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Municipales à Paris 2026 : Pierre-Yves Bournazel refuse toute alliance avec Grégoire ou Dati au second tour

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À Paris, la bataille des municipales s’intensifie : Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Horizons et Renaissance, exclut toute fusion avec Emmanuel Grégoire ou Rachida Dati au second tour et revendique une candidature “pour gagner”, alors que les sondages se resserrent à l’approche du 15 mars.

   C’est une prise de position nette, formulée sans détour sur France Inter. Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons et Renaissance à la mairie de Paris, a déclaré :

Je ne rejoindrai ni Grégoire ni Dati au second tour. Je mène campagne pour gagner et je crois que les Parisiens méritent un autre chemin que celui proposé par Emmanuel Grégoire et Rachida Dati.”

Une phrase qui vise à couper court aux spéculations sur une fusion de listes au soir du premier tour, prévu le 15 mars. Selon un sondage Ifop publié dimanche, Pierre-Yves Bournazel est crédité de 12% des intentions de vote, en baisse de deux points sur un mois.

Dans le même échange, l’élu d’opposition a renvoyé ses concurrents à ce qu’il décrit comme une incapacité à travailler ensemble : “Je note que les autres candidats disent qu’ils ne veulent pas rassembler, travailler avec les autres et fusionner leurs listes.”

Le candidat met aussi en avant ses appuis politiques, se targuant des soutiens de Gabriel Attal et d’Édouard Philippe, ex-Premiers ministres et à la tête des partis Renaissance et Horizons.

Attaque contre Dati : “Je ne pratique pas l’intimidation”

Pierre-Yves Bournazel a également ciblé la candidate LR et Modem, Rachida Dati, en dénonçant un style de campagne qu’il juge agressif : “Moi je ne pratique pas l’intimidation, je ne pratique pas la brutalisation, je ne pratique pas la menace.” Avant d’ajouter : “Je veux apaiser Paris et ça commence par un comportement exemplaire.”

 L’autre adversaire du candidat centriste, Emmanuel Grégoire, figure d’une gauche hors LFI et ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo, n’échappe pas aux critiques. Pierre-Yves Bournazel interroge : “Que va faire Emmanuel Grégoire qu’il n’a pas fait ces 12 dernières avec Anne Hidalgo?”

“Paris mérite mieux que le tic-tac stérile…”

Dans une tribune diffusée par son équipe de campagne, le candidat élargit son offensive et présente son offre politique comme une alternative à un duel annoncé : “Paris mérite mieux que le tic-tac stérile entre une gauche de l’échec et une droite des affaires (…), où les procès succèdent aux scandales et où les excès préparent les échecs.”

Une formule pensée pour s’installer au cœur de la campagne, alors que la bataille se joue aussi sur le récit : continuité à gauche, alternance à droite, ou troisième voie au centre.

Édouard Philippe remet l’union au centre du jeu

Si Pierre-Yves Bournazel réaffirme son indépendance, la stratégie de son camp paraît plus ouverte à une dynamique de second tour. Quelques heures après sa sortie, Édouard Philippe, interrogé par l’AFP, a insisté : il fera “tout” pour “l’alternance” à Paris, “avec un grand rassemblement de la droite et du centre”.

 “Ce que je peux vous dire, moi, c’est que la compétition doit être projet contre projet au premier tour, elle ne doit pas être personnelle, et qu’au soir du premier tour, je ferai tout ce que je peux pour qu’on fasse l’union, et qu’on ait l’alternance à Paris, avec un grand rassemblement de la droite et du centre”, précise l’ex Premier ministre

Sondages : Bournazel recule, Dati progresse et pousse le “vote utile”

À moins de trois semaines du scrutin, l’évolution des courbes pèse sur les calculs politiques. Crédité d’une tendance à la hausse jusqu’à début janvier, Pierre-Yves Bournazel atteignait alors 16% des suffrages selon l’Ifop, avant de retomber à 12% dimanche, en recul de deux points par rapport à fin janvier.

Dans le même temps, Rachida Dati gagne deux points, tandis que son camp multiplie les appels au “vote utile” pour battre la gauche — alors même que 78% des sondés assurent désormais avoir fait leur choix.

En affichant un refus de fusion avec Emmanuel Grégoire comme avec Rachida Dati, Pierre-Yves Bournazel cherche à consolider un espace politique autonome et à convaincre qu’une victoire reste possible. Mais cette stratégie l’expose aussi à une équation redoutable : celle d’un second tour où les alliances, à Paris, ont souvent fait la différence.

D’ici au 15 mars, la campagne dira si cette ligne de crête — “pour gagner”, sans ralliement annoncé — peut encore créer la surprise, ou si la dynamique du “rassemblement” finira par s’imposer dans son propre camp.

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