8.3 C
Paris
dimanche, mars 22, 2026
AccueilActualitéAsile, expulsions, régularisations : ce que révèle le rapport immigration 2025

Asile, expulsions, régularisations : ce que révèle le rapport immigration 2025

Date:

  • Le rapport annuel du ministère de l’Intérieur, publié ce mardi, dresse un tableau contrasté de l’immigration en France.
  • Hausse spectaculaire des interpellations et des expulsions, progression des titres de séjour, recul des régularisations et légère baisse des demandes d’asile
  • Les chiffres traduisent un durcissement des contrôles, mais aussi une politique d’accueil toujours active, notamment pour motifs humanitaires.

   Plus de 190.000 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés en France en 2025, soit une hausse de 30 % par rapport à 2024, selon les chiffres publiés par la direction générale des étrangers en France (DGEF).

Une progression qui illustre l’intensification des contrôles sur le territoire. Les expulsions d’étrangers, appelées officiellement « éloignements », ont augmenté de 15,7 % sur un an et atteignent leur « niveau le plus haut observé depuis 2014 », souligne la DGEF.

Au total, 24.985 étrangers ont été expulsés en 2024, dont plus de 15.000 par des éloignements forcés. Les autres ont quitté le pays par une procédure d’éloignement « aidé » ou « spontané ».

L’Algérie reste le premier pays de destination des personnes expulsées (10 %), même si les retours vers ce pays reculent de 15 % par rapport à 2024, une année déjà marquée par un niveau très élevé. Suivent le Maroc, la Tunisie, la Géorgie, la Roumanie et l’Albanie.

Régularisations en baisse après la circulaire Retailleau

Les régularisations d’étrangers en situation irrégulière s’inscrivent en recul. 28.610 personnes ont été régularisées en 2025, soit une baisse de 10 %.

Un repli directement lié à la circulaire Retailleau, qui durcit les conditions d’accès à un titre de séjour. Il faut désormais justifier de sept ans de présence sur le territoire contre cinq auparavant, ou de trois années d’ancienneté pour les métiers en tension.

 À l’inverse, les nouveaux titres de séjour (hors renouvellements) sont en hausse de 11,5 %, avec 384.230 titres délivrés. Cette progression s’explique notamment par la multiplication des titres pour motif « humanitaire ».

Les titres de séjour économiques, quant à eux, reculent de 13 %, tandis que le titre étudiant demeure le premier motif d’attribution.

Les titres de séjour accordés aux ressortissants du Maghreb reculent globalement. En 2025, 36.100 titres ont été délivrés à des Marocains, soit une baisse de 2,3 %, tandis que 28.000 Algériens ont obtenu un titre de séjour (-4,6 %). La diminution est encore plus marquée pour les Tunisiens, avec 21.100 titres délivrés, en recul de 6,2 % sur un an.

À l’inverse, les titres accordés aux Afghans bondissent à 18.000, soit +45,8 %, principalement pour des raisons « humanitaires ».

Autre hausse spectaculaire : 14.400 titres ont été délivrés à des ressortissants ukrainiens (+306,4 %). Une augmentation qualifiée de « conjoncturelle », liée aux nombreuses demandes d’asile déposées en 2024.

Les demandes d’asile reculent de 3,7 % en 2025, avec 151.665 demandes enregistrées. « Les demandes sont orientées à la baisse pour la deuxième année consécutive », a précisé à l’AFP Guillaume Mordant, responsable du département statistique de la DGEF.

 Les principaux pays de provenance des demandeurs d’asile sont l’Ukraine, la République démocratique du Congo (RDC) et l’Afghanistan, chacun autour de 11.500 demandes, suivis par Haïti, le Soudan et la Guinée.

« Plus d’une demande sur deux s’est vu attribuer l’asile », souligne Guillaume Mordant, rappelant qu’« on était plutôt autour de 40 % il y a cinq ou six ans« .

Enfin, 62.235 personnes ont acquis la nationalité française en 2025, soit une baisse de 6,8 % après une année jugée « assez élevée ». Cette diminution s’explique par une chute de 13,5 % des acquisitions par décret, dans le sillage d’une circulaire de mai durcissant les conditions d’octroi.

Les plus populaires