- Un militaire français a été tué dans une attaque de drones dans la région d’Erbil, au Kurdistan irakien, dans la nuit du 12 au 13 mars.
- L’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins, est le premier soldat français à perdre la vie depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée fin février.
- Emmanuel Macron a dénoncé une attaque « inacceptable » contre les forces engagées dans la lutte contre le terrorisme.
L’armée française a annoncé la mort d’un de ses soldats au Kurdistan irakien. Dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 mars, le président de la République Emmanuel Macron a confirmé le décès de l’adjudant-chef Arnaud Frion, membre du 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins de Varces.
« L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak », a écrit le chef de l’État.
Le président a également précisé que plusieurs militaires français avaient été blessés lors de cette attaque. La mort d’Arnaud Frion marque un tournant symbolique : il est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes israélo-américaines contre l’Iran le 28 février, conflit qui s’est progressivement étendu à plusieurs pays de la région.
Emmanuel Macron condamne une attaque « inacceptable »
Dans son message, Emmanuel Macron a condamné fermement l’attaque visant les forces françaises présentes en Irak. « Cette attaque contre nos forces engagées dans la lutte contre Daech depuis 2015 est inacceptable », a-t-il déclaré, rappelant que la présence française dans le pays s’inscrit dans une mission internationale contre l’organisation État islamique.
Le chef de l’État a également tenu à préciser le cadre de l’engagement militaire français : « leur présence en Irak s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme ». Face au contexte régional marqué par la montée des tensions avec l’Iran, le président a ajouté : « La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques ».
Six soldats français blessés dans une attaque de drones
Quelques heures auparavant, l’état-major français des Armées avait annoncé que six soldats français avaient été blessés lors d’une attaque de drones dans la région d’Erbil. Ces militaires étaient « engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens », a précisé l’état-major, sans fournir davantage de détails sur les circonstances exactes de l’attaque.
Selon le gouverneur d’Erbil, la frappe aurait impliqué deux drones visant une base située à Mala Qara, à environ 40 kilomètres au sud-ouest d’Erbil.À ce stade, il n’a pas été précisé si l’adjudant-chef Arnaud Frion faisait partie des soldats blessés lors de cette attaque.
Un groupe pro-iranien menace les intérêts français
Dans un message diffusé vendredi sur Telegram, le groupe armé pro-iranien Ashab al-Kahf a affirmé vouloir cibler « tous les intérêts français en Irak et dans la région ». Cette déclaration intervient après le déploiement du porte-avions français Charles de Gaulle dans le Golfe, dans le cadre du dispositif militaire français dans la région.
Le groupe armé a également appelé les habitants à rester à au moins 500 mètres d’une base située au Kurdistan irakien où se trouvent des militaires français, sans toutefois revendiquer directement l’attaque qui a coûté la vie au soldat français.
La France engagée dans la coalition internationale contre Daech
La présence de soldats français au Kurdistan irakien s’inscrit dans le cadre de la coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington. Aux côtés d’autres pays, notamment l’Italie, la France participe à la formation des forces de sécurité kurdes et au renforcement de leurs capacités dans la lutte contre les groupes terroristes.
Selon l’état-major français des Armées, les militaires déployés dans la région sont principalement mobilisés pour former et accompagner les partenaires irakiens dans la lutte contre le terrorisme.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Erbil et la région autonome du Kurdistan irakien ont été la cible de plusieurs attaques attribuées à des factions pro-iraniennes. La plupart de ces attaques ont toutefois été interceptées ou neutralisées par les systèmes de défense antiaérienne, selon les autorités locales.
Un important dispositif militaire français dans la région
Ces derniers jours, Emmanuel Macron avait insisté sur le « rôle défensif » de la France dans la guerre au Moyen-Orient. Pour soutenir cette posture, Paris a déployé un important dispositif aéronaval autour du porte-avions Charles de Gaulle, positionné en Méditerranée orientale.
Ce dispositif pourrait mobiliser huit frégates et deux porte-hélicoptères amphibies, dans une vaste zone couvrant également la mer Rouge et le détroit d’Ormuz dans le Golfe, l’un des points stratégiques du commerce mondial.
