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dimanche, mai 10, 2026
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Crise budgétaire : Lecornu prépare une loi spéciale pour éviter le blocage de l’État

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  • Le gouvernement tente d’éviter un arrêt brutal du financement public alors que l’examen du budget a échoué au Parlement.
  • Sébastien Lecornu multiplie ce lundi les rencontres avec les partis politiques pour trouver un compromis avant la présentation d’une loi spéciale, dernier recours pour maintenir l’État à flot.

   Confronté à une impasse budgétaire inédite après l’échec de l’examen du budget 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de rallier les groupes politiques autour d’un compromis. Une “loi spéciale” doit être présentée en urgence pour prolonger provisoirement le budget 2025 et éviter un “shutdown” institutionnel. Mais le gouvernement prévient : ce dispositif ne sera qu’un “service minimum”, dans l’attente d’un accord plus large.

Lecornu consulte les partis pour sortir de l’impasse

Depuis ce matin, Sébastien Lecornu a repris son marathon politique à Matignon. Le Premier ministre a déjà reçu en présentiel les présidents des groupes Renaissance et Horizons, Gabriel Attal et Paul Christophe, et consulté par téléphone les chefs de file du MoDem et de Liot, Marc Fesneau et Christophe Naegelen.

Les responsables du Parti socialiste ont rendez-vous à 10h30, avant l’accueil successif des représentants des Républicains, du Parti communiste et des Écologistes au cours de l’après-midi.

L’Objectif est de “trouver les conditions d’une solution”, a fait savoir Matignon, alors que les tentatives de compromis autour du budget ont échoué ces dernières semaines.

 Pour Sébastien Lecornu, cette journée de consultations doit permettre de reproduire le “pari gagnant” qui avait permis l’adoption du budget de la Sécurité sociale sans recourir à l’article 49.3, grâce à un fragile accord parlementaire.

Une “loi spéciale” pour éviter une paralysie de l’État

Face à l’échec des discussions sur le budget 2026, l’exécutif prépare une loi spéciale, présentée en conseil des ministres en fin de journée. Ce texte vise à reconduire provisoirement le budget 2025, permettant à l’État de continuer à lever les impôts et engager les dépenses essentielles.

Ce mécanisme exceptionnel constitue le dernier recours pour éviter une impasse budgétaire totale. S’il n’a pas encore été officiellement annoncé par le Premier ministre, il apparaît désormais incontournable pour maintenir le fonctionnement de l’administration.

 Dans la foulée, les commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat auditionneront Roland Lescure, ministre de l’Économie, et Amélie de Montchalin. Un vote express est attendu d’ici demain afin d’entériner cette loi temporaire.

 Montchalin alerte : “Pour qu’il y ait un budget, il faut un compromis”

Invitée dimanche sur BFMTV, la ministre de l’Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin a rappelé l’urgence d’un accord :

« La France doit voter son budget avant la fin janvier », a-t-elle insisté, précisant que la loi spéciale envisagée par le gouvernement n’était qu’un « service minimum ».

Elle a averti que la prochaine loi de finances devrait inclure « quelques hausses d’impôts », condition nécessaire à la construction d’un compromis politique : « Pour qu’il y ait un budget, il faut qu’il y ait un compromis », a martelé la ministre, évoquant l’exemple du budget de la Sécurité sociale adopté à 13 voix près la semaine précédente.

Pour elle, il n’est plus temps aux calculs électoraux.  « Il faut que chacun considère que le moment qui est là, ce n’est pas le tract de je ne sais quel candidat à la présidentielle », a-t-elle déclaré.

Face aux enjeux majeurs — logement, défense, narcotrafic, agriculture — Amélie de Montchalin a averti qu’«on ne peut pas dire aux gens que ça va être une année en parenthèses, une année en pause ».

 « Pour qu’il y ait un budget, il faut qu’il y ait un compromis, pas un compromis du blabla », a-t-elle prévenu.

La ministre des Comptes publics mis en garde contre les conséquences politiques d’un échec prolongé : « Si nous ne faisons pas ça (…) les Français vont zapper, ils vont passer sur une autre chaîne, la chaîne des extrêmes », a alerté la ministre.

Vers un compromis ou vers une crise prolongée ?

Si la “loi spéciale” permettra de gagner du temps, elle ne résout en rien l’équation budgétaire qui attend l’exécutif début 2025. Sébastien Lecornu doit désormais convaincre chaque force politique qu’un compromis est possible — et nécessaire — pour éviter une crise institutionnelle majeure.

La journée de consultations donnera un premier aperçu des marges de manœuvre du gouvernement. Reste à savoir si les partis accepteront de s’engager dans un accord durable, ou si la France s’apprête à revivre un long bras de fer budgétaire.

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