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jeudi, mars 19, 2026
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Prix du gaz en Europe : la flambée atteint 35 % après des frappes au Moyen-Orient

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  • Le marché européen du gaz s’est brutalement emballé jeudi, avec une hausse pouvant atteindre 35 %, après des frappes visant des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient, dont une attaque iranienne contre un site stratégique de GNL au Qatar.
  • Une nouvelle onde de choc énergétique qui ravive les tensions en Europe, où les réponses politiques restent divisées.

   Les marchés de l’énergie ont immédiatement réagi à l’escalade géopolitique. Dès 07h00 (heure mondiale), le contrat à terme du TTF néerlandais — référence du gaz en Europe — enregistrait une hausse de 24,13 %, atteignant 67,85 euros le mégawattheure.

Dans les premières heures de cotation, les prix ont même grimpé jusqu’à +35 %, traduisant une forte nervosité des investisseurs face aux risques pesant sur l’approvisionnement mondial en gaz. Cette flambée intervient après des frappes contre des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient, notamment une attaque de l’Iran visant le plus grand site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, situé au Qatar.

Le gouvernement français écarte une baisse des taxes

Malgré la pression croissante sur les prix de l’énergie, le gouvernement français ne prévoit pas, à ce stade, de geste fiscal sur les carburants. Interrogée sur BFMTV, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a été claire : « Le scénario d’une baisse des taxes n’est pas envisagé à l’heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie » de secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs.

Elle a également insisté sur les contraintes budgétaires actuelles : « Le gouvernement n’avait plus les moyens du quoi qu’il en coûte », a-t-elle ajouté, excluant un retour aux aides massives déployées lors des crises précédentes.

Une Union européenne divisée face à l’urgence énergétique

À Bruxelles, la question de la hausse des prix de l’énergie s’impose comme un sujet central du sommet des dirigeants européens. Tous s’accordent sur la nécessité d’agir rapidement pour éviter une crise durable, mais les divergences sont profondes quant aux solutions à adopter.

Certains États membres appellent à une intervention directe de la Commission européenne pour protéger ménages et entreprises, y compris via des ajustements temporaires des règles du marché de l’énergie et des politiques environnementales.

D’autres, au contraire, défendent le maintien du cadre actuel et privilégient des solutions de long terme, notamment la réduction de la dépendance aux énergies fossiles. Selon eux, les mesures d’urgence relèvent avant tout des États nationaux.

Un sommet décisif pour l’avenir énergétique de l’Europe

Le débat devrait dominer la réunion des chefs d’État et de gouvernement à Bruxelles, avec des conséquences potentiellement durables sur la stratégie énergétique de l’Union.

Dans sa lettre d’invitation, le président du Conseil européen António Costa a mis en garde contre la gravité de la situation : « L’escalade militaire au Moyen-Orient provoque une instabilité mondiale ».

Il appelle à une réponse collective rapide :« Ensemble, nous devons identifier les instruments à mobiliser pour garantir une réponse rapide, coordonnée et efficace qui protège nos citoyens et nos entreprises. »

Cette nouvelle flambée des prix du gaz rappelle la vulnérabilité persistante de l’Europe face aux chocs géopolitiques. Malgré les efforts de diversification et d’accélération de la transition énergétique, le continent reste fortement dépendant des importations d’énergie.

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