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jeudi, mars 19, 2026
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Prix des carburants : 6% des stations-service contrôlées déjà sanctionnées

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  • Le gouvernement a lancé un plan exceptionnel de 500 contrôles dans les stations-service pour traquer les hausses abusives des prix à la pompe.
  • Selon le ministre des PME et du Commerce Serge Papin, environ 6 % des établissements inspectés ont déjà fait l’objet de sanctions.
  • Une opération menée en pleine flambée des prix du gazole, qui vient de repasser au-dessus de 2 euros le litre en France.

   Le gouvernement intensifie la surveillance des prix des carburants. Après le lancement d’un plan exceptionnel de 500 contrôles dans les stations-service françaises, environ 6 % des établissements inspectés ont déjà été sanctionnés, a annoncé mardi matin le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin.

Invité sur TF1, le ministre a précisé que les inspections étaient déjà bien avancées. « Hier soir on était pratiquement à la moitié » des contrôles annoncés, soit « 231 précisément », a-t-il indiqué.

 Le premier bilan révèle plusieurs irrégularités. « Sur 231 contrôles, il y a eu 6 % de procès-verbaux, donc de sanctions », a détaillé Serge Papin. Cela représente une douzaine de stations-service sanctionnées. Le ministre a précisé que le bilan complet de l’opération serait présenté mercredi.

Ce dispositif de contrôle renforcé a été annoncé dimanche par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. L’objectif est d’éviter les dérives dans un contexte de forte tension sur les marchés de l’énergie.

Le chef du gouvernement a ainsi dévoilé « un plan exceptionnel de 500 contrôles » mené dans les stations-service « entre lundi et mercredi ». Ces inspections sont réalisées par les services de la répression des fraudes (DGCCRF).

« La guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe », avait insisté le Premier ministre. Selon lui, ces trois jours d’inspections représentent « l’équivalent d’un semestre complet du plan de contrôle habituel ».

Des écarts entre prix déclarés et prix réels

Les contrôles portent notamment sur la concordance entre les prix déclarés par les stations-service sur le site gouvernemental dédié aux carburants et les prix réellement affichés à la pompe. Certaines pratiques ont déjà été pointées du doigt par le ministre.

« Il y en a qui avancent masquées, qui, sur le site […] mettent 1,95 euro sur le gazole par exemple, et quand on arrive à la station c’est 2,10 euros », a dénoncé Serge Papin.

Les professionnels pris en faute risquent des sanctions financières importantes. En cas de récidive, l’amende peut atteindre « jusqu’à 300.000 euros », a prévenu le ministre. Toutefois, il rappelle que les stations-service restent libres de fixer leurs tarifs. « Les stations-service ont le droit d’augmenter leurs prix », a-t-il reconnu, estimant néanmoins que la concurrence reste « le juge de paix » dans la période actuelle.

Malgré la hausse rapide des carburants, l’exécutif exclut pour l’instant toute mesure de blocage ou de plafonnement des prix.

« D’abord, cette crise, on ne sait pas trop si c’est une course de 100 mètres ou si c’est un marathon », a estimé Serge Papin.

Le ministre appelle donc à « un discernement économique » face à une situation encore incertaine. Il met également en garde contre les effets budgétaires d’un blocage des prix ou d’une baisse de fiscalité.

« Si on veut baisser la fiscalité comme le suggèrent certains, si on veut bloquer les prix comme le suggèrent d’autres, on va favoriser le consommateur mais […] c’est le contribuable qui va payer derrière », a-t-il assuré.

Pour le gouvernement, la situation actuelle reste marquée par une forte instabilité des marchés. « Le marqueur de cette crise, c’est la volatilité », a expliqué Serge Papin. « C’est une volatilité de tous les jours, donc il ne faut pas se précipiter ».

Les distributeurs accusés de « prendre les Français pour des dindons »

Du côté des organisations professionnelles, certaines voix dénoncent déjà des hausses injustifiées. Le président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), Michel Picon, s’en est vivement pris aux distributeurs mardi sur RTL. « Les distributeurs qui ont immédiatement fait monter les prix des carburants prennent les Français pour des dindons », a-t-il affirmé.

Michel Picon avait déjà interpellé l’exécutif la semaine dernière lors d’un Conseil des entreprises organisé à Bercy avec le ministère de l’Économie. Selon lui, les hausses observées sont difficilement justifiables. « Parce qu’on ne peut pas nous dire : pas de panique, il y a trois mois de stock, on a des réserves… et en même temps avoir une réactivité aussi forte. En trois jours la semaine dernière, c’était vraiment impossible. Il n’y a personne qui était contraint d’augmenter », a-t-il déclaré.

 Pour rappel, les prix du carburant repartent fortement à la hausse. Lundi, le gazole a franchi la barre symbolique des 2 euros le litre en France, une première depuis 2022. Selon une moyenne calculée par l’AFP à partir des données d’environ 9.400 stations-service, les prix ont progressé de 16 % par rapport à ceux observés avant les premières attaques menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février.

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