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AME : Sébastien Lecornu signe deux décrets pour réformer l’Aide médicale d’État et renforcer la lutte contre la fraude

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  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce la publication de deux décrets réformant l’Aide médicale d’État (AME).
  • L’un vise à « renforcer la lutte contre la fraude » avec « des perspectives d’économies de 180 millions d’euros », l’autre modernise les systèmes informatiques pour fluidifier le traitement des dossiers.
  • Tout en défendant un dispositif « absolument indispensable d’un point de vue sanitaire », Matignon ouvre aussi la porte à une évolution du « panier de soins », sans calendrier immédiat.

   Dans une interview accordée à la presse quotidienne régionale et publiée ce samedi 7 février, Sébastien Lecornu assume une ligne de maintien, malgré les contestations récurrentes de la droite et de l’extrême droite. L’Aide médicale d’État, destinée aux étrangers en situation irrégulière disposant de faibles ressources, « est, contrairement à ce qu’avance le RN, absolument indispensable d’un point de vue sanitaire. Il faut donc le conserver », affirme le Premier ministre.

Pour autant, l’exécutif entend faire évoluer l’outil, jugé perfectible sur le plan du contrôle et du traitement administratif. « Il faut donc le conserver » mais aussi « le réformer », insiste-t-il.

Deux décrets au Journal officiel : contrôle renforcé et modernisation

Le chef du gouvernement précise avoir acté une première étape réglementaire : « Je viens donc de signer deux décrets (…) qui paraissent au Journal officiel de ce dimanche ».

Premier volet : la lutte contre les abus. Le texte « renforce la lutte contre la fraude » dans les dossiers déposés, avec à la clé « des perspectives d’économies de 180 millions d’euros », selon Sébastien Lecornu.

Deuxième volet : la simplification des circuits administratifs. Le décret « modernise les systèmes informatiques de l’État afin que tous les fonctionnaires (des consulats notamment, ndlr) en charge du dossier puissent y avoir accès », développe le Premier ministre. Une réforme présentée comme technique, mais stratégique, pour éviter les lenteurs, améliorer la coordination et sécuriser l’instruction des demandes.

 Au-delà des mesures annoncées, l’exécutif n’écarte pas une réforme plus sensible : celle des soins pris en charge dans le cadre de l’AME. Sébastien Lecornu estime qu’il « faudra sans doute » revoir le « panier de soins » auquel ont droit les immigrés sans-papiers. Mais il temporise : « Mais à ce stade, les choses ne sont pas prêtes ».

Sébastien Lecornu rappelle avoir reçu, peu après son arrivée à Matignon en septembre, les auteurs d’un rapport de 2023 consacré à l’AME : l’ancien ministre socialiste Claude Évin et le haut fonctionnaire Les Républicains Patrick Stefanini.

Ce travail défendait globalement le dispositif, tout en suggérant des ajustements : certaines prestations pourraient ne plus être accordées automatiquement, et l’accès à l’AME pourrait davantage tenir compte des ressources du foyer du demandeur.

Des préfectures aidées par l’IA dès 2026

Le Premier ministre annonce enfin une autre réforme administrative, cette fois tournée vers la gestion migratoire. Pour « aider les préfectures à traiter les demandes en matière migratoire », il dit avoir demandé à ses ministres de l’Intérieur et de la Fonction publique, Laurent Nuñez et David Amiel, de « développer une application d’intelligence artificielle pour accélérer le traitement des visas et soulager le travail (des) agents ».

Cinq préfectures seront « pilotes » en 2026, notamment en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, et « une généralisation est prévue pour 2027 ».

Avec ces deux décrets, Matignon cherche à tenir une ligne d’équilibre : défendre l’AME au nom de la santé publique, tout en répondant aux critiques sur les dérives et les coûts. La bataille politique autour du dispositif, elle, ne devrait pas faiblir : le gouvernement acte une réforme administrative immédiate, tout en laissant ouverte la possibilité d’évolutions plus structurantes sur le contenu des soins.

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