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lundi, mars 23, 2026
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Guerre dans le Golfe : les pétroliers américains pourraient engranger jusqu’à 63 milliards de dollars, selon le Financial Times

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  • La flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre dans le Golfe pourrait générer une manne exceptionnelle pour les producteurs américains.
  • Selon le Financial Times, si les cours du brut se maintiennent autour de 100 dollars le baril, les compagnies pétrolières américaines pourraient engranger plus de 60 milliards de dollars de revenus supplémentaires cette année.

    La guerre dans le Golfe provoque une forte tension sur les marchés de l’énergie. Depuis le début du conflit avec l’Iran le 28 février, les prix du pétrole ont bondi d’environ 47 %.

Selon le Financial Times, qui cite des modélisations de la banque d’investissement Jefferies, les producteurs américains pourraient générer près de 5 milliards de dollars de flux de trésorerie supplémentaires sur le seul mois en cours grâce à cette hausse.

Si les prix du pétrole américain atteignent en moyenne 100 dollars le baril en 2026, les entreprises du secteur pourraient bénéficier d’un gain de 63,4 milliards de dollars, selon des estimations de la société de recherche énergétique Rystad, rapportées par le Financial Times.

Vendredi, le West Texas Intermediate (WTI), référence du brut américain, s’est établi à 98,71 dollars le baril, tandis que le Brent a dépassé les 100 dollars.

Le président Donald Trump a commenté cette situation dans un message publié sur les réseaux sociaux : « Les États-Unis sont de loin le plus grand producteur de pétrole au monde, donc quand les prix du pétrole montent, nous gagnons beaucoup d’argent », a-t-il déclaré.

Les majors internationales plus exposées à la crise

Si les producteurs américains pourraient profiter de la hausse des prix, la situation est plus complexe pour les grandes compagnies internationales. Selon la même source, des groupes comme ExxonMobil, Chevron, BP, Shell ou TotalEnergies disposent d’importants actifs dans le Golfe et sont davantage affectés par les perturbations liées à la fermeture du détroit d’Ormuz.

Certaines installations pétrolières ont dû interrompre leur production. Shell a notamment déclaré un cas de force majeure sur des cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) prévues au départ de l’usine Ras Laffan, exploitée par QatarEnergy.

Pour Martin Houston, président d’Omega Oil and Gas, la crise actuelle ne profite pas réellement aux grandes compagnies internationales. « Il n’y a pas de gagnants dans cette situation — et certainement pas les compagnies pétrolières internationales », a-t-il déclaré, cité par le FT.

« Elles préféreraient le statu quo d’il y a deux semaines plutôt qu’une crise qui fait temporairement monter les prix du pétrole. »

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions énergétiques

La crise se concentre autour du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz mondial. Selon des recherches de Goldman Sachs, rapportées par le FT, près de 18 millions des 20 millions de barils de pétrole qui circulent habituellement chaque jour par cette voie maritime sont actuellement bloqués.

Pour Thomas Liles, analyste chez Rystad, les majors occidentales restent fortement exposées à cette région. « La fermeture du détroit nuira aux compagnies pétrolières nationales du Moyen-Orient, tandis que les majors occidentales […] pourraient également subir des impacts significatifs », a-t-il déclaré

Des marchés encore très incertains

 Face à cette situation, les dirigeants du secteur tentent de s’adapter. Le directeur général d’Exxon, Darren Woods, a indiqué que le groupe ajustait ses opérations pour faire face à la fermeture de ce corridor énergétique stratégique.« Je pense que notre taille et notre envergure nous donnent un certain avantage pour l’approvisionnement… nous optimisons nos opérations », a-t-il indiqué.

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