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Discours sur l’état de l’Union : Donald Trump promet un “âge d’or” et défend ses droits de douane

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  • Devant le Congrès, Donald Trump a prononcé mardi soir le plus long discours sur l’état de l’Union jamais enregistré, vantant ses “réussites économiques” et promettant l’entrée des États-Unis dans un “âge d’or”.
  • Entre annonces sociales, offensive contre les démocrates et mise en garde contre l’Iran, le président a cherché à remobiliser son camp à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.

   Depuis le pupitre, Donald Trump a déroulé un bilan triomphaliste, porté par l’enthousiasme des républicains. “Notre nation est de retour – meilleure, plus grande, plus riche, plus forte”, a lancé le président, tandis que des élus scandaient “USA, USA”. Une mise en scène calibrée pour afficher l’unité d’un parti qui joue gros à l’automne, lorsque tous les sièges de la Chambre des représentants et une partie du Sénat seront remis en jeu lors des “midterms”.

Le discours a surtout servi de rampe de lancement politique : convaincre les électeurs de maintenir les républicains au pouvoir, alors que le parti ne dispose que d’une marge étroite dans les deux chambres. À moins d’un an du scrutin de mi-mandat, la Maison Blanche cherche à installer un récit de réussite économique et de fermeté, tout en répondant aux inquiétudes sur la popularité du président.

Dans la première partie de son allocution, Donald Trump est resté concentré sur l’économie. Il a notamment annoncé une mesure destinée à certains travailleurs : une promesse d’abonder de 1.000 dollars les cotisations-retraites. Une annonce à portée sociale, présentée comme un signal direct aux ménages, au cœur des préoccupations du scrutin à venir.

Tarifs douaniers : Trump persiste et annonce contourner le Congrès

 Le président a également défendu sa stratégie commerciale, en promettant le maintien des tarifs douaniers. Tout en modérant ses critiques de la Cour suprême après l’annulation d’une partie des droits de douane — qualifiée de décision “regrettable” et “décevante” — Donald Trump a assuré que “l’intervention du Congrès ne sera pas nécessaire”.

Dans une formule appelée à faire débat, il a même présenté les droits de douane comme un levier fiscal de long terme :

“Avec le temps, je pense que les droits de douane, payés par les pays étrangers, remplaceront en grande partie, comme par le passé, le système actuel d’impôt sur le revenu”, a-t-il promis.

Les chiffres disponibles ne confortent pas, à ce stade, l’idée d’un remplacement massif de l’impôt sur le revenu. Selon le Budget Lab de l’université Yale, les droits de douane en vigueur en février devraient générer environ 1.200 milliards de dollars sur la période 2026-2035, soit près de 120 milliards par an. Un niveau nettement inférieur à l’impôt sur le revenu payé par les particuliers, qui s’élève à 924 milliards de dollars en 2026, soit près de huit fois plus.

 Autre point sensible : malgré les droits de douane imposés par la Maison Blanche, les importations continuent d’augmenter plus vite que les exportations, ce qui empêche, pour l’instant, de réduire le déficit commercial. Pour les biens seuls, ce déficit a même atteint un record l’an passé.

Une popularité économique en berne, source d’inquiétude chez les conservateurs

Alors que le président s’affiche confiant, les indicateurs politiques sont plus contrastés. Seuls 36% des Américains approuvent la gestion de l’économie par Donald Trump, selon un sondage Reuters/Ipsos. De quoi nourrir, dans le camp conservateur, une inquiétude croissante à l’approche des élections de mi-mandat — ces “midterms” qui pourraient coûter la majorité au Congrès dès cet automne.

Immigration : clash avec les démocrates et nouvelle offensive sur l’identification des électeurs

Le discours a ensuite basculé vers un registre plus combatif. Donald Trump a attaqué à plusieurs reprises les élus démocrates. “Vous devriez avoir honte”, a-t-il lancé à l’opposition, restée assise lorsqu’il a fait applaudir sa politique de lutte contre l’immigration illégale.

Dans la foulée, il a pressé le Congrès de voter une loi imposant la présentation de pièces d’identité dans les bureaux de vote. Le président a aussi évoqué, sans preuves, des fraudes d’ampleur dans les élections et les aides sociales, qu’il impute aux immigrés. Et il a confié au vice-président JD Vance une mission de lutte contre les détournements d’aides sociales, visant plus particulièrement certains États démocrates.

Iran : “diplomatie” affichée, accusations répétées

 Attendu sur l’Iran, Donald Trump n’a pas livré de feuille de route précise, affirmant préférer la “diplomatie” tout en multipliant les accusations contre Téhéran. L’Iran “travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les États-Unis”, a déclaré le président, évoquant une armada massée dans la région. Les Iraniens “poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions” nucléaires, a-t-il ajouté.

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