- Face à la flambée des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient, les ministres des Finances du G7, réunis ce lundi sous présidence française, examinent la possibilité d’une libération coordonnée des réserves stratégiques de pétrole.
- L’objectif : stabiliser les marchés énergétiques et limiter les conséquences économiques de la crise.
La hausse rapide des prix du pétrole place les grandes puissances économiques face à un dilemme énergétique. Réunis ce lundi, les ministres des Finances des pays du G7 doivent discuter d’une mesure exceptionnelle : la libération coordonnée de stocks stratégiques de pétrole afin de contenir l’envolée des prix de l’or noir.
Selon le Financial Times, plusieurs membres du G7 envisagent cette option, qui pourrait être mise en œuvre sous la coordination de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Trois pays du groupe, dont les États-Unis, soutiendraient activement cette initiative.
Au sein de l’exécutif français, l’hypothèse est également confirmée. Le recours aux réserves pétrolières stratégiques constitue une « option envisagée », qui doit être discutée lors de la réunion du G7 Finances, a indiqué lundi Bercy.
Des stocks créés après le choc pétrolier de 1973
Les réserves stratégiques de pétrole sont un outil central de sécurité énergétique mis en place dans les années 1970. Elles ont été créées lors de la fondation de l’Agence internationale de l’énergie en 1974, à la suite de l’embargo pétrolier arabe qui avait provoqué une explosion des prix du brut et des pénuries de carburant dans plusieurs pays occidentaux.
Depuis, les États membres de l’AIE sont tenus de maintenir des stocks équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole. Ce mécanisme vise à garantir une capacité de réaction rapide en cas de perturbation majeure de l’approvisionnement mondial.
Au total, ces réserves d’urgence ont été mobilisées à cinq reprises depuis les années 1970. La dernière intervention remonte à 2022, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui avait fortement déstabilisé les marchés énergétiques mondiaux.
Plus de 1,8 milliard de barils disponibles
Les volumes disponibles dans ces stocks sont considérables. D’après un document confidentiel de l’AIE consulté par le Financial Times, les pays membres détiendraient plus de 1,24 milliard de barils de stocks publics, auxquels s’ajoutent plus de 600 millions de barils détenus par l’industrie pétrolière.
Ces réserves pourraient couvrir près d’un mois de la demande totale de pétrole des pays de l’AIE et représenter plus de 140 jours d’importations nettes, selon le document.
Des responsables américains, cités par le quotidien financier, estiment qu’une libération comprise entre 300 et 400 millions de barils serait appropriée. Une telle opération représenterait 25 à 30 % des réserves publiques, estimées à environ 1,2 milliard de barils.
Les réserves stratégiques de la France
La France dispose elle aussi de stocks stratégiques significatifs. Le pays possède entre 100 et 120 millions de barils de réserves pétrolières, soit 15 à 17 millions de tonnes, conformément aux obligations européennes et à celles de l’AIE.
Ces stocks sont gérés par le Comité professionnel des stocks stratégiques pétroliers (CPSSP). Ils sont répartis sur plusieurs sites afin d’assurer la sécurité énergétique du territoire.
Les installations comprennent notamment des dépôts pétroliers situés près des grands ports et des raffineries, comme Fos-sur-Mer, Le Havre, Donges ou La Mède. Une partie des réserves est également stockée dans des cavités souterraines dans le sud de la France, notamment dans les anciens gisements salins de Manosque, qui constituent l’un des principaux centres de stockage stratégique du pays.
