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Transport aérien : 2025 bat tous les records et ouvre la voie à une nouvelle décennie de croissance

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  • Le transport aérien mondial a atteint un niveau inédit en 2025, dépassant pour la première fois les 1 000 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
  • Porté par près de 5 milliards de passagers transportés, le secteur affiche également des bénéfices records.

   Chiffre d’affaires au-delà des 1 000 milliards de dollars, près de 5 milliards de passagers transportés, marges en hausse : le transport aérien signe une année 2025 exceptionnelle, selon l’Iata. Une dynamique qui dope aussi Airbus et Boeing, sous pression face à 17 000 avions en attente de livraison, tandis qu’Eurocontrol dresse le tableau d’un ciel européen toujours plus fréquenté.

Le secteur du transport aérien a atteint un niveau inédit en 2025. Selon les dernières estimations de l’Association du transport aérien international (Iata), les quelque 360 compagnies membres ont dépassé un seuil symbolique : plus de 1 000 milliards de dollars (853 milliards d’euros) de chiffre d’affaires.

Cette performance s’appuie sur une hausse continue du trafic passagers. Les compagnies ont transporté 4,982 milliards de voyageurs, contre 4,89 milliards en 2024. Et la trajectoire reste ascendante : l’Iata prévoit 8,6 milliards de passagers d’ici 2043 et anticipe que la barre des 5 milliards sera franchie dès 2026, avec 5,2 milliards.

 Bénéfices records et avions pleins : la rentabilité progresse

Au-delà du volume, la rentabilité s’améliore nettement. Les compagnies aériennes affichent 39,5 milliards de dollars de bénéfices cumulés, un niveau jamais vu. Leur marge nette atteint 3,9 %, portée par un taux de remplissage moyen de 83,7 % sur l’année.

Début décembre, le directeur général de l’Iata, Willie Walsh, avait attribué cette amélioration « en particulier, à la performance meilleure qu’attendue des activités de fret aérien », et ce malgré les tensions commerciales. Il avait alors salué la « résilience » du secteur face à des « vents contraires », notamment liés aux guerres commerciales de Donald Trump.

Pour 2026, l’Iata projette des bénéfices encore en hausse, à 41 milliards de dollars, tout en évoquant « une stabilisation de la rentabilité » pour les transporteurs. Un facteur pourrait jouer en leur faveur : le repli des cours du pétrole, attendu comme un soutien aux marges.

Airbus et Boeing débordés : 17 000 avions en attente de livraison

Cette croissance nourrit mécaniquement les carnets de commandes des avionneurs, avec Airbus et Boeing en première ligne. Mais l’industrie peine à suivre. L’Iata estime que 17 000 avions sont en attente de livraison, et que le carnet de commandes représente environ 60 % de la flotte actuellement en service.

De quoi irriter les compagnies aériennes, pressées de moderniser leurs appareils. L’enjeu est économique : disposer d’avions récents, moins consommateurs de carburant, donc plus rentables, et plus faciles à intégrer dans des stratégies de réduction d’émissions.

Sur le plan commercial, 2025 pourrait également marquer un symbole : Boeing pourrait repasser devant Airbus en nombre de commandes sur un an, une première depuis sept ans, si cela se confirme lors de la publication des chiffres définitifs. Pour autant, en volume total de commandes nettes, Airbus demeure largement leader, avec 8 700 commandes contre 6 000 pour Boeing.

En Europe, 11,2 millions de vols et une demande portée par le Sud

Sur le continent européen, le trafic ne faiblit pas. Selon Eurocontrol, l’organisme qui coordonne la gestion du trafic aérien en Europe, 11,2 millions de vols ont été enregistrés en 2025, toutes compagnies confondues. Cela représente +4,5 % par rapport à 2024, d’après les chiffres publiés le 18 décembre.

Les destinations les plus demandées se situent clairement vers l’Europe du Sud, avec la Grèce, le Portugal et l’Italie en tête. Derrière, la Turquie, la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne progressent plus vite que la moyenne.

À l’inverse, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas enregistrent une croissance plus modérée. En cause : la hausse des taxes sur les billets d’avion, qu’il s’agisse des charges demandées par les aéroports ou des taxes liées à la lutte contre le réchauffement climatique. Des coûts que les compagnies répercutent sur les prix proposés aux voyageurs.

Ryanair domine, Istanbul s’impose, et l’Europe pèse 30 % du mondial

Dans le classement des compagnies, la low-cost irlandaise Ryanair conserve une longueur d’avance, avec plus de 200 millions de passagers transportés par an. EasyJet se place en deuxième position, devant Turkish Airlines, suivie de Lufthansa, puis Air France.

L’Europe représente aujourd’hui près de 30 % du volume mondial, soit environ 40 millions de vols. Selon Eurocontrol, cette part devrait encore augmenter avec la hausse des vols touristiques et d’affaires, mais aussi sous l’effet de migrations économiques et d’une demande croissante de et vers l’Afrique du Nord, la Chine et l’Asie.

Côté plateformes, Istanbul est devenu l’aéroport le plus actif du continent, avec +6 % entre 2024 et 2025, devant Amsterdam et Londres. Roissy–Charles de Gaulle arrive en quatrième position.

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