- Les TPE/PME retrouvent un peu d’élan en ce début d’année 2026 : 45% des dirigeants prévoient d’investir, en hausse de six points sur un trimestre, selon le baromètre Bpifrance Le Lab–Rexecode.
- Mais ce rebond s’appuie surtout sur le renouvellement et la modernisation des équipements, tandis que la faiblesse de la demande et l’incertitude politico-économique continuent de peser sur la visibilité et les montants engagés.
Les TPE et PME retrouvent un peu d’élan en ce début d’année. D’après le baromètre TPE/PME du 1er trimestre 2026, « 45% des dirigeants comptent investir dans l’année », un niveau en hausse par rapport au trimestre précédent (39%) et proche de celui observé début 2025. L’amélioration est nette, mais ne suffit pas à effacer le retard accumulé : le niveau reste inférieur à la moyenne historique de 2018 à 2025 (53%).
Sur le terrain, les priorités restent celles de la continuité opérationnelle. Le renouvellement d’équipements usagés ou obsolètes domine largement, tout comme la modernisation des installations. Ce choix confirme une logique d’investissement d’abord “utile” et immédiatement productif, dans un contexte où la visibilité économique reste limitée.
« Les investissements se concentrent toujours essentiellement sur le renouvellement et la modernisation des équipements »,note le baromètre.
L’étude indique aussi que « les projets d’extension des capacités de production et d’innovation », sont aussi un peu plus cités. Un signal timide, qui suggère que certaines entreprises recommencent à envisager des paris plus offensifs.
Légère amélioration de la trésorerie
La situation de trésorerie s’éclaircit, mais sans réel retour à la normale. « Les indicateurs de trésorerie s’améliorent très légèrement au 1er trimestre 2026, restant toutefois sensiblement sous leurs moyennes historiques », souligne l’étude. Le redressement le plus visible concerne l’horizon proche : « Le solde d’opinion relatif aux perspectives d’évolution à 3 mois se redresse le plus nettement. »
Côté financement du court terme, la tension baisse marginalement : « 20% des TPE/PME déclarent avoir rencontré des difficultés pour financer leur trésorerie (contre 22% au trimestre précédent). »
La demande reste le talon d’Achille des TPE/PME
Si l’investissement repart, l’activité, elle, demeure contrainte par un facteur central : les carnets de commandes.
« La faiblesse de la demande, actuelle ou anticipée, demeure de loin le principal frein à l’activité des TPE/PME », insiste le baromètre.
Derrière, deux freins se partagent la deuxième place : La concurrence, qui progresse de 4 points, et les difficultés de recrutement se partagent la deuxième place, citées chacune par 34% des dirigeants. Mais dans un contexte peu porteur, l’étude rappelle que les difficultés de recrutement restent en dessous des niveaux observés depuis 2018.
Autre constante : l’incertitude continue d’imprégner les décisions. Le baromètre parle d’un « climat d’incertitude politique et économique » qui « continue de peser mais moins fortement ». Premier signe : « 34% des dirigeants de TPE/PME prévoient de maintenir leurs projets en dépit des incertitudes », en hausse de 6 points par rapport à fin 2025.
Les chefs d’entreprise identifient un levier clé pour restaurer la confiance : « Une meilleure visibilité sur les comptes publics reste le principal levier pour restaurer leur confiance », même si ce point est « un peu moins cité » après l’adoption d’un budget pour 2026.
PGE : 55% des entreprises visent un remboursement complet d’ici fin 2026
Le baromètre s’arrête longuement sur les PGE ( prêts garantis par l’État), dont une large part arrive à échéance en 2026. Les entreprises concernées dressent un tableau majoritairement rassurant : « 27% déclarent l’avoir remboursé dans son intégralité » et « 55% prévoient de le solder d’ici la fin de l’année 2026 ». À l’inverse, « 15% envisagent de clôturer le remboursement au-delà » et « 3% craignent ne pas être en mesure de le rembourser ».
La vitesse de remboursement dépend fortement de l’année de souscription : « les TPE/PME ayant obtenu un prêt en 2020 étant nettement plus nombreuses à l’avoir déjà soldé (31%) que celles ayant contracté un prêt en 2021 et 2022 (18%) ». L’horizon s’étire aussi en cas de rééchelonnement.
Pour beaucoup, le remboursement n’est pas perçu comme un obstacle majeur : « Pour 82% des TPE/PME n’ayant pas encore clôturé leur PGE, les conséquences de son remboursement sur le développement de l’entreprise sont jugées modérées voire faibles. »
Mais une partie du tissu entrepreneurial se dit sous tension : « 18% alertent sur le risque que fait peser le remboursement sur l’avenir de leur entreprise », soit 7% de l’ensemble des TPE/PME, précise l’étude. Ces entreprises se caractérisent notamment par un endettement très concentré : « Ce poids serait de plus de 75% pour 22% des TPE/PME n’ayant pas remboursé intégralement leur prêt. »
Malgré les échéances, le jugement global sur le PGE reste très positif. Le baromètre insiste : « Le PGE est plébiscité ». Et pour cause : « 82% des dirigeant(e)s déclarant que sans ce dispositif leur entreprise aurait affronté des difficultés de trésorerie, voire aurait probablement fermé (pour 16% des bénéficiaires). »
