- Nouvelle alerte sur le front du pouvoir d’achat. Avec un gazole qui dépasse désormais les 2 euros le litre, l’exécutif promet de traquer les éventuelles hausses abusives dans les stations-service.
- Maud Bregeon prévient que des sanctions ne sont pas exclues contre les distributeurs de carburants.
- Le gazole franchit les 2 euros le litre après une hausse brutale
La flambée des cours du pétrole, liée notamment aux tensions au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz, commence déjà à peser sur le portefeuille des automobilistes français. Selon les données du site spécialisé carbu.com, le prix du gazole dépasse désormais les 2 euros le litre, après une hausse d’environ 25 centimes en à peine une semaine.
Une augmentation particulièrement rapide qui inquiète les pouvoirs publics, soucieux d’éviter toute dérive dans les prix pratiqués par les distributeurs.
Invitée de RTL ce lundi, la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon a annoncé que les acteurs de la filière carburant seraient de nouveau reçus en fin de semaine après les contrôles réalisés par la Répression des fraudes.
L’objectif est de faire un point précis sur l’évolution des prix dans les stations-service. Mais la ministre n’exclut pas des mesures si des pratiques abusives sont constatées.« Toutes les options sont sur la table », a-t-elle prévenu.
Maud Bregeon assure que le gouvernement sera particulièrement vigilant face aux comportements opportunistes. « Notre responsabilité, c’est d’être intraitable, faire en sorte qu’il n’y ait pas d’abus. Nous n’hésiterons pas à pointer du doigt ceux qui profiteraient de la situation et il y a des distributeurs qui jouent le jeu, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier », a-t-elle déclaré.
Pour l’heure, l’exécutif ne prévoit toutefois pas de nouvelles aides pour les consommateurs. La ministre estime qu’il est « trop tôt » pour évoquer des dispositifs de soutien, rappelant que « nous ne sommes pas dans la situation de 2022 », lorsque l’État avait mis en place des aides face à la flambée des prix de l’énergie.
500 contrôles dans les stations-service pour lutter contre les abus
Dimanche 8 mars, le Premier ministre Sébastien Lecornu a également pris la parole pour annoncer une opération de contrôle d’ampleur. Dans un message publié sur le réseau social X, il a affirmé que « la guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe ».
Le gouvernement a ainsi décidé de mobiliser la Répression des fraudes pour contrôler les prix pratiqués dans les stations-service. « Un plan exceptionnel de 500 contrôles sera réalisé, dans les stations-service, entre lundi et mercredi par la répression des fraudes », a indiqué le chef du gouvernement.
« C’est l’équivalent d’un semestre complet du plan de contrôle habituel qui sera réalisé sur seulement trois jours », a-t-il précisé.
Une hausse « vertigineuse » pour les professionnels du secteur
Du côté des professionnels, la rapidité de la hausse des prix surprend également. Invité sur franceinfo dimanche 8 mars, Frédéric Plan, conseiller national de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), a décrit une situation inédite.
« J’ai vécu quelques crises, mais je n’ai jamais vu une augmentation aussi forte en si peu de temps », explique-t-il. Selon lui, « l’augmentation des prix est d’une vitesse vertigineuse », ce qui fragilise de nombreux acteurs du secteur.
« Ils ont été assez surpris de la rapidité de l’augmentation », souligne-t-il, évoquant des professionnels qui « souffrent de cette crise, et de plus en plus ».
Mais pour Frédéric Plan, cette flambée reste avant tout liée aux marchés internationaux. « On n’y peut rien. Le trading s’impose à tous les professionnels », regrette-t-il. Selon lui, seule une accalmie géopolitique pourrait faire baisser les prix. « On ne pourra rien faire » contre cette hausse, affirme-t-il, « sauf si les tensions sur l’une des zones les plus importantes d’approvisionnement se calment ».
« De nouvelles routes d’approvisionnement vont se mettre en place. Mais en attendant, la tension internationale est telle qu’on se prend un marteau sur la tête en matière de prix », ajoute-t-il.
Dominique de Villepin alerte sur les conséquences pour les Français
Les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient pourraient se faire sentir bien au-delà du seul marché du carburant. Invité sur BFMTV, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a alerté sur l’impact de la hausse des prix de l’essence pour les ménages français.
« La hausse du prix de l’essence est une très mauvaise nouvelle pour les citoyens français », a-t-il déclaré. Selon lui, le gouvernement devra rapidement apporter des réponses. « Il faudra apporter des réponses, et c’est le devoir d’Emmanuel Macron », a-t-il affirmé.
