- La Banque mondiale renforce son soutien à la Tunisie dans la lutte contre les risques climatiques.
- L’institution financière internationale a annoncé un financement additionnel de 50 millions de dollars destiné au Programme intégré de résilience aux catastrophes.
- Cette enveloppe permettra d’étendre les dispositifs de protection contre les inondations à Tunis Ouest, Gabès et Djerba, dans un contexte marqué par l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes.
La Tunisie bénéficie d’un nouvel appui financier pour renforcer sa capacité à faire face aux catastrophes naturelles. La Banque mondiale a annoncé l’octroi d’un financement supplémentaire de 50 millions de dollars dans le cadre du Programme intégré de résilience aux catastrophes, portant ainsi le coût total du programme à 125 millions de dollars.
Ce soutien vise à améliorer la gestion des risques liés aux crues et aux inondations, dont la fréquence et l’intensité augmentent sous l’effet du changement climatique. L’objectif est de renforcer la résilience des infrastructures urbaines et de protéger les populations exposées dans plusieurs régions du pays.
Cette initiative intervient dans un contexte climatique particulièrement difficile. En janvier 2026, la Tunisie a enregistré des précipitations exceptionnelles, les plus élevées depuis plus de soixante-dix ans, provoquant d’importantes perturbations dans plusieurs gouvernorats.
Trois nouvelles régions ciblées par le programme
Selon un communiqué publié par la Banque mondiale, l’extension du programme prévoit d’élargir la protection contre les inondations urbaines à trois zones particulièrement vulnérables : Tunis Ouest, Gabès et Djerba. Ce déploiement s’appuiera sur l’expérience acquise lors de la première phase du programme, mise en œuvre dans les villes de Bizerte, Monastir et Nabeul.
Grâce à cette extension, plus de 660 000 personnes supplémentaires devraient bénéficier des mesures de prévention et de protection mises en place, avec une priorité accordée aux zones urbaines densément peuplées ainsi qu’aux centres économiques jugés stratégiques.
Protéger l’économie et préserver les emplois
Au-delà de la protection des populations, le programme vise également à préserver l’activité économique dans les régions exposées aux inondations. Les catastrophes naturelles entraînent régulièrement des pertes économiques importantes et des interruptions de services.
Les investissements prévus devraient permettre de réduire ces pertes, d’améliorer la résilience des infrastructures et de limiter les perturbations pour les entreprises et les services publics. Le projet pourrait également générer de nouvelles opportunités d’emploi, notamment dans les secteurs liés à la maintenance et à l’exploitation des infrastructures de protection.
Le programme repose sur une stratégie combinant plusieurs outils de prévention. La modernisation des systèmes météorologiques et le renforcement des dispositifs d’alerte précoce figurent parmi les priorités. Parallèlement, des mécanismes de protection financière contre les catastrophes seront développés afin d’améliorer la capacité du pays à absorber les chocs climatiques.
Pour Alexandre Arrobbio, responsable des opérations de la Banque mondiale pour la Tunisie, ce financement témoigne de la volonté de l’institution d’accompagner le pays dans cette transition. « Ce financement reflète l’engagement de la Banque mondiale à soutenir la transition de la Tunisie vers une gestion proactive des risques », a-t-il indiqué, précisant que le projet contribuera à « protéger les vies et les moyens de subsistance des populations ».
Des résultats déjà visibles depuis 2021
Lancé en 2021, le Programme intégré de résilience aux catastrophes est mis en œuvre en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD). Depuis son lancement, il a déjà permis de protéger environ 170 000 personnes dans plusieurs villes tunisiennes.
Ces actions se sont accompagnées du développement de systèmes d’alerte et du renforcement des capacités des institutions nationales dans la gestion des risques climatiques.
Selon Dina Ranarifidy, spécialiste principale en développement urbain à la Banque mondiale, l’approche adoptée repose sur une vision globale. « Le projet repose sur une approche intégrée associant surveillance météorologique, systèmes d’alerte précoce et infrastructures résilientes », a-t-elle expliqué. Cette méthode permet, selon elle, « d’ancrer une démarche nationale plus durable dans la gestion des risques ».
