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PPE 2035 : Sébastien Lecornu annonce la publication « en fin de semaine prochaine » du décret sur la feuille de route énergétique

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  • Attendue depuis deux ans et demi, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) — la feuille de route énergétique française jusqu’en 2035 — doit enfin être publiée.
  • Sébastien Lecornu promet de signer « en fin de semaine prochaine » le décret de publication, au nom de « l’urgence », tout en confirmant l’inscription de six EPR et un ajustement du rythme des renouvelables, sur fond d’électrification jugée trop lente.

   Le gouvernement s’apprête à tourner une page attendue de longue date dans la planification énergétique. Sébastien Lecornu annonce qu’il signera « en fin de semaine prochaine » le décret de publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), document stratégique qui fixe les orientations de la France en matière d’énergie jusqu’en 2035.

Dans un entretien à la presse régionale, le Premier ministre souligne la priorité politique du sujet : l’énergie « est probablement un des dossiers les plus urgents » à traiter. Il assume le choix de la voie réglementaire, justifiant la publication par décret « en raison de l’urgence » et parce qu’il estime que « les débats ont largement eu lieu ».

La PPE, attendue depuis deux ans et demi, avait été retardée « en raison de divisions politiques sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables », dans un contexte où la France cherche à concilier souveraineté énergétique, baisse des émissions et acceptabilité locale des projets.

« Six réacteurs EPR seront inscrits dans la PPE et huit supplémentaires en option », Sébastien Lecornu

Sur le volet nucléaire, Sébastien Lecornu confirme une trajectoire conforme aux annonces présidentielles faites en 2022 à Belfort : six réacteurs EPR « seront inscrits dans la PPE et huit supplémentaires en option ». Une façon d’ancrer une montée en puissance du parc de production pilotable, présentée comme indispensable à la stabilité du système électrique et à la décarbonation.

Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation de l’offre, au moment où la demande future d’électricité demeure au cœur des scénarios, notamment avec la transition des transports, du chauffage et d’une partie de l’industrie.

Renouvelables : l’éolien terrestre et le solaire vers un rythme moins soutenu

La nouvelle PPE devrait aussi marquer un infléchissement sur certaines filières. Selon le gouvernement, le document « s’achemine vers un ralentissement de l’éolien terrestre et du solaire » car l’électrification de l’économie — l’un des leviers majeurs pour réduire les énergies fossiles — « avance moins vite que prévu ».

Pour l’exécutif, il s’agit d’ajuster la cadence de développement à la réalité des usages, sans abandonner les objectifs de transition. Le gouvernement dit vouloir continuer à investir « dans l’éolien en mer, le photovoltaïque, la géothermie » et l’éolien terrestre.

Mais sur ce dernier, Sébastien Lecornu met en avant un enjeu de terrain : l’éolien terrestre « est parfois source de conflit localement». Pour limiter l’impact paysager et éviter la dispersion des implantations, « la priorité sera donc donnée à la remotorisation des parcs existants avec des turbines plus puissantes pour éviter le mitage des paysages », précise-t-il.

Un « grand plan » pour électrifier mobilité, bâtiments et industrie

La publication de la PPE pourrait être accompagnée d’un « grand plan autour de l’électrification des usages » (mobilité, bâtiment, industrie). Objectif du gouvernement est d’accélérer la substitution des énergies fossiles par l’électricité dans les secteurs les plus émetteurs.

Sébastien Lecornu estime qu’il « faudra réfléchir à des incitations pour accélérer » cette électrification afin « d’arriver à ce que 60% de notre consommation en 2030 soit électrique ». Une ambition qui suppose des investissements dans les réseaux, les solutions de flexibilité, et des signaux économiques suffisamment lisibles pour orienter les choix des ménages comme des entreprises.

Alors que la question du coût de l’énergie reste centrale pour le pouvoir d’achat et la compétitivité, le Premier ministre veut rassurer. Le prix de l’électricité « n’augmentera pas en France », promet-il, en misant sur une « stratégie ambitieuse d’offre ». En creux : l’idée qu’un mix renforcé — notamment grâce au nucléaire et au développement ciblé des renouvelables — doit permettre d’éviter une tension durable sur les prix.

D’autres annonces : loi de programmation militaire et décentralisation

Au-delà du dossier énergétique, Sébastien Lecornu annonce un calendrier parlementaire sur la défense : la mise à jour de la loi de programmation militaire « arrivera à l’Assemblée nationale dès avril pour être adoptée avant le discours aux Armées du président de la République, le 13 juillet ». Le projet de budget 2026 prévoit 57,2 milliards d’euros pour les armées (+13%), dont 3,5 milliards d’euros de « surmarche » non prévue par la LPM actuelle, le président ayant souhaité une autre « surmarche » de 3 milliards d’euros pour 2027.

Enfin, le chantier de la décentralisation ne se fera pas via un texte unique : il sera décliné en « plusieurs textes », la « concertation » n’étant « pas terminée ». Un premier portera sur « la vie des collectivités locales, avec une cinquantaine de mesures de simplification et de clarification » et sera présenté « avant les municipales ».

Un second traitera de « la réforme de l’État, la décentralisation et la clarification d’un certain nombre de compétences ». Un troisième, « spécifique », visera « la simplification du mille feuilles de la métropole du Grand Paris », présenté « après consultation » des acteurs.

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