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Rappel lait infantile Guigoz /Nidal : deux enquêtes après la mort de nourrissons en France

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  • Deux nourrissons sont décédés ces dernières semaines à Angers et dans la banlieue de Bordeaux, après avoir consommé un lait infantile faisant l’objet d’un rappel.
  • Deux enquêtes judiciaires distinctes ont été ouvertes, tandis que les autorités insistent sur l’absence, à ce stade, de « lien de causalité » établi.

   Depuis le 5 janvier 2026, Nestlé a lancé un vaste rappel de laits infantiles Guigoz et Nidal pour une possible contamination à Bacillus cereus et à la céréulide, une toxine pouvant provoquer de sévères troubles digestifs. En France, la situation prend une tournure judiciaire : après le décès d’un bébé à Pessac, puis celui d’un autre nourrisson à Angers, les parquets ont ouvert deux enquêtes. Dans un contexte déjà anxiogène, Radio France révèle aussi une faiblesse structurelle : l’absence de laboratoire national de référence capable d’analyser les laits infantiles en poudre.

 Selon les informations de Radio France, deux enquêtes distinctes ont été ouvertes à Angers et Bordeaux après les décès récents de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de « possible contamination » par une substance d’origine bactérienne, sans « lien de causalité » établi pour l’heure, selon les autorités.

À Angers, une enquête a été ouverte après le décès d’un nourrisson le 23 décembre, âgé de 27 jours. C’est la mère de la petite fille qui a recontacté les enquêteurs pour évoquer une boîte de lait Guigoz donnée auparavant à son bébé. En début de semaine, elle a indiqué aux enquêteurs que sa fille avait consommé ce lait, poussant le parquet à agir rapidement.

Le procureur a ainsi saisi « en urgence » un laboratoire. Mais Éric Bouillard, procureur de la ville d’Angers, temporise : « C’est une piste sérieuse, mais il est beaucoup trop tôt pour dire que c’est la piste principale« .

Cette enquête s’ajoute à celle ouverte à Bordeaux après la mort d’un bébé né le 25 décembre et décédé le 8 janvier à l’hôpital Haut-Lévêque de Pessac, dans la banlieue bordelaise. Les dates de consommation, précisées par le parquet, coïncident avec la période du rappel.

 « Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait notamment été alimenté, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l’objet d’un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus Cereus », a indiqué Renaud Gaudeul, procureur de la République à Bordeaux.

Là encore, les autorités se veulent prudentes : à ce stade, aucun lien de causalité n’est établi entre les décès et les laits consommés. Mais la concomitance entre rappel, consommation et décès pourrait renforcer l’angoisse de nombreux parents dont les nourrissons consomment ces produits.

Céréulide et Bacillus cereus : ce que l’on sait du risque évoqué

Depuis le 5 janvier, Nestlé, géant suisse de l’agroalimentaire, a engagé un vaste rappel de laits infantiles Guigoz et Nidal à cause de la présence potentielle de céréulide dans des produits pourtant très contrôlés.

Ce composant toxique, produit dans certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus, peut causer d’importants troubles digestifs — vomissements et diarrhées — dans les heures suivant sa consommation. Un signal sanitaire qui, même s’il ne permet pas d’établir un lien direct avec les décès, justifie les retraits massifs de lots engagés dans plusieurs pays.

Autre élément mis en lumière par Radio France : il n’existe pas, à ce jour, de laboratoire national de référence capable d’analyser les laits infantiles en poudre. Une difficulté technique qui complique la confirmation rapide d’une contamination, et donc la réponse sanitaire.

Toujours selon les mêmes informations, il n’existe pas non plus de centre national de référence pour l’analyse des selles des nourrissons. Seul un laboratoire rattaché à l’Anses serait accrédité pour détecter la toxine incriminée. Un constat qui interroge sur la capacité du pays à investiguer vite et de façon standardisée lors d’alertes alimentaires touchant des nourrissons.

 Dans un communiqué, le gouvernement assure que « les services de l’Etat sont pleinement mobilisés » et évoque une « surveillance continue ». Tout en précisant : « il n’a pas été mis en évidence à ce stade de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons ».

Dans ce contexte, les parents utilisant ces marques sont invités à la plus grande prudence et à bien vérifier les numéros de lots de leur lait infantile. Les rappels sont généralement accompagnés de références précises (numéros de lot, dates, circuits de distribution) permettant d’identifier les produits concernés.

En cas de symptômes digestifs brutaux chez un nourrisson — vomissements répétés, diarrhées, signes de déshydratation — la recommandation reste claire : contacter rapidement un professionnel de santé, sans attendre, et conserver l’emballage du produit pour faciliter d’éventuelles vérifications.

 

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