15.7 C
Paris
lundi, mars 23, 2026
AccueilActualitéGuerre au Moyen-Orient : l’AIE alerte sur une crise énergétique mondiale majeure...

Guerre au Moyen-Orient : l’AIE alerte sur une crise énergétique mondiale majeure autour du détroit d’Ormuz

Date:

  • La guerre au Moyen-Orient accentue les tensions sur le marché mondial de l’énergie.
  • Entre les frappes sur Téhéran, les menaces autour du détroit d’Ormuz et l’alerte de l’Agence internationale de l’énergie, le risque d’un choc pétrolier mondial se renforce.

   La déclaration de l’Agence internationale de l’énergie donne la mesure de la crise qui se profile. Depuis l’Australie, son directeur, Fatih Birol, a averti que le conflit en cours pourrait provoquer la crise mondiale de l’énergie la plus grave de ces dernières décennies.

 « À ce jour, nous avons perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies », a-t-il affirmé, plaçant d’emblée la situation actuelle à un niveau supérieur aux grands chocs pétroliers des années 1970.

Le patron de l’AIE a également lancé un avertissement d’une portée mondiale : « Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette voie. Il est donc nécessaire de mener une action à l’échelle mondiale », évoquant une « menace majeure » pour l’économie de la planète.

Le détroit d’Ormuz, point de bascule de la crise énergétique mondiale

Au cœur de cette séquence explosive se trouve le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. En temps normal, près de 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures y transite. Mais depuis le début de la guerre, la circulation maritime y est quasiment à l’arrêt.

Selon la société d’analyse Kpler, le transit de marchandises dans la zone s’est effondré de 95 %. Seul un nombre très limité de cargos et de pétroliers a encore réussi à franchir ce corridor maritime vital. Cette quasi-paralysie alimente les craintes d’une rupture durable de l’approvisionnement mondial et d’une flambée prolongée des prix de l’énergie.

 Donald Trump menace, Téhéran promet de riposter

 La crise s’est encore aggravée avec l’ultimatum lancé par Donald Trump à l’Iran. Le président américain a exigé la réouverture du détroit d’Ormuz d’ici la nuit prochaine, soit à 23h44 GMT lundi selon l’heure de son message publié sur Truth Social. À défaut, les États-Unis « anéantiront » les centrales électriques iraniennes.

Téhéran a immédiatement répondu en haussant le ton. L’armée iranienne a menacé de fermer complètement le détroit et de cibler « toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l’information et de dessalement d’eau appartenant aux États-Unis », selon des propos relayés par l’agence Fars.

Cette rhétorique marque une nouvelle étape dans l’escalade. Le conflit ne se limite plus à des opérations militaires directes : il s’étend désormais à des infrastructures critiques pour l’énergie, l’eau et les communications, avec un risque de déstabilisation bien au-delà du seul théâtre iranien.

Israël frappe de nouveau Téhéran

Sur le terrain, la pression militaire continue de monter. Tôt lundi, l’armée israélienne a annoncé mener « une large vague d’attaques » à Téhéran. Plusieurs agences iraniennes ont signalé des explosions dans la capitale. D’après Fars, les frappes ont touché le nord, le centre, l’est et l’ouest de la ville.

 Israël a par ailleurs indiqué s’attendre à « plusieurs semaines de combats », confirmant que l’offensive entre dans une phase prolongée. Cette perspective renforce l’inquiétude des marchés, qui redoutent désormais un enlisement régional aux conséquences énergétiques mondiales.

La guerre ne se cantonne plus aux frontières iraniennes. Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a indiqué répondre à une attaque de missiles et de drones en provenance d’Iran. L’Arabie saoudite a, elle aussi, été visée par deux missiles et un drone, selon les autorités. À Bahreïn, le ministère de l’Intérieur a annoncé le déclenchement de l’alerte.

Cette extension des hostilités inquiète d’autant plus que de nombreux sites énergétiques du Golfe se trouvent désormais sous la menace directe de frappes iraniennes. Les inquiétudes se concentrent aussi sur les installations de dessalement d’eau de mer, essentielles à la vie quotidienne dans une région où l’accès à l’eau dépend massivement de ces infrastructures.

Des infrastructures énergétiques déjà lourdement endommagées

Au-delà du blocage du détroit d’Ormuz, les dégâts sont déjà considérables. D’après Fatih Birol, au moins 40 infrastructures énergétiques dans neuf pays sont « gravement ou très gravement endommagées » depuis le début de la guerre lancée le 28 février par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran.

Ces dommages traduisent un basculement stratégique. Les infrastructures énergétiques deviennent des cibles centrales du conflit, avec le risque d’un choc durable sur l’offre mondiale en pétrole et en gaz. À mesure que les attaques se multiplient, c’est l’ensemble de la sécurité énergétique internationale qui vacille.

Washington tente de freiner la flambée du pétrole

Pour enrayer la hausse des prix de l’or noir, les États-Unis ont autorisé vendredi, pour un mois, la vente et la livraison du pétrole iranien stocké sur des navires. L’objectif est clair : injecter rapidement du brut sur le marché afin de desserrer la pression sur les cours.

Mais cette tentative pourrait rester sans effet immédiat. Téhéran a affirmé ne disposer d’aucun surplus de pétrole brut en mer, ce qui réduit fortement la portée pratique de cette mesure d’urgence.

Une menace directe pour l’économie mondiale

 Israël et les États-Unis affirment avoir fortement affaibli le pouvoir iranien depuis le lancement de leur offensive le 28 février. Pourtant, Téhéran continue de démontrer sa capacité de nuisance, à la fois par ses frappes, ses menaces et sa stratégie de tension autour des points névralgiques du commerce énergétique.

La préoccupation grandissante porte désormais sur les attaques visant des infrastructures stratégiques telles que les sites nucléaires, les installations énergétiques et les stations de dessalement d’eau de mer dans les pays du Golfe. Une telle évolution pourrait faire basculer la région dans une crise systémique, combinant choc pétrolier, perturbation industrielle et fragilité humanitaire.

L’avertissement de l’AIE résonne ainsi comme un signal d’alarme planétaire. Au-delà du Moyen-Orient, c’est l’ensemble de l’économie mondiale qui pourrait payer le prix d’un conflit désormais capable de déstabiliser durablement l’énergie, les échanges et la croissance.

Les plus populaires