevé chez les jeunes et un vieillissement rapide de la population.

Les dirigeants chinois visent une croissance de 5 % en 2025, un objectif ambitieux au vu des vents contraires internes et externes. Une importante réunion de planification économique doit se tenir cette semaine, au cours de laquelle Pékin devrait préciser sa stratégie pour soutenir l’activité : mesures de relance ciblées, soutien au crédit, incitations à la consommation et encadrement plus strict des risques financiers.

Une guerre commerciale relancée avec Washington

Ce contexte économique s’inscrit sur fond de guerre commerciale ravivée avec les États-Unis après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Droits de douane supplémentaires, restrictions sur les technologies sensibles, mesures de rétorsion croisées : les échanges sino-américains ont été durement affectés en 2025.

Un sommet entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping, organisé le 30 octobre en Corée du Sud, a toutefois permis un début d’apaisement. Les deux dirigeants ont annoncé des mesures de détente réciproques, au moins temporaires. Reste que la forte baisse des exportations chinoises vers les États-Unis montre combien la relation commerciale demeure fragile et exposée aux soubresauts politiques.

L’Europe en première ligne face au « déversement » des produits chinois

Si les États-Unis ferment partiellement leur marché, les partenaires européens de la Chine s’inquiètent à leur tour. Avec la confrontation commerciale entre Pékin et Washington, une partie des produits chinois semble se détourner du marché américain pour se déverser sur le marché européen.

Les industriels européens, notamment dans les secteurs de l’automobile, des batteries, des technologies vertes ou encore de l’électronique, dénoncent une concurrence accrue, parfois jugée déloyale, et une pression sur les prix qui complique la transition écologique et industrielle du continent.

Les exportations chinoises restent ainsi, dans l’ensemble, résilientes, mais au prix d’un déplacement des déséquilibres. Pour Pékin comme pour ses principaux partenaires, la question n’est plus seulement le niveau record de l’excédent commercial, mais la capacité à gérer les tensions qu’il provoque sur la scène internationale.

 

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