17.3 C
Paris
jeudi, mars 19, 2026
AccueilActualitéMunicipales à Paris : Emmanuel Grégoire accuse Emmanuel Macron d’avoir orchestré le...

Municipales à Paris : Emmanuel Grégoire accuse Emmanuel Macron d’avoir orchestré le retrait de Sarah Knafo

Date:

  • À quelques jours d’une séquence clé de la campagne municipale à Paris, Emmanuel Grégoire accuse le président Emmanuel Macron d’être intervenu pour favoriser le retrait de Sarah Knafo au profit de Rachida Dati.
  • Des accusations fermement rejetées par l’Élysée, tandis que la candidate de Reconquête! dénonce des propos “complotistes”.

   La tension monte dans la campagne pour la mairie de Paris. Jeudi 19 mars, sur franceinfo, Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI, a accusé frontalement le chef de l’État d’avoir joué un rôle actif dans le retrait de la candidate d’extrême droite.

Emmanuel Macron est intervenu à différents niveaux pour faire en sorte d’aider au retrait de Sarah Knafo”, a-t-il affirmé. Selon lui, l’intervention ne serait pas marginale : “Emmanuel Macron est personnellement intervenu, pas qu’avec Pierre-Yves Bournazel, pour faire en sorte que l’extrême droite se retire au profit de sa candidate”.

L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo évoque des démarches menées “à différents niveaux”, notamment “auprès d’intermédiaires, auprès de gens qui ont historiquement soutenu Reconquête”.

“Un pacte du diable” et une stratégie politique assumée

Pour Emmanuel Grégoire, ces manœuvres traduisent une dégradation profonde de la vie politique. Il accuse le président de la République de “porter une responsabilité immense dans l’effondrement moral et politique du pays” et dénonce une logique où “tout est bon pour gagner, y compris les plus grandes forfaitures morales”.

Le candidat socialiste insiste également sur le caractère inédit de la situation : “C’est la première fois historiquement que l’extrême droite dépasse les 10% à Paris sur le scrutin central”. Il ajoute : “Comme par hasard, la première fois où ils les dépassent, et où ils avaient donc la possibilité de se maintenir, ils se retirent pour mettre en œuvre ce qu’ils appellent l’union des droites”.

Il va jusqu’à qualifier cette séquence de “pacte du diable”, estimant qu’“il n’y a pas besoin de lire dans le marc de café pour comprendre ce qui s’est passé”.

Selon lui, l’objectif dépasserait largement Paris : “Le pacte du diable, c’est d’envoyer le signal que dans toutes circonstances l’union des droites est plus importante que tout”. Et de poursuivre : “je me retire à Paris pour laisser gagner la droite et vous nous soutiendrez dans la dynamique d’union des droites sur le plan national en 2027”.

L’Élysée dénonce des accusations “fausses et calomnieuses”

Face à ces déclarations, l’entourage d’Emmanuel Macron a réagi avec fermeté, rejetant toute implication du président dans cette affaire. “En aucune façon, le président de la République n’est intervenu pour le retrait de la candidate d’extrême droite à Paris”, assure la même source. La présidence qualifie les accusations de “totalement fausses” et dénonce des propos relevant de la tension de fin de campagne.

La fébrilité des fins de campagne ne saurait justifier ces mensonges indignes et calomnieux qui ne grandissent pas celui qui les profère”, a ajouté la même source.

Sarah Knafo riposte et accuse Emmanuel Grégoire de “complotisme”

Quelques heures après ces accusations, Sarah Knafo a pris la parole sur le réseau social X pour répondre directement au candidat socialiste. “Je n’obéis à personne”, affirme-t-elle, rejetant toute idée d’influence extérieure. Elle accuse Emmanuel Grégoire de “paniquer” et de “sombrer dans le complotisme” après un débat sur BFMTV qu’elle qualifie de “calamiteux”.

La candidate de Reconquête! tourne également en dérision l’hypothèse d’une intervention présidentielle : “Emmanuel Macron n’arrive même plus à se faire respecter de ses propres alliés, mais il va avoir une influence sur ses opposants ? Soyons sérieux.”

Elle conclut par une attaque directe : “Ma liberté et mon sens du devoir vous sont insupportables : c’est que j’en ai fait bon usage. Je vous souhaite une excellente défaite”.

Cet échange particulièrement virulent illustre la montée des tensions dans la course à la mairie de Paris. Entre accusations d’ingérence, soupçons de recomposition politique à droite et stratégies en vue de 2027, la campagne parisienne dépasse désormais largement les enjeux locaux.

Les plus populaires