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Trenitalia lève 300 millions d’euros pour accélérer son expansion en France et viser Paris–Londres

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  • Ferrovie dello Stato Italiane (FS Italiane), maison mère de Trenitalia, a signé lundi 29 décembre un accord avec le fonds d’investissement américain Certares pour accélérer l’implantation de l’opérateur en France.
  • L’opération prévoit la création d’une co-entreprise Certares–Trenitalia, dotée d’un apport de 300 millions d’euros, tandis que Trenitalia France annonce un milliard d’euros d’investissements en France et au Royaume-Uni.

   Ferrovie dello Stato Italiane (FS Italiane), maison mère de Trenitalia, a signé lundi 29 décembre un accord avec le fonds d’investissement américain Certares afin d’accélérer l’implantation de Trenitalia en France. Au cœur du dispositif : une co-entreprise dotée d’un apport de 300 millions d’euros, tandis que Trenitalia France prévoit d’investir un milliard d’euros sur ses lignes en France et au Royaume-Uni, dans un contexte de concurrence frontale avec la SNCF.

Un accord transatlantique pour « accélérer la croissance »

 Le groupe ferroviaire italien veut changer d’échelle. L’accord conclu avec Certares vise à « accélérer la croissance » de Trenitalia France et à « consolider sa présence en France, au Royaume-Uni et sur les marchés transfrontaliers ». Un tournant stratégique pour l’opérateur, déjà implanté sur plusieurs axes majeurs, mais qui n’a pas encore atteint la rentabilité.

 Spécialisé dans le voyage et le tourisme, Certares apportera 300 millions d’euros via la création d’une co-entreprise Certares–Trenitalia. En parallèle, Trenitalia France annonce un effort massif : un milliard d’euros d’investissements à déployer en France et au Royaume-Uni.

Flotte renforcée, maintenance près de Paris et hausse des fréquences

 Le plan opérationnel est clairement balisé. Il prévoit d’abord d’étendre la flotte de Trenitalia à au moins 19 rames, puis d’ouvrir un site de maintenance près de Paris, un point clé pour améliorer la disponibilité du matériel et sécuriser l’exploitation.

Autre priorité : densifier l’offre. Trenitalia mise sur l’augmentation des fréquences sur ses lignes existantes, à l’image de l’axe Paris–Lyon, où l’opérateur a déjà accéléré en passant « de 9 à 14 allers-retours quotidiens ».

 Les trains à grande vitesse italiens assurent aujourd’hui des trajets depuis Paris vers Lyon, Marseille et Milan. Mais l’équation économique reste fragile : ces liaisons fonctionnent « sans être encore rentables ».

 Dans l’immédiat, Trenitalia privilégie une stratégie d’attraction : la qualité de service et des tarifs compétitifs. L’entreprise met en avant « un peu plus d’espace que dans nos TGV », « des sièges plus larges » et, en classe affaires, « des hôtesses et serveurs qui proposent boissons et collations… avec un petit chariot, comme dans les avions ». Objectif : séduire une clientèle qui compare désormais les offres comme elle le ferait entre compagnies aériennes.

La France en priorité, mais Paris–Londres dans le viseur d’ici 2029

Si la France est présentée comme « l’objectif principal » en matière de montée en puissance, l’ambition est plus large : Trenitalia veut se renforcer en Europe et s’attaquer à des lignes emblématiques.

 Le groupe entend notamment concurrencer Eurostar sur la liaison Paris–Londres d’ici 2029. Il « étudie la ligne Paris–Bruxelles », un projet évoqué lors de la présentation de son plan stratégique début décembre, signe d’une offensive progressive sur les grands corridors européens.

Certares, un acteur majeur pour muscler la distribution

Au-delà de l’injection de capital, FS Italiane souligne une ouverture future à des partenaires financiers et industriels. Certares est présenté comme un acteur majeur, avec des participations dans American Express Global Business Travel, Marietton Développement (incluant Havas Voyages et Selectour) ou encore Voyageurs du Monde.

 Pour Trenitalia, l’intérêt est aussi commercial : Certares doit faciliter la mise en place d’accords commerciaux axés sur la distribution   des produits, un levier déterminant dans une bataille où la visibilité, la réservation et l’accès aux canaux de vente pèsent autant que le matériel roulant.

Derrière l’annonce, l’effet de ciseau est net pour l’opérateur historique. Chaque espace pris par la concurrence est un terrain perdu pour l’opérateur français SNCF, qui doit déjà se battre pour conserver ses parts de marché, notamment face aux offres low cost.

 Les chiffres de remplissage illustrent la marche à franchir pour l’italien : Trenitalia affiche un taux moyen de 65% sur l’axe Paris–Lyon–Marseille, quand la SNCF revendique 80% sur ses TGV, portée par les offres à bas prix et les Ouigos. Une différence qui souligne l’urgence pour Trenitalia : augmenter les volumes, améliorer les taux de remplissage et transformer l’offensive commerciale en rentabilité.

 

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