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Détroit d’Ormuz : Donald Trump met la pression sur l’OTAN et la Chine pour sécuriser le trafic pétrolier

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  • La tension monte autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz.
  • Alors que l’Iran a de facto verrouillé cette route maritime cruciale, Donald Trump presse les alliés des États-Unis et la Chine d’envoyer des navires militaires pour sécuriser le trafic énergétique.
  • Une crise géopolitique qui fait déjà bondir les prix du pétrole et inquiète les grandes économies mondiales.

Face à la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, le président américain Donald Trump intensifie ses pressions diplomatiques pour mobiliser une coalition internationale capable de sécuriser cette artère vitale du commerce énergétique mondial.

Dans une interview accordée au Financial Times, le chef de la Maison Blanche a appelé les pays les plus dépendants du pétrole du Golfe à s’impliquer davantage dans la protection de cette voie maritime stratégique.

« Il est tout à fait normal que ceux qui tirent profit de ce détroit contribuent à faire en sorte que rien de fâcheux ne se produise là-bas », a déclaré Donald Trump.

Le président américain a également annoncé que la marine des États-Unis commencerait « très bientôt » à escorter des pétroliers dans le détroit afin de sécuriser la navigation dans une zone devenue extrêmement sensible.

Une pression directe sur les alliés de l’OTAN

Donald Trump a également adressé un avertissement clair aux alliés européens. Selon lui, l’avenir même de l’Alliance atlantique pourrait être affecté si les partenaires des États-Unis refusaient de participer à l’effort militaire.

« S’il n’y a pas de réponse ou si la réponse est négative, je pense que cela serait très mauvais pour l’avenir de l’OTAN », a-t-il affirmé.

Le président américain estime que l’Europe, fortement dépendante des importations d’énergie du Golfe, doit participer à la sécurisation de cette zone maritime stratégique. Dans ce contexte, Washington multiplie les appels à la mobilisation internationale afin d’empêcher une paralysie durable du commerce pétrolier.

Trump met aussi la Chine sous pression

Au-delà des alliés occidentaux, Donald Trump cible également Pékin, premier importateur mondial de pétrole. « Je pense que la Chine devrait aussi aider, car elle obtient 90 % de son pétrole en passant par ces détroits », a déclaré le président américain.

Le chef de la Maison Blanche a même laissé entendre qu’il pourrait utiliser la diplomatie comme levier de pression. Il n’exclut pas de reporter un sommet avec le président chinois Xi Jinping prévu plus tard ce mois-ci. « Nous aimerions le savoir avant cela. C’est long d’attendre », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous pourrions le retarder ».

Par ailleurs, Donald Trump affirme discuter avec plusieurs gouvernements afin de constituer une coalition internationale chargée de rouvrir le détroit.

« Je demande vraiment que ces pays interviennent et prennent en charge leur propre zone, car cela concerne directement leur territoire – c’est l’endroit d’où ils tirent leur énergie », a-t-il déclaré aux journalistes à bord d’Air Force One.

L’Iran contrôle les passages dans le détroit

 De son côté, Téhéran affirme garder le contrôle de la situation dans le détroit d’Ormuz. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que plusieurs pays avaient déjà sollicité un passage sécurisé pour leurs navires.

« Nous avons été approchés par un certain nombre de pays » cherchant un passage sûr, a-t-il déclaré sur CBS, précisant que « cela dépend de notre armée d’en décider ».Selon lui, certains navires appartenant à différents pays ont été autorisés à traverser la zone, sans plus de précisions.

L’Iran affirme que le détroit reste ouvert à tous les pays, à l’exception des États-Unis et de leurs alliés. Le chef de la diplomatie iranienne a également exclu toute discussion avec Washington pour mettre fin aux hostilités.

« Nous ne voyons aucune raison de discuter avec les Américains », a-t-il déclaré, accusant les États-Unis et Israël d’avoir déclenché la guerre par des attaques coordonnées le 28 février.

Il a par ailleurs affirmé que Téhéran n’avait « aucun plan pour récupérer » l’uranium enrichi resté sous les décombres après les frappes américaines et israéliennes menées l’an dernier.

Le pétrole flambe sur fond de tensions géopolitiques

La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, après plus de deux semaines de guerre avec les États-Unis et Israël, ravive les craintes d’un choc pétrolier mondial.

Dimanche soir, les prix du pétrole ont atteint 106 dollars le baril, soit une hausse d’environ 45 % depuis le début du conflit. Lors de la séance asiatique lundi, le Brent progressait encore de 1,6 %, atteignant 104,75 dollars le baril.

Malgré ces tensions sur les marchés de l’énergie, les marchés financiers ont montré une relative résilience. Les contrats à terme sur le S&P 500 et le Nasdaq 100 ont progressé de 0,5 %, tandis que ceux du Stoxx Europe 600 gagnaient 0,4 %.

Face au risque d’une rupture d’approvisionnement, plusieurs grandes économies ont commencé à puiser dans leurs réserves stratégiques de pétrole.

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