- Danone a annoncé, ce jeudi 5 février, l’extension de ses rappels de laits infantiles en France et dans plusieurs pays européens, après la révision par l’EFSA du seuil toléré de céréulide, une toxine susceptible de provoquer vomissements et diarrhées.
- Plusieurs centaines de lots sont concernés, dans un contexte de rappels en chaîne sur le marché du lait infantile.
Danone a élargi, jeudi 5 février, ses rappels de lait infantile en France et dans plusieurs pays européens, dont la Pologne, l’Autriche, l’Allemagne, la Hongrie, la Roumanie et la Suisse, selon le groupe agroalimentaire et des autorités nationales de santé.
Au total, plusieurs centaines de lots sont visés. Plus de 120 lots seraient concernés en Autriche et en Allemagne (marques Aptamil et Milumil), tandis qu’en France, près de 119 lots sont signalés, avec 19 références mentionnées, notamment des laits Gallia et Blédilait, recensés sur le site officiel Rappel Conso.
Ces rappels interviennent après une mise à jour, annoncée lundi, par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) concernant le seuil toléré de céréulide dans les préparations infantiles. La céréulide est une toxine produite par certaines bactéries, pouvant provoquer diarrhées et vomissements.
La substance a été détectée dans une huile riche en acide arachidonique, produite par l’industriel chinois Cabio Biotech, fournisseur cité comme travaillant pour plusieurs grands groupes de l’agroalimentaire.
Les autorités françaises avaient anticipé l’effet domino de ce changement de seuil. « Il faut s’attendre à de nouveaux rappels », avait souligné la Direction générale de l’Alimentation (DGAL), tout en écartant un risque de rupture d’approvisionnement : les retraits resteraient « modestes par rapport aux volumes » fabriqués.
Une cascade de rappels depuis ceux de Nestlé dans plus de 60 pays
L’épisode s’inscrit dans une crise plus large du secteur. Le rappel par Nestlé de dizaines de lots de laits infantiles, dans plus de 60 pays depuis la mi-décembre, a entraîné une cascade de retraits similaires dans le monde. Danone et Lactalis, mais aussi des acteurs plus modestes d’un marché en forte croissance, ont été touchés à leur tour.
En France, des enquêtes pénales ont été ouvertes à Bordeaux et Angers après la mort de deux nourrissons ayant consommé des laits Nestlé rappelés. À ce stade, aucun lien direct n’a été établi. Cinq autres nourrissons ont également été hospitalisés après consommation de produits concernés, puis sont tous sortis de l’hôpital, les autorités sanitaires rappelant là encore qu’aucun lien direct n’était établi à ce stade avec cette toxine.
Danone multiplie les retraits depuis la mi-janvier
Pour Danone, les rappels se succèdent depuis la mi-janvier. Le 17 janvier, des lots avaient été bloqués par les autorités à Singapour, provoquant une chute marquante du titre du groupe à la Bourse de Paris. Le 23 janvier, l’entreprise avait déjà annoncé unélargissement de ses rappels, évoquant des retraits « sur certains marchés ciblés, d’un nombre très limité de lots spécifiques », sans détailler alors la liste des pays concernés.
« Nous souhaitons rassurer tous les parents : nos formules infantiles sont sûres. Toutes les formules pour bébés de nos marques sont produites selon des normes strictes de sécurité des aliments et font l’objet de contrôles rigoureux avant de quitter nos usines », rassure le groupe ce jeudi
Que doivent faire les parents ?
Les autorités recommandent aux consommateurs de vérifier les références et numéros de lots indiqués sur les emballages et publiés via les canaux officiels (notamment Rappel Conso). En cas de produit concerné, il est conseillé de ne pas le consommer et de suivre la procédure de retour/remboursement indiquée par les distributeurs.
Avec l’abaissement du seuil de référence, la DGAL a prévenu que la liste pourrait encore s’allonger. Le dossier reste donc évolutif, alors que les industriels et autorités sanitaires ajustent leurs contrôles aux nouvelles recommandations européennes.
