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Budget 2026 : à l’Assemblée, Roland Lescure presse les députés de trouver un compromis

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  • Le projet de loi de finances pour 2026 revient dans l’Hémicycle, dans un climat de défiance après son rejet massif en première lecture.
  • Le gouvernement tente d’arracher un compromis, sous la menace de motions de censure et d’un possible recours au 49-3.

   Devant des députés sceptiques, Roland Lescure affirme que le budget 2026 est « à portée de main » et presse l’Assemblée de sortir du régime de la « loi spéciale », jugée pénalisante pour l’économie. Amélie de Montchalin défend la « méthode du compromis » mais pointe trois sujets encore explosifs : collectivités, dépenses d’avenir et pouvoir d’achat, alors que des motions de censure seront débattues mercredi.

Un budget 2026 de retour sous haute tension à l’Assemblée

Mardi 13 janvier, le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure a assuré aux députés que le budget de l’État « est à portée de main », alors que l’Assemblée nationale examine pour la deuxième fois le projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Une séquence parlementaire relancée à partir de la version adoptée au Sénat, après un rejet quasi unanime en première lecture dans l’Hémicycle.

Dans un hémicycle où peu croient à une adoption sans procédure accélérée, l’exécutif sait que l’ombre de l’article 49-3 plane à nouveau sur les débats, voire l’hypothèse d’un passage par ordonnances.

« Mettons-nous d’accord » : l’appel direct de Roland Lescure

Dans une intervention d’à peine plus de cinq minutes, Roland Lescure a exhorté les forces politiques à franchir la dernière marche. « L’urgence est de s’accorder sur le fond, un dernier effort est nécessaire : une grande partie d’entre vous souhaitent y arriver, a-t-il ajouté, mettons-nous d’accord, réduisons les dégâts, et permettons à la France d’avancer ».

Le ministre a insisté sur l’idée que les échanges entre groupes avaient fait évoluer les positions, estimant les discussions des derniers mois — et même « des dernières heures » — « extrêmement utiles ».

« Nous nous sommes écoutés, cette clarification de nos positions demandait du temps, l’heure est désormais aux solutions », a-t-il déclaré.

La « loi spéciale » jugée intenable : « elle pénalise l’économie »

Roland Lescure a surtout ciblé le statu quo budgétaire, encore régi par une « loi spéciale » reconduisant temporairement dépenses et recettes de l’année précédente. Pour le ministre, impossible de s’installer durablement dans cette situation, car « elle pénalise l’économie, et n’est pas à la mesure des bouleversements mondiaux qui se sont accélérés au cours des derniers jours ».

Selon lui, ce dispositif « maintient l’incertitude » et « aggrave nos finances publiques ». Il a pointé le niveau du déficit prévu dans la version votée au Sénat en décembre : « près de 5,4 % du PIB, ce qui est parfaitement inacceptable ».

Marchés, défense, entreprises : le gouvernement met en avant les conséquences

Au-delà de la bataille politique, le ministre a défendu l’urgence financière. « Nous devons préserver la confiance des investisseurs », a-t-il insisté, rappelant que la France doit lever « 310 milliards d’euros sur les marchés cette année ».

Autre argument mis en avant : l’impact concret sur des priorités nationales. Sans budget, a-t-il prévenu, pas de hausse des dépenses de défense de 6,7 milliards d’euros cette année. Et « l’absence de budget prive nos entreprises d’un cap », a-t-il ajouté, plaidant pour une visibilité rapide.

« De nouveau capables d’arriver à un compromis » : l’exécutif veut croire à une sortie de crise

S’appuyant sur l’adoption de justesse du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) en décembre, Roland Lescure s’est dit convaincu que l’Assemblée pouvait aboutir.

« Nous sommes de nouveau capables d’arriver à un compromis sur ce budget, à un texte acceptable pour une majorité d’entre vous, même si, évidemment, personne n’en sera totalement satisfait », a-t-il indiqué

Le ministre a rappelé la ligne d’équilibre recherchée : un texte final visant à limiter le déficit public à 5 % du PIB maximum, et à « partager l’effort entre les acteurs économiques ».

Amélie de Montchalin : trois points de blocage avant le vote

Dans la foulée, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a défendu la stratégie gouvernementale : « la méthode du compromis fonctionnait » et « c’est la seule qui permette, dans une Assemblée fragmentée, de continuer à avancer ». Mais, selon elle, trois dossiers restent à trancher pour rapprocher les positions.

Elle a cité d’abord « le financement des collectivités » pour lequel, à ses yeux, « le travail de convergence qui est devant [eux] est le plus important. C’est pourquoi le gouvernement appelle les articles sur ce sujet dès ce soir ». Puis les « dépenses d’avenir » (jeunesse, enseignement, recherche, transition écologique, logement) et, enfin, le pouvoir d’achat.

 Motions de censure : « le chaos à la responsabilité »

La tension politique devrait encore monter d’un cran mercredi, avec l’examen de motions de censure à l’initiative du Rassemblement national et de La France insoumise. Amélie de Montchalin a averti contre une crise institutionnelle, estimant que « le danger » serait « de préférer la censure au compromis, le chaos à la responsabilité, l’impasse au travail ».

D’ici là, l’exécutif tente d’arracher une majorité de circonstance. Objectif affiché : un budget « acceptable » et un déficit contenu, pour tourner la page d’une séquence parlementaire instable — et éviter qu’une nouvelle confrontation ne précipite le pays dans l’inconnu.

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