- Après une année 2024 dans le rouge, la RATP renoue avec les bénéfices en 2025.
- Soutenu par la revalorisation des rémunérations versées par Île-de-France Mobilités, l’amélioration de la qualité de service et une progression du trafic voyageurs, le groupe affiche un résultat net de 217 millions d’euros et confirme le redressement de sa trajectoire financière.
Le groupe RATP a retrouvé le chemin de la rentabilité en 2025. L’entreprise a annoncé, vendredi 13 mars, un résultat net de 217 millions d’euros, contre une perte de 25 millions d’euros en 2024, marquant un net redressement de sa situation financière.
Dans le même temps, la dette nette du groupe a reculé de 0,8 milliard d’euros par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 4,9 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires a, lui, progressé de 11 %, à 7,93 milliards d’euros.
Pour la direction du groupe, ces résultats traduisent un retour à l’équilibre fondé sur des leviers à la fois conjoncturels et structurels. Dans un communiqué, Xavier Piechaczyk, président-directeur général du groupe RATP, a salué des comptes qui reflètent le redressement de l’entreprise.
« Les résultats 2025 témoignent du redressement de la performance opérationnelle du Groupe RATP dans ses différentes composantes, et confirment la robustesse de nos fondamentaux économiques et financiers », a-t-il déclaré.
Le dirigeant estime que ces résultats constituent également « un socle solide pour réaliser les missions de service public, contribuer à financer l’effort massif d’investissement sur le réseau francilien ».
Cette amélioration s’explique notamment par la remise à niveau des rémunérations versées par la région Île-de-France, mais aussi par les efforts de productivité engagés par le groupe.
La qualité de service a contribué aux résultats
L’amélioration de la qualité de service enregistrée en 2025 a aussi eu un effet direct sur les comptes. Selon la RATP, elle a contribué à hauteur de 28 millions d’euros à l’amélioration du résultat, via les bonus versés par Île-de-France Mobilités (IDFM).
Ce mécanisme de rémunération lié à la performance illustre l’importance croissante accordée à la qualité de service dans l’exploitation du réseau francilien, dans un contexte où la ponctualité, la régularité et la satisfaction des voyageurs restent au cœur des attentes.
Le trafic voyageurs progresse, sans retrouver son niveau d’avant-Covid
En Île-de-France, le trafic voyageurs a progressé de 1,7 % en 2025, pour atteindre 3,142 milliards de voyages sur l’année. Cette hausse a été tirée par les prolongements de deux lignes de métro et par les effets de la réforme tarifaire, jugée favorable aux déplacements de longue distance.
Malgré cette progression, la fréquentation reste encore inférieure de 9 % à son niveau de 2019, avant la crise sanitaire.
Pour Jean-Yves Leclercq, directeur financier du groupe, cité par l’AFP, cette situation reflète une transformation durable des usages. Les habitudes de mobilité ont, selon lui, « durablement évolué ».
Il attribue principalement ce phénomène à l’essor du télétravail en Île-de-France, qui réduit les déplacements quotidiens, mais aussi, dans une moindre mesure, à la montée des mobilités douces, comme la marche et le vélo à Paris.
Des investissements en recul après une année 2024 exceptionnelle
La RATP souligne néanmoins que son effort d’investissement « reste massif », même s’il apparaît en baisse de 24 % par rapport à 2024. Une diminution qui s’explique par le caractère exceptionnel de l’exercice précédent, marqué par l’année olympique et par l’achèvement de grands chantiers d’infrastructure.
En 2024, le groupe avait notamment bouclé les travaux majeurs liés à l’allongement de la ligne 11 et de la ligne 14, deux projets structurants pour le réseau francilien.
Une baisse des émissions de CO2 plus rapide que prévu
La RATP a également publié pour la première fois un rapport de durabilité, mettant en avant une baisse de ses émissions de CO2 de 40 % par rapport à 2019. Une évolution plus rapide qu’anticipée par le groupe.
Lors d’une conférence téléphonique avec la presse, Jean-Yves Leclercq a souligné l’avance prise sur les objectifs environnementaux de l’entreprise : « On est quasiment à l’objectif 2027 ».
Selon le directeur financier, cette trajectoire est notamment le fruit du programme de verdissement des bus, engagé depuis plusieurs années.
Un parc de bus en pleine transition énergétique
À la fin de l’année 2025, le parc des 4.600 bus exploités par la RATP se répartissait entre plusieurs motorisations. Il comptait 1.300 véhicules au bioGNV, 1.100 bus électriques, 1.100 hybrides, tandis que 1.100 bus fonctionnaient encore au diesel fossile.
Cette répartition témoigne de la transformation progressive du parc roulant du groupe, engagé dans une stratégie de décarbonation accélérée, en ligne avec ses objectifs climatiques.
Une trajectoire redressée pour le groupe RATP
Avec un retour aux bénéfices, une dette en recul, un chiffre d’affaires en hausse et une amélioration notable de sa performance environnementale, la RATP referme l’exercice 2025 sur une note plus favorable.
Le groupe entend désormais s’appuyer sur cette dynamique pour consolider son redressement, poursuivre ses investissements dans le réseau francilien et accompagner une évolution durable des usages des transports en commun en Île-de-France.
