- La Commission européenne a proposé une alternative aux droits de douane antidumping instaurés en octobre 2024 sur les véhicules électriques fabriqués en Chine.
- Bruxelles envisage des prix d’importation minimums afin de corriger les effets des subventions et rétablir une concurrence jugée plus équitable.
Après l’instauration de droits de douane antidumping en octobre 2024, l’Union européenne propose une alternative : des prix d’importation minimums censés neutraliser l’effet des subventions chinoises et rétablir une concurrence « équitable ».
Pékin salue « l’esprit de dialogue », tandis que Bruxelles prévient que le nouveau système devra compenser de façon « crédible » des aides jugées « omniprésentes ».
Une alternative aux droits antidumping de 2024
La Commission européenne a proposé lundi une option de rechange aux droits de douane antidumping instaurés en octobre 2024 sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. Selon Bruxelles, ces voitures bénéficient de subventions qui « faussent la concurrence » au détriment des constructeurs européens.
Cette initiative intervient après des mois de discussions entre l’UE et la Chine, alors que les surtaxes avaient ravivé les tensions et divisé les États membres sur la stratégie à adopter face à Pékin.
Le plan de Bruxelles : des prix d’importation minimums
Au cœur de la proposition : un système d’engagement de prix. Les fabricants chinois seraient amenés à augmenter leurs tarifs afin de réduire l’écart de compétitivité avec leurs rivaux européens.
D’après un document publié par la Commission européenne, des prix d’importation minimums devront être fixés pour « corriger les effets du subventionnement » reproché par l’UE aux fabricants chinois de véhicules électriques. Objectif : éliminer les distorsions de concurrence que Bruxelles attribue à l’ampleur des aides publiques accordées au secteur.
La Commission promet un examen encadré et uniforme des propositions des industriels.
« Chaque offre d’engagement de prix est soumise aux mêmes critères juridiques et la Commission européenne effectuera chaque évaluation de manière objective et équitable, en suivant le principe de non-discrimination et conformément aux règles de l’OMC », indique le document.
Pékin se félicite des « progrès » et mise sur la consultation
La réaction chinoise met en avant une volonté d’apaisement. Le ministère chinois du Commerce a salué la dynamique engagée avec l’UE : « Ces progrès reflètent pleinement l’esprit de dialogue et les résultats des consultations entre la Chine et l’UE », a-t-il déclaré.
Même ligne dans la suite du communiqué, où Pékin insiste sur une sortie de crise par la négociation :
« La Chine et l’UE ont la capacité et la volonté de résoudre correctement les différends par le biais de la consultation ».
BYD, Geely, SAIC : des surtaxes pouvant atteindre 35% en Europe
Le débat se joue sur un marché déjà sous tension. BYD, Geely et SAIC figurent parmi les constructeurs chinois soumis à des droits de douane additionnels pouvant aller jusqu’à 35% dans l’Union européenne. Ces surtaxes varient selon les marques et s’ajoutent au taux de base de 10%.
Bruxelles avertit toutefois que le futur mécanisme ne pourra être qu’un affichage : le système de prix minimums devra « compenser de manière crédible » l’effet des subventions, considérées comme multiformes et omniprésentes dans l’industrie chinoise.
Un dossier politique explosif au sein de l’Union
L’épisode d’octobre 2024 a laissé des traces. L’instauration des surtaxes a marqué les relations UE–Chine, sur fond de menaces de représailles de Pékin et de fractures entre capitales européennes.
À l’époque, la Commission avait défendu une réponse ferme, estimant que sans action, les constructeurs européens risquaient d’être écartés de la course à la mobilité décarbonée. Bruxelles évoquait alors des conséquences lourdes pour l’emploi, citant 2,5 millions d’emplois directs et 10,3 millions d’emplois indirects liés à la filière automobile dans l’Union européenne.
Vers un compromis sous conditions
En misant sur des prix planchers à l’importation, la Commission européenne tente de trouver une voie médiane : préserver l’industrie européenne sans basculer dans une escalade commerciale avec la Chine.
Reste à trancher la question centrale : à quel niveau fixer ces prix minimums pour corriger réellement l’effet des subventions — tout en restant conforme aux règles de l’OMC et acceptable pour les constructeurs concernés.
