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TotalEnergies perd 15 % de sa production mondiale de pétrole et de gaz sur fond de tensions au Moyen-Orient

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  • Le géant français de l’énergie TotalEnergies a annoncé une perte de 15 % de sa production mondiale de pétrole et de gaz, conséquence directe de l’aggravation du conflit entre l’alliance États-Unis-Israël et l’Iran.
  • Les arrêts de production au Qatar, en Irak et dans l’offshore des Émirats arabes unis illustrent l’impact croissant des tensions géopolitiques sur les grands groupes énergétiques opérant au Moyen-Orient.

   TotalEnergies encaisse un nouveau choc géopolitique. Dans un communiqué, le groupe français a indiqué avoir perdu 15 % de sa production mondiale de pétrole et de gaz en raison de l’arrêt ou de la fermeture progressive de plusieurs champs situés au Qatar, en Irak et dans l’offshore des Émirats arabes unis.

L’entreprise précise que cette baisse de production représente également un manque à gagner significatif pour ses activités d’exploration-production. Selon le groupe, ces volumes perdus pèsent à hauteur de 10 % sur les flux de trésorerie de l’amont.

Dans son communiqué, TotalEnergies déclare : « La production a été arrêtée ou est en cours d’arrêt au Qatar, en Irak et dans l’offshore des Émirats arabes unis, ce qui représente environ 15 % de notre production totale. »

L’escalade du conflit États-Unis-Israël-Iran déstabilise le secteur énergétique

Cette situation met en lumière les conséquences concrètes de l’élargissement du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran sur l’industrie énergétique mondiale. Au Moyen-Orient, l’intensification des tensions militaires et les perturbations du transport maritime dans le Golfe poussent plusieurs opérateurs à suspendre ou à réduire leur production.

Présent de longue date dans la région, TotalEnergies y exploite plusieurs actifs majeurs, parmi lesquels la raffinerie SATORP en Arabie saoudite, le champ pétrolier offshore d’Al Shaheen au Qatar et le champ pétrolier de Halfaya en Irak.

Pour le groupe, l’impact financier reste toutefois plus mesuré que la perte de volumes ne pourrait le laisser penser. L’entreprise souligne en effet que les actifs concernés au Moyen-Orient génèrent des rendements inférieurs à la moyenne de son portefeuille, en raison notamment d’une fiscalité plus lourde.

 « Les flux de trésorerie opérationnels (CFFO) provenant des barils du Moyen-Orient sont inférieurs à la moyenne de notre portefeuille en raison d’une fiscalité plus élevée, et ces 15 % de nos volumes représentent environ 10 % des flux de trésorerie de l’amont », a ajouté la société.

Le Qatar, l’Irak et l’offshore des Émirats au cœur des perturbations

Le groupe français précise également que l’arrêt de la production de gaz naturel liquéfié au Qatar n’a qu’un impact limité sur ses activités de négoce. En cause : l’essentiel du GNL qatari est commercialisé par QatarEnergy, ce qui réduit l’exposition directe de TotalEnergies sur ce segment.

Autre élément de stabilité mis en avant par l’entreprise : la raffinerie SATORP, en Arabie saoudite, poursuit ses activités normalement et continue d’approvisionner le marché intérieur saoudien.

De même, la production terrestre aux Émirats arabes unis, évaluée à environ 210 000 barils par jour, n’est pour l’heure pas affectée par le conflit. Les perturbations concernent donc principalement les installations offshores et certains champs stratégiques déjà exposés à la dégradation de l’environnement sécuritaire régional.

 TotalEnergies mise sur une croissance hors Moyen-Orient en 2026

 Face à cette instabilité persistante, TotalEnergies insiste sur la diversification géographique de son portefeuille. Le groupe affirme que la croissance de ses barils à forte rentabilité en 2026 devrait provenir très majoritairement de régions situées hors du Moyen-Orient.

Le groupe estime par ailleurs qu’une hausse de 8 dollars du prix du Brent suffirait à compenser l’impact attendu sur ses flux de trésorerie en 2026 pour ses actifs situés en Irak, dans l’offshore des Émirats arabes unis et au Qatar, sur la base d’une hypothèse de prix du pétrole à 60 dollars le baril.

Cette projection traduit la volonté du groupe de rassurer les marchés sur sa capacité à absorber les effets d’un environnement régional devenu plus volatil.

La reprise du champ de Mabruk en Libye offre un point d’appui

Dans ce contexte tendu, TotalEnergies a également mis en avant une évolution positive en Afrique du Nord. Plus tôt ce mois-ci, le groupe a annoncé la reprise de la production pétrolière sur le champ onshore de Mabruk, en Libye, après l’achèvement d’une nouvelle installation destinée à relancer les opérations sur le site.

À l’arrêt depuis 2015, ce champ représente un actif non négligeable pour la compagnie française, qui y détient une participation de 37,5 %. Cette remise en production pourrait contribuer, à moyen terme, à amortir partiellement les effets des perturbations observées ailleurs dans la région.

Un signal d’alerte pour les majors de l’énergie

Avec cette perte de 15 % de sa production mondiale, TotalEnergies illustre la vulnérabilité des grandes compagnies pétrolières et gazières face aux crises géopolitiques au Moyen-Orient. Si le groupe met en avant la résilience de ses actifs et la diversification de ses sources de croissance, l’épisode rappelle à quel point la sécurité régionale demeure un facteur déterminant pour l’équilibre des marchés mondiaux de l’énergie.

Pour les investisseurs comme pour les acteurs du secteur, l’évolution de la situation dans le Golfe sera désormais scrutée de près, tant pour ses conséquences sur la production que pour ses effets potentiels sur les prix du pétrole et du gaz.

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