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Pétrole : l’AIE débloque 400 millions de barils de ses réserves stratégiques pour freiner la flambée des prix

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  • Face à la forte hausse des prix du pétrole provoquée par le conflit au Moyen-Orient, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a proposé de libérer 400 millions de barils issus des réserves stratégiques de ses pays membres.
  • Une mesure exceptionnelle destinée à stabiliser les marchés et à compenser les perturbations d’approvisionnement liées notamment à la fermeture du détroit d’Ormuz.

   Les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé mercredi, “à l’unanimité”, de libérer 400 millionsde barils de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques afin d’atténuer la flambée des prix du brut. Selon l’organisation basée à Paris, il s’agit du déblocage “le plus important” jamais coordonné par l’institution depuis sa création.

Cette initiative intervient alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient perturbent les flux énergétiques mondiaux et alimentent la volatilité des marchés pétroliers.

Compenser les perturbations liées au détroit d’Ormuz

 Le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, a expliqué que cette mesure vise à compenser les pertes d’approvisionnement provoquées par les tensions dans la région. “Les pays de l’AIE vont mettre 400 millions de barils de pétrole (…) à la disposition du marché pour compenser la perte d’approvisionnement due à la fermeture effective du détroit” d’Ormuz, a-t-il déclaré mercredi lors d’une déclaration vidéo.

Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux points de passage du pétrole mondial. Toute perturbation dans cette zone stratégique a donc un impact immédiat sur les marchés de l’énergie.

 Il s’agit de la sixième fois que l’AIE coordonne un déblocage de stocks stratégiques de pétrole. Mais l’ampleur de la mesure est inédite. Selon la ministre espagnole de l’Énergie, Sara Aagesen, le volume envisagé dépasse largement celui mobilisé lors de la crise énergétique provoquée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.

À l’époque, les membres de l’AIE avaient libéré 182 millions de barils en deux étapes : 62,7 millions en mars 2022, puis 120 millions en avril 2022.

L’Agence internationale de l’énergie, fondée en 1974 par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) après le premier choc pétrolier, a convoqué ses membres mardi lors d’une réunion extraordinaire. Plusieurs États ont déjà signalé leur intention d’y participer. L’Espagne s’est déclarée favorable à l’utilisation des réserves stratégiques, tout comme l’Allemagne et l’Autriche.

Au Japon, la Première ministre Sanae Takaichi a indiqué que son gouvernement comptait agir rapidement, sans attendre la décision formelle de l’AIE. Tokyo prévoit de débloquer l’équivalent d’un mois de stocks publics ainsi que 15 jours de stocks détenus par le secteur privé, afin de soutenir l’approvisionnement du marché.

De son côté, le G7 soutient le principe d’un recours aux réserves.Réunis mardi en visioconférence, les ministres de l’Énergie du G7 n’ont pas pris de décision formelle mais ont exprimé leur soutien au principe d’une action coordonnée. “En principe, nous soutenons la mise en œuvre de mesures proactives pour faire face à la situation, y compris l’utilisation des réserves stratégiques”, ont-ils indiqué dans un communiqué.

Rappelons que les pays membres de l’AIE disposent d’importantes réserves de sécurité. Selon Fatih Birol, ils détiennent actuellement plus de 1,2 milliard de barils de stocks d’urgence, auxquels s’ajoutent 600 millions de barils détenus par l’industrie sous obligation gouvernementale. Ces volumes constituent un levier majeur pour tenter d’amortir les chocs sur les marchés pétroliers.

Les prix du pétrole restent orientés à la hausse

Malgré l’annonce de l’AIE, les marchés pétroliers restaient sous tension mercredi matin. Les investisseurs doutent que la mobilisation des réserves stratégiques suffise à compenser les perturbations d’approvisionnement liées au conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran.

Vers 11h05, le baril de Brent progressait de 5,7 %, à 92,87 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) gagnait 6,5 %, à88,86 dollars.

 Les deux références avaient déjà atteint lundi des niveaux inédits depuis la mi-2022, culminant respectivement à 119,50 dollars pour le Brent et 119,48 dollars pour le WTI.

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