- L’armée israélienne a lancé un avertissement d’évacuation visant l’ensemble de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, demandant aux habitants de partir « immédiatement » et de se diriger vers le nord et l’est.
- Sur fond d’escalade régionale, le Liban annonce 102 morts depuis lundi, tandis que Bezalel Smotrich brandit la menace d’une dévastation comparable à Gaza.
L’armée israélienne a appelé les habitants de toute la banlieue sud de Beyrouth à évacuer sans délai. Le secteur, considéré comme l’un des bastions du Hezbollah pro-iranien, abrite des centaines de milliers de personnes.
Dans une publication sur X, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l’armée israélienne, a diffusé un avertissement sans équivoque : « Message urgent aux habitants » de la banlieue sud : « Sauvez vos vies et évacuez immédiatement vos domiciles ». Il a également fourni des itinéraires pour rejoindre le nord et l’est.
Le même message insiste sur les dangers d’un déplacement vers le sud : « Les déplacements vers le sud sont interdits. Tout déplacement vers le sud risque de mettre votre vie en danger », a-t-il ajouté.
Smotrich menace Dahiyeh d’un sort similaire à Khan Younès
La tension est montée d’un cran avec les déclarations du ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui a évoqué une destruction massive de la banlieue sud de Beyrouth, également appelée Dahiyeh.
« Très bientôt, Dahiyeh (banlieue sud de Beyrouth, NDLR) ressemblera à Khan Younès », a déclaré le ministre d’extrême droite sur Telegram et sur X, en référence à la grande ville du sud de la bande de Gaza dévastée.
Dans la même séquence, Bezalel Smotrich a présenté la stratégie israélienne comme une offensive simultanée contre l’Iran et ses alliés : « Le Hezbollah a fait une erreur et il va la payer au prix fort. Nous sommes en train de frapper la tête de la pieuvre en Iran et en même temps nous allons lui couper sa tentacule Hezbollah », a-t-il affirmé.
Et d’ajouter, dans une vidéo jointe à son message : « Vous avez voulu nous apporter l’enfer, vous vous l’êtes attiré sur vous-mêmes ».
102 morts au Liban depuis lundi, selon le ministère de la Santé
Au Liban, le bilan des frappes israéliennes depuis lundi s’élève à 102 morts et 638 blessés, selon le ministère libanais de la Santé. Dans un communiqué, le ministère a précisé que ce bilan pourrait encore s’alourdir, les hôpitaux continuant d’accueillir de nouveaux blessés.
Le texte indique qu’Israël, qui a attaqué l’Iran conjointement avec Washington samedi, a déclenché une campagne de bombardements massifs sur le Liban dans la nuit de dimanche à lundi, affirmant viser des installations et positions du Hezbollah. Le Hezbollah aurait, de son côté, ouvert le feu sur le territoire israélien pour « venger » la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué samedi dans une frappe à Téhéran.
Diplomatie : Joseph Aoun reçoit le chef d’état-major des armées françaises
Sur le plan diplomatique, la présidence libanaise a annoncé sur X que le président Joseph Aoun avait reçu, « cet après-midi », le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises, envoyé par Emmanuel Macron.
« Le président Joseph Aoun a reçu cet après-midi, en présence du général Rodolphe Heikel, commandant de l’armée de terre, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises, envoyé par le président Emmanuel Macron, afin de s’informer de la situation au Liban au regard de l’évolution de la situation sécuritaire », a affirmé la présidence libanaise.
De son côté, l’Élysée indique qu’Emmanuel Macron s’est entretenu avec plusieurs chefs d’État du Moyen-Orient, dont le président du Parlement libanais, afin de faire le point sur la situation. Selon son entourage, le président français a notamment insisté sur la gravité de la situation au Liban, « et tout particulièrement Beyrouth sud, dont la situation demeure particulièrement préoccupante »
Une zone densément peuplée au cœur d’une escalade
L’appel à évacuer « immédiatement » l’ensemble de la banlieue sud place des centaines de milliers d’habitants face à une urgence sécuritaire majeure. Entre avertissements militaires, menaces politiques et mobilisations diplomatiques, Beyrouth sud s’impose comme l’un des épicentres de l’escalade décrite, avec un bilan humain déjà lourd au Liban et des risques de nouvelles frappes.
