- Le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme américain, Joseph Kent, a annoncé sa démission dans un communiqué cinglant.
- Opposé à l’intervention militaire en Iran, il accuse une campagne de désinformation et appelle Donald Trump à changer de cap.
Nouvelle fracture au sein de l’exécutif américain. Joseph Kent, ancien militaire et directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, a présenté sa démission à Donald Trump. En cause : son opposition frontale à l’intervention des États-Unis en Iran et plus largement au Moyen-Orient.
« Je ne peux en conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain », a-t-il écrit dans un communiqué publié sur X
Cette démission, la première depuis le début du conflit, marque un tournant politique et met en lumière des tensions internes croissantes. Dans sa lettre, Joseph Kent rappelle que Donald Trump avait pourtant, selon lui, tiré les leçons des conflits passés.
« En juin 2025, vous aviez compris que les guerres au Moyen-Orient étaient un piège qui a privé l’Amérique de la précieuse vie de nos patriotes et a épuisé la richesse et la prospérité de notre nation », ajoute -t-il.
Il insiste également sur la capacité du président à privilégier des opérations ciblées, évoquant notamment la lutte contre Daesh : « Vous avez mieux compris que tout autre président moderne comment appliquer la puissance militaire de manière décisive sans nous entraîner dans des guerres sans fin. »
L’ancien directeur va plus loin en dénonçant une manipulation de l’opinion et des décideurs politiques. « De hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains ont lancé une campagne de désinformation », poursuit-il. Selon lui, cette dynamique a nourri un climat favorable à la guerre et conduit à une mauvaise évaluation de la situation.
Joseph Kent affirme que Donald Trump aurait été « trompé » par des promesses irréalistes : « des mensonges ayant coûté à notre nation la vie de milliers de nos meilleurs hommes et femmes ».
« Vous avez le pouvoir de décision »
Dans un passage particulièrement solennel, l’ancien militaire lance un appel direct au président américain : « Nous ne pouvons pas refaire cette erreur. Vous pouvez changer de cap et tracer une nouvelle voie pour notre nation, ou vous pouvez nous laisser sombrer davantage dans le déclin et le chaos. Vous avez le pouvoir de décision. »
Un avertissement qui souligne l’ampleur des enjeux politiques et humains liés à la poursuite du conflit. Joseph Kent n’est pas seulement un haut fonctionnaire : il est aussi un vétéran aguerri, avec onze déploiements au combat pour les Forces spéciales et la CIA.
Son opposition à la guerre est également nourrie par une tragédie personnelle. Sa femme, Shannon Smith, cryptographe de l’US Navy, a été tuée en janvier 2019 lors d’un attentat suicide revendiqué par l’État islamique en Syrie.
Il évoque cette perte dans son communiqué : « En tant qu’ancien combattant et que mari qui a perdu sa femme bien-aimée Shannon dans une guerre fabriquée par Israël, je ne peux pas soutenir l’envoi de la prochaine génération se battre et mourir dans une guerre qui ne profite en rien au peuple américain. »
Si cette démission constitue une première officielle, elle s’inscrit dans un climat de contestation déjà perceptible au sein du camp républicain. Plusieurs figures du mouvement MAGA, dont Marjorie Taylor Greene, avaient déjà exprimé leur hostilité à une intervention militaire en Iran.
