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lundi, mars 23, 2026
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Groenland : six pays européens dont la France soutiennent le Danemark face à Trump

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  • La France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont affiché mardi un soutien commun au Danemark, visé par les revendications de Donald Trump sur le Groenland.
  •  Dans une déclaration conjointe, les Européens rappellent la primauté du droit international et la nécessité d’une sécurité arctique « assurée collectivement ».

    Alors que Donald Trump réaffirme vouloir placer le Groenland sous contrôle américain, six capitales européennes se rangent publiquement aux côtés de Copenhague. Entre fermeté sur la souveraineté et précaution diplomatique pour préserver le lien transatlantique, l’Europe tente de contenir une escalade aux répercussions stratégiques majeures dans l’Arctique.

Un soutien européen coordonné à Copenhague

Mardi, Paris, Berlin, Rome, Varsovie, Madrid et Londres ont signé une déclaration commune de soutien au Danemark, directement concerné par les propos du président américain sur le Groenland. Le texte est paraphé par le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre polonais Donald Tusk, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le Premier ministre britannique Keir Starmer et la Première ministre danoise Mette Frederiksen.

Les signataires placent l’Arctique au cœur de la sécurité euro-atlantique : « La sécurité dans l’Arctique reste une priorité essentielle pour l’Europe et est cruciale pour la sécurité internationale et transatlantique. L’Otan a clairement indiqué que la région arctique était une priorité et les alliés européens intensifient leurs efforts », écrivent-ils dans la déclaration conjointe.

« Souveraineté » et « inviolabilité des frontières »  

Le message européen s’articule autour d’un rappel explicite des principes de la Charte des Nations unies et du cadre otanien.

« La sécurité dans l’Arctique doit donc être assurée collectivement, conjointement avec les alliés de l’Otan, y compris les États-Unis, en respectant les principes de la Charte des Nations unies, notamment la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières. Il s’agit là de principes universels, et nous continuerons à les défendre sans relâche », préviennent Emmanuel Macron et ses homologues.

Dans la même logique, la déclaration souligne que les États-Unis restent, aux yeux des signataires, « un partenaire essentiel dans cette entreprise », en référence aux engagements de Washington via la charte de l’OTAN et l’accord de défense conclu entre le Royaume du Danemark et les États-Unis en 1951.

 « Il appartient au Danemark et au Groenland, à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland« , mentionnent – t-ils

Cette prise de position constitue la première réponse coordonnée des principaux alliés européens à une volonté assumée de Donald Trump, au moment où les capitales du continent cherchent encore comment empêcher encore un affaiblissement du droit international sans provoquer une rupture frontale avec la Maison Blanche — notamment sur fond de préoccupations liées à l’assistance américaine à l’Ukraine.

Trump persiste à bord d’Air Force One

Dimanche, à bord d’Air Force One, Donald Trump a réaffirmé son objectif : faire passer le Groenland sous contrôle américain. « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », a-t-il déclaré aux journalistes.

Le président américain a également ajouté : « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans 20 jours », une formule qui a ravivé les inquiétudes à Copenhague.

Dans le même temps, l’actualité internationale — notamment l’intervention militaire américaine au Venezuela, perçue comme révélatrice de l’intérêt de Donald Trump pour des ressources stratégiques — a alimenté la crainte de voir le Groenland, convoité pour ses ressources minières et sa position géographique, devenir un nouvel objet de tension.

Frederiksen dénonce des « menaces » contre un allié historique

La Première ministre danoise a répondu publiquement, appelant les États-Unis à changer de ton.

« Je demande instamment aux Etats-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas à vendre », a écrit Mme Frederiksen dans un communiqué dimanche soir.

Elle a insisté sur l’inanité de l’hypothèse d’une prise de contrôle américaine : « Je dois le dire très clairement aux États-Unis: il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland », a-t-elle ajouté.

La cheffe du gouvernement danois a enfin rappelé que le Royaume du Danemark « fait partie de l’OTAN et bénéficie ainsi de la garantie de sécurité de l’alliance », alors que Copenhague demeure un allié traditionnel de Washington, notamment dans ses approvisionnements en armement.

Une publication sur X qui jette de l’huile sur le feu

Les tensions ont également été ravivées par une publication sur X : Katie Miller, l’épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche Stephen Miller, a partagé une carte du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, accompagnée d’une légende en capitales : « SOON » (« bientôt »).

Selon le texte fourni, Katie Miller a été un temps conseillère et porte-parole de la Commission pour l’efficacité gouvernementale (Doge), alors dirigée par Elon Musk, avant d’être employée par le milliardaire dans le secteur privé.

 L’Arctique, nouveau point de friction transatlantique

En filigrane, la crise met en lumière l’importance croissante du Grand Nord dans les équilibres stratégiques : routes maritimes, posture militaire et compétition autour des ressources. En affichant un soutien explicite au Danemark, les Européens cherchent à verrouiller un principe — la souveraineté — tout en rappelant, sans ambiguïté, que la sécurité arctique ne peut se concevoir qu’au sein d’un cadre collectif, « conjointement avec les alliés de l’OTAN, y compris les États-Unis ».

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