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Hausse des prix, tensions logistiques : le conflit au Moyen-Orient inquiète le monde économique, selon la Banque de France

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  • La guerre au Moyen-Orient fait grimper l’incertitude économique en France. Dans sa dernière enquête de conjoncture, la Banque de France souligne les inquiétudes croissantes des entreprises face à une possible flambée des prix de l’énergie et à des perturbations logistiques.
  • Si la croissance reste attendue entre 0,2 % et 0,3 % au premier trimestre, l’institution évoque désormais un « aléa baissier ».

   Le conflit au Moyen-Orient commence déjà à peser sur le climat économique en France. Dans sa dernière enquête mensuelle de conjoncture publiée mardi, la Banque de France constate une hausse marquée de l’incertitude chez les chefs d’entreprise.

L’institution indique que « l’incertitude économique a augmenté fortement » depuis le déclenchement de la guerre et prévient qu’elle « pourrait peser sur l’activité » dans les semaines à venir.

Cette enquête repose sur les réponses de 8.500 entreprises interrogées entre le 25 février et le 4 mars. La Banque de France souligne qu’elle « a été marquée à mi-parcours par le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février », précisant qu’environ deux tiers des réponses ont été recueillies après cette date.

À ce stade, le principal effet observable du conflit se traduit par une nette progression de l’indicateur d’incertitude élaboré à partir des commentaires des entreprises. Celui-ci « rebondit fortement », note l’institution.

Les prix de l’énergie et la logistique au cœur des inquiétudes

Les dirigeants d’entreprises s’inquiètent particulièrement de l’impact potentiel du conflit sur les marchés de l’énergie et sur les chaînes d’approvisionnement.

La Banque de France explique que « les chefs d’entreprise redoutent une hausse rapide des prix du pétrole et du gaz, ainsi que des perturbations significatives dans les flux logistiques d’approvisionnement et de distribution ».

Certains secteurs apparaissent plus exposés que d’autres. C’est notamment le cas du transport. « Les entreprises du secteur du transport se déclarent particulièrement exposées à ces risques », précise l’institution.

Une augmentation rapide des coûts énergétiques ou des difficultés logistiques pourrait en effet se répercuter sur l’ensemble de l’économie, en renchérissant les coûts de production et de transport.

Une croissance maintenue mais sous pression

Malgré ce climat d’incertitude accru, la Banque de France ne modifie pas pour l’instant sa prévision de croissance pour le début d’année. Elle anticipe toujours une progression du PIB comprise entre 0,2 % et 0,3 % au premier trimestre, un rythme comparable à celui observé à la fin de l’année 2025.

L’institution souligne toutefois que « cette prévision technique » reste « soumise à un aléa baissier ». En cause : « les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient et à son impact », notamment sur les prix de l’énergie, qui « pourraient peser sur l’activité en fin de trimestre ».

Des précédents chocs déjà coûteux pour l’économie française

La Banque de France rappelle que l’économie française a déjà été affectée par plusieurs chocs récents. Selon ses estimations, les tensions liées à la politique budgétaire nationale et à la politique commerciale américaine ont pesé sur la croissance française en 2025 et 2026 à hauteur d’environ 0,2 point chacune.

L’impact du conflit au Moyen-Orient pourrait toutefois suivre une trajectoire différente, notamment en raison de son influence directe sur les marchés énergétiques et sur les échanges internationaux.

Une activité encore solide en février

Pour l’instant, les données conjoncturelles restent relativement favorables. Selon l’enquête de la Banque de France, l’activité économique en février « poursuit sa progression à un rythme conforme aux anticipations ».

Cette tendance concerne les trois grands secteurs étudiés : l’industrie, les services et le bâtiment.

Reste que l’évolution du conflit et ses répercussions sur les marchés de l’énergie pourraient rapidement modifier la situation. Dans ce contexte géopolitique incertain, les entreprises comme les économistes surveillent désormais de près les prochains mois.

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