- Après plusieurs heures de suspension, le trafic aérien reprend progressivement à l’aéroport international de Dubaï.
- En cause : un incendie déclenché près des installations aéroportuaires après un incident impliquant un drone.
- Dans un Golfe sous tension, les autorités et les compagnies aériennes tentent de rétablir la circulation tout en appelant les voyageurs à la prudence.
Le trafic aérien redémarre partiellement à l’aéroport international de Dubaï. Lundi, l’opérateur de la principale plateforme aérienne de l’émirat a annoncé une reprise progressive des vols, après plusieurs heures d’interruption provoquées par un incendie survenu à proximité de l’aéroport.
Sur le réseau social X, l’aéroport de Dubaï a indiqué que « les vols à destination et en provenance de DXB reprennent progressivement vers certaines destinations, à la suite de la suspension temporaire mise en place à titre de mesure de précaution ». Une reprise encore limitée, alors que les opérations restent perturbées et que plusieurs transporteurs ont revu leur programme.
La compagnie Emirates, dont le hub principal est situé à Dubaï, a confirmé qu’elle continuerait d’opérer selon un horaire allégé après une suspension temporaire plus tôt dans la journée. La direction a précisé sur X que la compagnie assurerait un « service réduit » après 10 heures, heure locale.
Dans le même communiqué, Emirates a reconnu l’annulation de plusieurs rotations prévues ce lundi. « Malheureusement, certains vols prévus aujourd’hui ont été annulés. Les passagers concernés recevront un avis d’annulation et seront informés des possibilités de réacheminement », a indiqué la compagnie.
Elle a également recommandé aux voyageurs de vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l’aéroport, afin d’éviter tout déplacement inutile dans un contexte encore instable.
Un incendie maîtrisé près de l’aéroport
Selon le Dubai Media Office, l’incendie a été provoqué par l’impact d’un drone sur l’un des réservoirs de carburant situés à proximité de l’aéroport international de Dubaï. Les autorités ont assuré que le feu avait été maîtrisé avec succès et qu’aucun blessé n’avait été signalé.
La situation a toutefois nécessité des mesures immédiates de précaution. Certains vols ont été redirigés vers l’aéroport international Al-Maktoum, tandis que les passagers ont été invités à se rapprocher de leurs compagnies pour obtenir les dernières informations. « Les passagers sont invités à vérifier auprès de leurs compagnies aériennes les dernières mises à jour concernant leurs vols », a rappelé le Dubai Media Office sur X.
Une attaque dans un contexte régional explosif
Cet incident survient dans une région déjà fragilisée par une forte montée des tensions sécuritaires. L’attaque a eu lieu après que l’Iran a adressé des avertissements exigeant l’évacuation de trois grands ports des Émirats arabes unis, menaçant pour la première fois des actifs non américains d’un pays voisin.
Dans l’émirat de Fujairah, les équipes de la défense civile tentaient également de contenir un incendie survenu après une attaque de drone, selon les autorités locales. Là encore, aucune victime n’a été signalée.
À Abou Dhabi, un autre incident a été rapporté dans la zone d’Al-Bahyah, où la chute d’un missile sur un véhicule a entraîné la mort d’un ressortissant palestinien. Plus tôt lundi, le ministère de la Défense des Émirats arabes unis avait affirmé être engagé dans des opérations contre des menaces de missiles et de drones liées à l’Iran.
Les Émirats font état de centaines d’interceptions
Les autorités émiriennes ont dressé un bilan massif des attaques repoussées depuis le début de l’escalade. Selon le ministère de la Défense, les Émirats arabes unis ont intercepté 298 missiles balistiques, 15 missiles de croisière et 1 606 drones depuis le lancement des attaques iraniennes.
Le ministère affirme en outre que les défenses aériennes ont abattu à elles seules, dimanche, quatre missiles balistiques et six drones. Des chiffres qui illustrent l’ampleur de la pression militaire exercée sur les infrastructures stratégiques du Golfe.
De son côté, Téhéran a accusé les États-Unis d’utiliser « des ports, des quais et des cachettes » aux Émirats arabes unis pour mener des frappes contre l’île de Kharg, principal terminal d’exportation de pétrole iranien. Aucune preuve n’a été fournie pour étayer ces accusations.
Le Golfe sous la menace des missiles et drones
La dégradation de la situation sécuritaire dépasse désormais le seul territoire émirien. La Garde nationale du Koweït a annoncé avoir intercepté deux drones au cours des dernières 24 heures, tandis que Bahreïn affirme avoir détruit 125 missiles et 212 drones depuis le début des attaques iraniennes.
Au Qatar, Qatar Airways a indiqué que la suspension temporaire de ses vols se poursuivait, avec un nombre limité de liaisons programmées du 18 mars au 28 mars. Le ministère qatari de la Défense a également annoncé dimanche soir avoir intercepté et détruit un certain nombre de drones iraniens visant le pays, sans donner davantage de précisions.
Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, les États arabes du Golfe auraient subi plus de 2 000 attaques de missiles et de drones. Les cibles visées comprennent des missions diplomatiques américaines, des bases militaires, mais aussi des infrastructures pétrolières, des ports, des aéroports, des hôtels et des bâtiments résidentiels ou de bureaux.
