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IA générative et jeux vidéo : le gouvernement lance une commission sur les risques pour les mineurs

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  • Face à l’explosion des usages d’IA générative et aux inquiétudes sur la santé mentale des plus jeunes, le ministère du Numérique et de l’Intelligence artificielle lance une commission d’experts pilotée par le Cianum.
  • Objectif : objectiver les risques, évaluer l’efficacité des dispositifs de protection des mineurs et déboucher sur des mesures concrètes, avec des conclusions attendues en mai 2026.

   Le gouvernement veut accélérer sur l’encadrement des nouveaux usages numériques. Dans un communiqué publié samedi 21 février, le ministère du Numérique et de l’Intelligence artificielle annonce le lancement d’une commission d’experts chargée de se pencher sur « les risques et les vulnérabilités engendrées par les usages grand public » des outils d’IA générative.

 La ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, assume une approche fondée sur l’expertise scientifique. « Ce travail scientifique va directement guider notre action et se traduira en mesures concrètes », promet-elle, citée dans le communiqué. La commission doit rendre ses conclusions en mai 2026.

Coordonnée par le Conseil de l’IA et du numérique (Cianum), la commission sera présidée par Serena Villata, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de l’intelligence artificielle. Les professeurs en psychiatrie Raphaël Gaillard et Amine Benyamina — spécialiste des addictions — figurent également parmi les personnalités appelées à structurer les travaux.

L’enjeu : produire une lecture documentée des effets de ces technologies et des pratiques numériques associées, au moment où l’IA générative est entrée dans le quotidien d’une partie croissante de la population.

Macron en toile de fond : santé mentale et jeunes publics

 La commission s’inscrit dans le cadre d’une annonce faite début février par le président Emmanuel Macron, demandant des études sur les dangers des jeux vidéo et des agents d’IA, notamment pour la santé mentale des plus jeunes. Une préoccupation renforcée par l’ampleur des usages : près de la moitié des Français ont utilisé l’IA générative en 2025, selon le Baromètre du numérique, avec un recours particulièrement élevé chez les 18-24 ans (85 %).

Derrière ces chiffres, un même fil conducteur : mesurer l’exposition des publics, identifier les situations à risque et adapter les outils de prévention à un écosystème numérique qui change vite.

 Jeux vidéo : une mission pour mesurer les effets et adapter les protections

Selon le communiqué, cette décision ne concerne pas uniquement l’intelligence artificielle. Elle élargit également le champ de la réflexion au secteur du jeu vidéo, présenté comme un enjeu à la fois culturel, économique et de santé publique.

 Le texte précise que cette initiative s’inscrit « dans la continuité de la réflexion engagée à l’automne dernier par le Président de la République sur la démocratie à l’ère des réseaux sociaux et des environnements numériques ». Dans ce cadre, Rachida Dati, ministre de la Culture, et Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, « lancent une mission auprès du Conseil de l’Intelligence artificielle et du numérique », indique le communiqué.

 Toujours selon le document, cette mission devra produire une analyse scientifique des effets, « tant positifs que négatifs », et des risques potentiels, afin d’éclairer l’action publique et d’identifier, le cas échéant, les leviers d’adaptation des politiques existantes.

Cette mission doit produire « une analyse scientifique des effets (tant positifs que négatifs) et risques potentiels des jeux vidéo », afin « d’éclairer l’action publique » et « d’identifier le cas échéant les leviers d’adaptation des politiques existantes« .

Selon le gouvernement, « une attention particulière sera portée à l’efficacité des dispositifs existants de protection des mineurs et d’information des consommateurs » pour proposer, si nécessaire, des pistes d’amélioration « en tenant compte des enjeux de développement de la filière française ». Les conclusions, là encore, sont attendues pour mai 2026.

Dati : « réexaminer nos instruments de protection des plus jeunes »

La ministre de la Culture insiste sur la nécessité d’articuler soutien à la filière et encadrement des pratiques.

« Accompagner notre industrie du jeu vidéo, implique que nous nous distinguions aussi dans l’accompagnement des jeunes joueurs pour créer un écosystème vertueux et profitable pour tous et à tous points de vue », déclare Rachida Dati.

 Elle juge que « les modèles de jeux qui se développent aujourd’hui à l’international invitent à réexaminer nos instruments de protection des plus jeunes », tout en citant le rayonnement des studios français : « Je suis convaincue que les entreprises françaises du secteur, qui rayonnent dans le monde entier grâce à des œuvres d’excellence comme Clair-Obscur : Expedition 33, peuvent en tirer le meilleur. »

Le Hénanff : « il ne s’agit pas d’interdire », mais d’objectiver

Anne Le Hénanff met également en avant l’importance du jeu vidéo dans l’économie et l’influence française, tout en appelant à sortir des débats caricaturaux. « Le secteur du jeu vidéo français est un atout majeur pour notre économie et notre rayonnement, que nous devons soutenir », assure-t-elle.

Mais la ministre rappelle la ligne directrice : produire des faits. « Les risques potentiels des jeux vidéo pour les mineurs doivent être objectivés : c’est le sens de cette mission qui va apporter un éclairage scientifique au débat public et à l’action du Gouvernement », affirme-t-elle

« Comme l’a dit le président de la République, il ne s’agit pas d’interdire ou de stigmatiser les jeux vidéo mais d’évaluer leur impact, de démêler les idées reçues et de garantir la sécurité des mineurs dans tous leurs usages numériques », ajoute -t-elle.

 Un appel à contributions scientifiques sur l’IA et les mineurs, dans le cadre du G7

En marge du sommet international sur l’IA achevé vendredi à New Delhi, la ministre du Numérique a par ailleurs lancé un appel à contributions scientifiques portant sur les risques liés à l’usage de l’IA par les mineurs. Les conclusions doivent être présentées dans le cadre de la présidence française du G7, selon les éléments communiqués.

À l’heure où l’IA générative s’impose dans les usages, et où les mécaniques de jeux se mondialisent, l’exécutif entend donc bâtir sa réponse sur une base scientifique : mesurer, comprendre, puis agir. Avec une échéance déjà fixée : mai 2026.

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