- Malgré la flambée du prix du baril et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la Commission européenne se veut rassurante.
- Selon l’exécutif européen, l’Union dispose de stocks stratégiques suffisants pour éviter toute pénurie imminente de pétrole.
La crainte d’une pénurie de pétrole en Europe n’est pas à l’ordre du jour, selon la Commission européenne. L’institution a affirmé ce lundi qu’il n’existait pas de risque immédiat de rupture d’approvisionnement sur le continent, malgré les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient.
L’Union européenne dispose en effet de réserves obligatoires destinées à protéger les États membres en cas de crise énergétique. Ces stocks stratégiques permettent de garantir plusieurs mois d’approvisionnement, offrant ainsi une marge de sécurité face aux tensions sur les marchés pétroliers.
Bruxelles rappelle que tous les pays de l’Union doivent respecter une règle stricte en matière de sécurité énergétique : conserver l’équivalent d’au moins trois mois de réserves.
« Tous les Etats membres doivent disposer de stocks d’urgence pour 90 jours. (…) Les Etats membres devront informer la Commission lorsqu’ils libèrent ces stocks. À notre connaissance, aucun Etat membre ne l’a fait pour l’instant », a indiqué La porte-parole de la Commission européenne, Anna-Kaisa Itkonen.
Pour l’instant, aucun pays européen n’a donc eu besoin de puiser dans ces réserves d’urgence, signe que la situation reste sous contrôle.
La France dispose de plus de 100 jours de réserves
La France se situe même au-delà du seuil exigé par Bruxelles. Selon le ministère de l’Économie, le pays dispose actuellement de 118 jours d’importations nettes de pétrole en réserve. Ces stocks ont déjà été utilisés dans le passé pour faire face à des tensions sur l’approvisionnement national.
En 2010, le gouvernement y avait eu recours lors des blocages de raffineries pendant la réforme des retraites. Une situation similaire s’était produite en 2016 lors de la mobilisation contre la loi Travail.
La flambée du prix du baril inquiète les marchés
Si l’approvisionnement reste sécurisé, la hausse du prix du pétrole suscite néanmoins l’inquiétude. Le baril a atteint jusqu’à 119 dollars dans la nuit, illustrant la nervosité des marchés face aux tensions internationales.
Pour autant, certains économistes relativisent les risques économiques. Le prix Nobel d’économie Philippe Aghion estime que la situation actuelle ne devrait pas provoquer une crise comparable à celle de 2008.
Des parallèles avec la crise pétrolière de 1973
Plusieurs experts établissent toutefois un parallèle avec la crise pétrolière de 1973, marquée par une envolée brutale des prix de l’énergie et ses conséquences sur l’économie mondiale. Mais contrairement à cette période, la hausse actuelle pourrait rester temporaire. Si les tensions géopolitiques venaient à s’apaiser, les prix pourraient se stabiliser et limiter l’impact sur les économies européennes.
Pour l’heure, Bruxelles se veut donc rassurante : l’Europe dispose encore de plusieurs mois de marge avant toute éventuelle pénurie de pétrole. Les stocks stratégiques, combinés à une surveillance étroite des marchés énergétiques, constituent un rempart essentiel face aux incertitudes internationales.
La situation reste toutefois étroitement suivie par les autorités européennes, alors que les tensions géopolitiques continuent d’alimenter la volatilité des prix du pétrole.
